‹ De li̕nflammation et de la circulationChapitre 1 sur 8 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Dans une série de leçons professées, il y a quelques mois, à rhôpital Santa-Maria-Nuova de Florence, le professeur M. Schiff s'est occupé de V Inflammation , et Ta envisagée d'un point de vue peu ordinaire : Il nous a paru que ces pages italiennes, remplies d'idées originales et neuves, contenant le résumé des travaux d'un savant illustre, méritaient d'être traduites. '

Notre intention première était de faire paraître ces leçons seules; mais les recherches nécessitées par ce travail et la bienveillance de l'éminent professeur^ qui veut bien approuver et favoriser les efforts que nous faisons pour répandre ses idées dans notre pays, nous ont mis sur la trace de quelques autres mémoires, publiés par lui dans ces derniers temps, sur l^Inflammation et la Circulation. Ces deux questions, si étroitement liées et intéressant à un si haut point la science médicale, doivent aux travaux de notre Auteur d'avoir fait un pas immense. Nous avons donc été conduit à adopter un titre plus général, qui nous permettra de réunir dans un même ouvrage, dont nous donnons aujourd'hui la pre-

mifere partie, les diverses recherches que M. Schiff poursuit eu ce momaiit sur ce poiat de physiologie et dont il nous a promis de nous tenir au courant (1).

a Ga soit das grains de sable que To;! accumale, mais je ne désespère pas d'en cimaater, avec le tamps, une cellule qui pourra un jour être utilisée pour la ruche de la pathologie rationnelle. » Cet espoir, exprimé par M. Schiff dans une de ses lettres, et vers la réalisation duquel il marche à grands pas, nous a fait penser que notre traduction pourrait être de quelque utilité à la science française.

Nous ne sommes pas de ceux'qui croient à la déchéance scientifique de la France (2) ; nous ne croyons pas que sur ce terrain, nous ayons rien à envier à nos voisins, pas plus au delà du Rhin, qu^a\L delà de la manche ou des Alpes*; mais nous pensons que si, comme le dit avec juste raison M. Fonsagrives (3), la médecine est la science humaine par excellence, elle doit avoir de plus vastes horizons que ne voudrait lui en accorder une

(1) M. Schiff nous écrivait le 10 mai : c J'espère que dans la pre* mière moitié de juin je serai définitivement établi dans le nouveau laboratoire et que mes recherches y seront continuées avec assiduité. Lepremier objet qui fixera mon attention, sera la circulation dans la veine porte. »

(2) Nous profitons de Toccasion, qui nous est offerte, pour nous associer à la protestation de M. le professeur Chauffard, contre les paroles prononcées par un de ses collègues à l'Académie de médecine, dans la préface de son ouvrage : De la Fièvre traumatique, et de VInfection purulente. Paris, J.-B. BàiLLifcRE, 1873. — Voir le compte-rendu de la séance du 18 avril 1871, dans le Bulletin de r Académie de Médecine. Tome XXXYI, p. 233.

(3) Préface de sa traduction du Traité des Maladies de la poitrine^ p ar Walshe. Paris, 1870.

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pareille compétition : elle ne doit pas avoir de nationalité, elle doit être une et universelle (1). Les traductions doivent remédier à la diversité des langues dans les-

quelles la science médicale est écrite : nous les demandons de plus en plus nombreuses, désirant que les traducteurs nous fassent profiter de tous les travaux importants, quel que soit le sol qui les ait produits, et n'aient pas toujours, suivant la tendance actuelle, les yeux fixés seulement vers les universités allemandes. Chaque nation a ses savants, que les traductions seules peuvent nous faire connaître et apprécier, et chez lesquels nous trouverons, certainement, toujours quelque ; profit à réaliser. Pour marcher à la tête du progrès, en médecine comme dans les autres sciences, nous devons comprendre que nous n'avons pas le monopole exclusifdes idées justes et nouvelles, et que ce serait une fierté mal placée de fermer les yeux à la limiière, parce qu'elle nous viendrait d'un pays voisin.

