IL Y A ENCORE DES TURCS
Un peintro de mes amis me disait, l'autre jour :
— On dit qu'il y a encore quelque part un pays qui s'appelle la Turquie, un empire qui s'appelle la Sublime Porte, un conseil qui s'appelle le divan; on assure même qu'il y a des Turcs.
» Je reconnais le premier point ; pour ce qui est des suivants, je nie les uns, je doute des autres.
» Ce peuple n'avait plus qu'une raison d'être conservé : c'était la richesse, l'ampleur et le pittoresque de ses costumes.
> Il s'habille aujourd'hui à l'européenne, à la fran-
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çaise même, je crois, ou plutôt il fait un mélange incohérent et horrible aux yeux.
» Il porte les pantalons français, la redingote polonaise sans brandebourgs, le fez sans turban.
» Le jour où il mettra le chapeau français dit tuyau de poêle, ce peuple aura vécu; les peintres, qui seuls se sont opposés à ce qu'on Teffaçât, écarteront de lui leur appui-main protecteur, et tout sera dit
» Tenez, me dit-il, en prenant un journal sur une table, voici une feuille orientale; voyez un peu quelle couleur cela vous a ! et ce n'est pas la faute du pauvre journaliste; peut-être n*est-il parti qu'abusé par l'espoir de voir la Turquie et des Turcs.
» Voyez les annonces :