L'ÉTUDE ANALYTIQUE DE LA VIE
Comme, dans cette histoire de Vètude analytique de la vie, les mots : irritabilité, tonicité, contractilité, reviendront souvent, il m'a paru nécessaire de donner ici un court historique de ces dénominations elles-mêmes.
§ I. — Tonicité de Stahl.
Stahl déUnit le mouvement tonique : « Un mou- « vement de tension et de relâchement des parties, « qui chasse le sang et les autres humeurs, les dirige « vers certains organes, etc. * »
1. « Motus tonicus est motus paitium solidarum moUiorum « densatorius et relaxatorius, ad sanguinis et reliquorum humo- « rum universalium motum, ad et per ipsas particulariler diri- « gendum, particularium huniorum motum praestandmn, etc. » {De motu tonico vitali : Halœ, 1702, p. 30.)
Il dit très-finement : a le mouvement tonique est a un mouvement caché (tacitus)^ qui est constitué a seulement par un état de tension un peu raide « (qui tensione solirni suhrigidâ absolvitur) *. i>
Dans Stahl, la tonicité est le grand intermédiaire entre l'âme et le corps. C'est par la tonicité que rame agit sur les parties. C'est en augmentant, en diminuant, en abolissant le ton des parties que l'âme fait tout ce qu'elle fait dans l'économie aniïnale. On a beau vouloir, en effet, tout tirer de Yâme : entre Yâme et le corps il faut toujours un intermédiaire, une cause prochaine, une force vitale quelconque, la vie.
Le ton de Stahl fut adopté par Bordeu. a Cette a élasticité et ces mouvements de l'organe cellu- « laire, dit-il, entretiennent et établissent le moua vement tonique, connu de Van Helniont, que Stahl c( a si bien analysé, et auquel beaucoup de physioa logistes ont recours dans l'explication des princi- « paux phénomènes de l'économie animale ^. »
Barthez fit comme Bordeu. Il adopta les forces toniques de Stahl, et les définit à peu près comme Stahl lui-même : a Les forces toniques, qui animent