LIVRE XXX i CHAPITRE XXIV. 1ÔI
* M. . l'abbé Dubos prouve soh principe par les dignités romaines dont Clovis fut revêtu ; il veut que Clovis ait succédé 4 Childéric sén père dans l'emploi l de maître de la milice. Mais ces deux charges sont purement dé sa création. La' lettre de S. Rémi à Clovis, sur laquelle il se fonde \ n'est qu'une félicitation sur son avènement à la couronne. Quand l'objet d'un écrit est- connu, pourquoi lui en donner un qui ne l*«st pas?
Clovis , sur la fin de son règîie, fut fait consul par' l'empereur Anastase : mais quel droit pouvoit lui donner une autorité simplement annale? Il y a apparence, dit M l'abbé Dubos, que, dans le même diplôme) l'eïnpereur Anastase fit Clovis proconsul. Et -moi je dirai qu'il y a apparence qu'il ne le fit pas. Sur uri fait qui H'est fondé sur rien , Fautorîté de celui qui le nie est égale à l'autorité de celui qui 'l'allègue. J'ai même ifhe raison pour cela. Grégoire de Tours â qui* parte du consulat, ne dit rien du proconsulat. Ce proconsulat n'auroit été même que d'environ six mois. Clovis mourut un an et demi après avoir été fait consul : il n'est pas possible de faire du proconsulat une charge héréditaire. Enfin, quand le consulat, et si l'on veut, le proconsulat, lui furent donnés^ il étbit déjà le maître dé la monarchie , et tous ses droits étoient établis.
4 Tome ir, liv. in, ch. xvni, p. 170.
Là seconde preuve que M. l'abbé Dubos allègue, c'est la cession faite par l'empereur Justkiien aux enfants et aux petits-enfants de GLovis de tous les droits dé l'empire sur les Gaules* JTaopois bien des choses à dire sur cette cession. On peut juger de l'importance que' les rois des Francs y mirent parla manière dont ils en exécutèrent les conditions. D'ailleurs les rois des Francs étoient maîtres des Gaules; ils étoient souverains paisibles^ Jus-, tinien n'y possédoit pas un pouce de terre; l'empire d'oceident étoit, détruit depuis longtemps; et l'empereur d'orient ji'avoit de droit sur lçs Gaulés que comme représentant l'empereur d'occident : c'étoient des droits sur des drp Us. La monarchie des Francs étoit déjà fondée ; le règlement de lew établissement ^toit fait; les droits réciproques des personnes «t des diverses dations qui vi voient dans la monarchie étoient convenus; les lois de Chaque ilation étoient données et même rédigées par éçrjt. Que faisoit cette , cession étrangère à un établissement, déjà formé ?
Que veut dire M. l'abbé Dubos avec les déclamation* de tops ces evêques qui,, dans, le désordre, la confusion, la chute totale de l'état, les ravages de la conquête, cherchent à flatter le vainqueur? Que suppose la flatterie, que la foiblesse de celui qui est obligé de flatter? Que prouvent là rhétorique et la poésie , que l'emploi