CHAPITRE V
Coatinuation du même sujet.
'• La loi dont je vais parler se trouve dans ce serment qui nous a été conservé par Eschines z :
« Je jure que je ne détruirai jamais une ville des « Amphictyons, et que je ne détournerai point ses « eaux courantes ; si quelque peuple ose faire « quelque chose de pareil , je lui déclarerai la « guerre, et je détruirai ses villes. d Le dernier article de cette loi , qui paroît confirmer le premier, lui est réellement contraire. Amphictyon veut qu'on ne détruise jamais les villes grecques , et sa loi ouvre la porte à la destruction de ces villes. Pour établir un bon droit des gens parmi les Grecs , il falloit les accoutumer à penser que c'étoit une chose atroce iie détruire une ville grecque ; il ne devoit pas même détruire les destructeurs. La loi d'Amphictyon étoit juste , m^is elle n'étoit pas prudente ; cela se prouve par l'abus même que l'on en fit. Philippe ne se fit-il pas donner le pouvoir de détruire les villes, sous prétexte (qu'elles avoient violé les lois des Grecs ? Amphictyon auroit pu
> De falsa legatione.