IV. — Contractilité de Blumenhaeh
Le successeur d'Haller à Gœttingue, Blumenbach, ramena Yirritabilité générale de Glisson ou la tonicité de Stahl, sous le nom de contractilité^, et la distingua très-bien de Yirritabilité musculaire ou irritabilité propre.
« La contractilité appartient, dit-il, au tissu inu- « queux ou cellulaire, et ne serait pas mal appelée
1. « On a confondu Virritabilité avec la force élastique : on « aurait bien dû séparer une puissance vitale d'une force qui « reste après la mort. » (Mém, sur la nat, sensib. et irrit., t. IV, p. 94.)
2. Ainsi que lui-même nous en avertit : Ipsa porro haecce telaB « cellulosœ se contrabendi facultas ad prima etprincipaliaroboris « et sanitatis fulcra referenda, et in ea tonus partium a Stahlio « adeo ornatus, ponendus videtur. » [Institutiones physiologicœ, p. 49. Gœttingae, 1798 ) Au reste, il croit devoir demander grâce pour ce mot de contractilité qu'il imagine ( « sit venia barbarœ « voci, qua rem veteri Latio ignotam designare opportet. » Ibid., p. 32), et que Bicliat (qui Ta substitué, comme il va être dit, au mot irritabilité) nous a rendu depuis si familier.
« force çelluleuse *^ l'irritabilité n'appartient qu'à « la fibre musculaire, et peut être appelée force a musculaire'^. Enfin, la sensibilité est la force du « nerf, n'appartient qu'au nerf, et doit être appelée « force nerveuse^, »
Toute cette analyse physiologique est très-bonne, et Barthez a tort, quand il la combat.
« M. Blumenbacb, dit-il, propose comme une « force qui n'est pas morte, ainsi que celle de Téa lasticité d'Haller, une force vitale qu'il dit être uni- « verselle, et comme le premier degré de toutes les a autres. C'est la contractilitè ou le simple effort « de tendance à la contraction, force vitale qu'il « fait résider dans tout le tissu cellulaire, et par « conséquent dans presque tout le corps*. »
« Mais, ajoute- t-il, il n'importe d'appeler force « vive de contractilitè ce que j'ai appelé, d'après
1. « Contractilitas, aeque late ac ipse contextus mucosiis, quem « quasi animare dicenda est, per universum fere corpus régnât, « neque maie fortassis exinde vis cellulosa appellari posset. » (Mém. sur la nat. sensib. et irrit., t. IV, p. 32.)
2. « Irritabilitas (Halleriana illa, propriè sic dicta) muscuc< lari unice flbrae competit, ideoque vis muscularis dicenda. » (/6îÉ?.,p. 33.)
3. Restât denique memoranda ^ew^iôiVzïa*, quod unicè nervosae « medullaB cum sensorio communicanti conveniat, vis nervea <c dicta... » [Ibid., p. 35.)