CHAPITRE VIII
Continuation du même sujet.
Ce qui donne l'idée d'une grande usurpation des terres des Romains par les barbares, c'est qu'on trouve , dans les lois des Wisigoths et des Bourguignons, que ces deux peuples eurent les deux tiers dès terrés : mais ces deux tiers ne furent pris que dans de certains quartiers qu'on leur assigHa. w
Gondebaud dit *, dans la loi des Bourguignons , que son peuple, dans ?on établissement, reçut les deux tiers des terres,; et il est dit dans le second supplément à cette loi ■ qu'on n'en donnerait plus que la moitié à ceux qui viendroient dans le pays. Toutes, les terres .n'avoienf donc pas. d'abord été partagées entre les Romains et les Bourguignons.
On trouve dans lçs textes de ces deux règlements les mêmes expressions; ils s'expliquent donc l'un
Iieeteotempore quo populos noster mancipiorum tertiam et duas terrartftn partes accepit, etc. Lois des Bourguignons, tit. tir, § i . * Ut non amplius a Burgondionibns quiinfra venerunt requiratur quam ad prosens nécessitas fuerit, mediétas terra. Ait. n.
LIVfiE XXX, CHAWTRE VIII. $9
et l'autre. Et comme on ne peut pas entendre le second d'un partage universel des terres , on ne peut pas non plus donner cette signification au premier.
Les Francs agirent avec la même modération que les Bourguignons; ils ne dépopillèrent pas les Romains dans toute l'étendue de leurs conquêtes. Qu'auroient-ils fait de tant de terres? Ils prirent celles qui leur convinrent , et laissèrent le reste.