‹ De lʼemploi du chalumeau dans les analyses chimiques et les déterminations minéralogiquesChapitre 22 sur 174 · Acide tungstique · texte numérisé non relu

Acide tungstique

Seul , il noircit, mais ne fond pas au feu de réduction.

Avec le borax , il fond aisément sur le fil de platine et à la flamme extérieure, où il se change en un verre transparent et incolore , qu'on ne peut pas rendre opaque par le flamber. Au feu de réduction le verre devient jaunâtre pour une faible proportion d’acide , et cette couleur augmente d’intensité par le refroidissement , en sorte qu’elle finit par devenir jaune. Si l’on ajoute à la masse une nouvelle quantité d’acide, le verre prend d’abord une couleur orangée et devient ensuite , par le refroidissement , transparent et rouge-sanguin. Sur le charbon on peut produire cette réac-r tion avec une moindre quantité d’acide tungstique. Si l’on y ajoute de l’étain , le verre devient 'semblable à un émail par le refroidissement.

Avec le sel de phosphore, l’acide tungstique se dissout à la flamme extérieure et s’y change en un verre incolore ou jaunâtre. Au feu de réduction , le verre présente un beau bleu pur, plus beau que celui du cobalt. Si l’acide contient du fer, le verre prend une tout autre couleur au

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feu de réduction ; il y devient roüge-sanguin ët absolument semblable au verre de borax réduit. L’addition d’un peu d’étain détruit la réaction du 1er , et développe dans le verre une couleur verte et quelquefois bleue ; mais l’obtention de ce résultat exige que le verre ne soit pas très-saturé d’acide; s’il en renferme trop , on ajoute une nouvelle quantité de fondant.

La soude dissout l’acide tungstique sur le fil de platine , et le convertit en un verre transparent d’un jaune sombre , qui cristallise par le refroidissement , et devient en même temps opaque et blanc ou jaunâtre. Ce verre conserve assez bien la forme globulaire , même sur le charbon; au feu de réduction il présente une couleur sombre tant qu'il est chaud, mais redevient blanc par la congélation.

Si l’on traite l’acide tungstique sur le charbon , par une très-pètite portion de soude , on obtient , au feu de réduction, une scorie métallique d’un gris d’acier, de laquelle on tire par le broiement et le lavage, une grande quantité de tungstène métallique , sous forme d’une poudre gris d’acier, qui offre l’éclat métallique sur tous les points où elle a été froissée parle pilon d’agate. Si l’on fait fondre l’acide tungstique avec une quantité de soude assez considérable pour que la masse entre dans le charbon , et qu’après l’avoir exposée à un

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bon feü, on la broie et la lave dans le mortier, on obtient une petite quantité de particules métalliques , qui tantôt sont d’un jaune d’pr et tantôt d’un brun de tombac. Ce n’est autre chose que du tungstène , avec les nuances qu’il présente , selon Yauqeelin et Hecht, lorsqu’on l’a fait rougir brusquement dans un vase clos.

i3. Oxide de chrome.

Seul, il ne change pas.

Avec le borax , il fond difficilement , même en petite quantité , et présente un beau vert d’émeraude , qui se développe principalement durant le refroidissement du verre ; sur le fil de platine on peut faire disparaître cette couleur presque entièrement , en exposant le verre à la flamme extérieure ; il devient alors jaune-brun , et conserve cette couleur tant qu’il est chaud; par le refroidissement il ne reprend qu’une faible teinte de vert. -

Avec le sel de phosphore , il fond tant à la flamme extérieure qu’à la flamme intérieure, où il prend une couleur verte d’autant plus foncée que la partie fondue est plus considérable. Une très-petite portion d’oxide suffit pour produire une teinte forte. Si l’on mêle au verre une plus grande quantité d’oxide de chrôme qu’il n’en peut dissoudre,

l,lt> CARACTÈRES EYROGNOSTIQUES

et qu’on le chauffe très-fortement , il acquiert la propriété de se boursoufler plus ou moins à l’instant de la congélation , et de se transformer en une masse écumeuse; la spumeseence qui a lieu dans ce cas , est due à un dégagement de gaz; une seconde fusion la fait disparaître ; mais la masse se boursoufle de nouveau] en refroidissant. Ce phénomène a lieu, soit que la matière d’essai ait été traitée à la flamme extérieure, ou à la flamme intérieure , et sur le charbon comme sur le fil de platine ; je n’en ai pas pu découvrir la cause,; il n’a pas lieu lorsque le verre est transparent.

