‹ De l’authenticité des annales et des histoires de TaciteChapitre 57 sur 102 · MER ELA EL REGLES · texte numérisé non relu

MER ELA EL REGLES

Pedianus, des Commentaires sur quelques discours de

Cicéron.

Il disait les avoir copiés de sa main au couvent de Saint-Gall, sur un volume qu'il avait découvert parmi les immondices?2. Le succès avait été fort grand; on trouvait très intéressantes les indications données sur la constitution, les lois, les usages de Rome et les notices biographiques sur les personnages en jeu; il semblait qu'un nouveau jour fût jeté sur l’éloquence du grand orateur romain.

Niccoli, à qui les commentaires avaient été envoyés, en débitait de nombreuses copies.

Que Poggio fût le véritable Asconius Pedianus, on n'en saurait guère douter. On n’a pas retrouvé le manuscrit de Saint-Gall; aucun autre de date ancienne n’a été ultérieurement découvert. Tous les exemplaires d’Asconius Pedianus contenant les commentaires ci-dessus jusqu’au fonctionnement de l'imprimerie, ne sont que la reproduction de la copie envoyée de Constance à Niccoli par Poggio.

Le texte porte d’ailleurs en lui-même la marque de son origine. Nous ne parlerons pas des critiques de Vivès. Nous préférons le témoignage des érudits qui se sont déclarés convaincus de la valeur de l’ouvrage, de celui de François Hotman, par exemple.

«De plus, dit-il$, la partie qui nous en reste est pour ainsi dire souillée par une foule de fautes et d’incorrections. Si quelques érudits de notre temps n’eussent donné leurs soins à l’en purger, il est hors de doute qu’Asconius n’eût

1 Q. Asconii Pediani Commentationes in aliquot M. Tullii Ciceronis orationes.

2 Epist., 1,5:

3 Asconii Pediani Commentationes, cum notis variorum. Ex officina K. Hackii, Lugdunum Batavorum, 1644. Hottomonni Praefatio : ( Eaque (pars) insuper ipsa quae nobis relicta facta est, multis mendis et quasi maculis inquinata. Quod si nisi aliquot aetatis nostrae eruditi homines in iis repurgandis operam suam collocassent, jacuisset profecto Asconius nullo numero et plane ad nullam rem utilis. »

joui d'aucune considération, et que son ouvrage n’eût été bon à rien. »

Et cependant, malgré toutes les rectifications apportées au texte primitif, il reste encore un assez grand nombre d'erreurs qui seraient impardonnables sous la plume d’un véritable érudit romain.

Cest donc certainement à son Asconius Pedianus que Poggio faisait allusion, quand il écrivait à Niccoli, à propos de la proposition de Lamberteschi, « que, depuis quatre ans, il ne s'était pas occupé d’éloquence latine; mais que, dans peu de temps, il se faisait fort d’être capable d’écrire aussi bien qu’autrefois?. »

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