C'est dans cette pensée, et sans nous laisser rebuter par l'obscurité du rôle de traducteur, « de valet qui suit son maître », que nous entreprenons la vulgarisation des idées d'un savant, que l'intelligente Italie a su s'approprier, et dont nous possédons déjà dans notre langue une œuvre remarquable : les Leçons sur la physiologie de la Digestion stomacale (2).

(1) M. BouissoD, doyen de la Faculté de Médecine de Montpellier, réc lamait naguère la restauration du latin, comme langue universelle de la Médecine.

(%) 2 vol. in 8. Paris, GeaMER BaillièÈe, 1868.

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Nous donnons en première ligne la traduction des leçons, professées par lui sur V Inflammation, « Ce ne sont que des résumés faits d'après mes leçons orales, dit M. Schiff (1), et qui n'ont été publiés qu'à titre d'essais, pour savoir quelle serait l'impression, que ferait ma manière de voir, qui est entièrement basée sur l'expérience physiologique. Depuis ce temps, j'ai continué ces recherches et j'ai confirmé mes résultats. »

2° Un mémoire communiqué par M. Schiff à l'Académie de médecine de Florence: la Pathologie cellulaire et l'Inflammation, leurs relations ;

• 3" Le résumé de quelques leçons sur la Pression veineuse, considérée comme cause de l'œdème ;

4" La relation d'expériences de transfusion du sang, faites dans le but de démontrer Vinfluence du système nerveux sur la circulation ;

5* La relation d'autres expériences sur les nerfs cardiaques ;

6" Enfin, un important mémoire qui vient d'être couronné par l'Académie de médecine de Florence, et qui a pour titre : le Nerf vague, considéré conmae nerf accélérateur des mouvements cardiaques : recherches nouvelles.

Tel est le sommaire du premier fascicule d'un ouvrage dans lequel, grâce à son titre et si le public médical veut bien nous encourager par un accueil bienveillant,

(1} Lettre du 31 janvier 1873.

noife nous proposons de faire entrer les nombreux travaux, dont Téminent professeur prépare en ce moment la publication , sur ce point de physiologie, vers lequel ses études sont dirigées depuis si longues années.

Et même nous sommes assez heureux pour pouvoir, dès aujourd'hui, signaler les résultats importants obtenus par lui dans ces dernières semaines, et dont il a bien voulu faire profiter les premiers les médecins français.

De nouvelles recherches sur Tinfluence du nerf vague sur le cœur, conduisent M. Schiff aux propositions suivantes : 1" La nicotine peut, et dans beaucoup de cas avec un meilleur effet, servir, au lieu et place de Tatropine (1), à rendre le pouls parfaitement indépendant de la pression sanguine ; 2* L'influence accélératrice de certains rameaux du plexus nerveux, qui part du ganglion cervical inférieur du grand-sympathique, disparaît complètement^^ lorsqu'on attend quatre ou cinq jours après la section du pneumogastrique au cou : les filets actifs proviennent donc du pneumogastrique. « Ces expériences n'ont été faites que du côté droit, nous écrit l'auteur, mais il y a la plus grande probabilité qu'elles ne donneront pas d'autre résultat du côté gauche. » 3° L'accélération du pouls, après la section des deux pneumogastriques chez des chiens non atropiniséSj est un phénomène passager, qui disparait dès le lendemain, quand il n'y a pas d'altération inflammatoire du poumon.

(l) Voir l'effet de l'atropine, découvert par M. Schiff. dans les deux derniers mémoires, pages 61 et 69.

Tel est le résultat sommaire d^expériences récentes, dont la publication suivra de près.

Qu'il nous soit permis, en terminant, de remercier publiquement M. Sçhiff de sa bienveillance et de la confiance qu'il nous a témoignée; nous espérons l'avoir justifiée par nos efforts à faire mentir le « tradutore, traditore » italien.

Nous demandons pour Vauteur l'impartialité, et pour le traducteur l'indulgence.

ibjumei 1873.

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