La soude dissout l’oxide de chrôme sur le fd de platine et à la flamme extérieure , où elle le transforme en un verre orangé sombre , qui perd sa transparence et devient jaune en refroidissant. Au feu de réduction , le verre devient opaque ; il est vert après le refroidissement. Le charbon l’absorbe ; mais je n’ai pu découvrir dans la masse absorbée aucune trace de métal réduit.

i 4. L‘ antimoine et ses oxides.

U Antimoine à l’état métallique fond aisément sur le charbon; lorsqu’il a été chauffé jusqu’au rouge , il demeure long-temps en ignition sans le secours du chalumeau , et dégage une. épaisse fumée blanche. Peu à peu cette fumée se dépose

MS OXIDES SfÉTAllfQÜÉS. ÎI7

et forme autour de la boule Métallique un réseau de petits cristaux , dont l’éclat est nacré , èt qui finissent par la recouvrir en entier. Durant quelques instans on voit , à la clarté de la lampe , le métal en ignition dans rintériéür de la ïnasse , après que le réseau cristallin l’a totalement recouvert. Ce réseau est de l’oxide d’antimoine cristallisé. 11 entré en fusion lorsqu’on dirige dessus là flamme de la lampe. L’antimoine métallique étant chauffé seul dans un matras, né se sublimé pas à la température qui fond le verre. Chauffé jusqu’au rouge , dans un tube ouvert, il brûlé lentement en répandant unè fumée blanche qui se dépose sur lé verre, et offre çà et là des tracés de cristallisation. Cette fumée n’est autre chose que l’oxide du métal , et on peut la chasser, par lâ caléfaction , d’une partie du tube sur une autre, sans qu’elle laisse le moindre résidu ; mais dans le cas où l'antimoine est combiné avec le soufré -, il se forme , outre l’oxide, une certaine quantité d’acide antimonieux qui adhère à la surface du verre sous forme d’une couverte blanche , après qu’on en a chassé l’oxide au moyen de la chaleur.

Li’ oxide d’ antimoine , seul , fond aisément et se sublime sous la forme d’une fumée blanche. L’oxide d’antimoine , tel qu’on l’obtient par là précipitation , le lavage et la dessiccation j s’ènflâmme souvent avant d’entrér en fusion, brûle comrûè

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de l’amadou , devient infusible et se transforme en acide antimonieux. On le réduit sur le charbon à l’état métallique ; dans cette opération il donne à la flamme une couleur verdâtre.

L’acide antimonieux ne fond pas, jette une vive lumière, et diminue de masse dans 3a flamme intérieure , en même temps que le charbon se recouvre d’une fumée blanche; mais il ne se réduit pas comme l’oxide.

L’acide antimonique blanchit au premier coup de feu , et se change en acide antimonieux; celui qui contient de l’eau, passe du blanc au jaune en dégageant de l’eau , puis revient au blanc par l’ignitipn en dégageant de l’oxigène.

L’oxide et les acides d’antimoine se comportent de la même manière à l’égard des fondans.

Le borax dissout une grande quantité d’acide antimonieux sans devenir opaque. Le verre qui en résulte a une teinte jaunâtre pendant qu’il est chaud ; mais il la perd en grande partie par le refroidissement. Lorsqu’il est saturé, une partie de l’antimoine se sublime à l’état métallique, et se dépose sur le charbon autour de la masse : si on chauffe fortement, le verre au feu de réduction , il devient opaque et grisâtre par l’effet des particules métalliques qui s’y forment.

Le sel de phosphore dissout le même acide en un verre transparent et incolore. Sur le fil de pla-

line ce verre prend au feu. d’oxidation une faible couleur jaunâtre qui s’évanouit par le refroidissement. S’il renferme du fer , il prend au feu de réduction la même couleur rouge quel’acidetungstique et l’oxide de titane ferrugineux. Au moyen d’une vive insufflation l’antimoine est réduit et s’évapore , et la couleur disparaît. Le même effet est produit par l’addition de l’étain.

Avec la soude , il fond sur le fil de platine en un verre transparent et incolore qui tourne au blanc par le refroidissement. Il est réductible sur le charbon.

1 5. Oxide de tellure.

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i Seul , il fond et dégage de la fumée sur la feuille de platine 5 sur le charbon , il fond et se réduit avec effervescence. Le métal réduit est aisé à confondre avec le bismuth et l’antimoine. Je dirai, à l’article du bismuth , comment on les distingue.

Avec, le borax et le sel de phosphore , il donne sur le fil de platine un verre limpide et incolore ? qui , sur le charbon , devient gris et opaque par l'interposition d’un grand nombre de particules de métal réduit.

Avec la soude , il donne sur le fil de platine un verre incolore qui blanchit par le refroidissement. On peut le réduire sur le charbon.

iâO CARACTÈRES PÏROCNOSTIQÜIS

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