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triote, nous ne pouvons que renvoyer à l'Etude sur Loïse Labé que va faire paraître un de nos collègues de la Société littéraire de Lyon.
Après avoir été possédé par différentes familles, le domaine de Parcieux ou de Grange-Blanche fut acquis, en 1789, par Pierre-Toussaint Dechazelles, célèbre peintre de fleurs et dessinateur de broderies pour les étoffes de soie, d'or et d'argent, ancien membre de la Chambre de Commerce et du conservatoire des Arts de Lyon, auteur d'Etudes sur l'histoire des Arts, etc., né en 1751, mort en i833.
Ce fut un des premiers administrateurs que Napoléon désigna pour organiser l'école de dessin du palais Saint-Pierre.
A sa mort, le domaine de Grange-Blanche passa aux MM. Chalandon, ses parents et héritiers, qui le possèdent aujourd'hui!
Mgr Chalandon, ancien éveque de Belley, mort archevêque d'Aix, séjourna maintes fois dans cette propriété, où, au milieu des siens, il venait se distraire de ses travaux et des soucis de son ministère.
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Elle renferme une superbe collection de tableaux, des livres rares, des médailles précieuses, et une foule d'objets d'art, ivoire, émaux, etc. du plus grand mérite. On y remarque surtout de fort belles tapisseries des Gobelins et des Flandres, sortiesdechâteauxhistoriques. C'est avec une grâce charmante que MM. Chalandon nous ont fait les honneurs de leurs précieuses collections.
La famille Regnauld, qui avait rempli diverses charges dans le consulat lyonnais, vit une de ses branches prendre le nom de Parcieux à la suite de l'aliénation de cette terre, faite en sa faveur par le duc du Maine, prince de Dombes, en 1721. Son château s'élève entre le coteau et la plaine, au sein d'un parc bien tenu et bien arrosé. Datant du règne de Louis XV, il se compose d'un corps de logis flanqué de quatre pavillons carrés et à la toiture mansardée.
Une passerelle relie le parc coupé dans sa partie supérieure par la voie ferrée. Elle permet aux habitants du château de se rendre dans le village et à l'église sans faire un long circuit par le grand chemin.
Cette église, nouvellement restaurée et agrandie, par la libéralité de la famille Chalandon, est pleine de goût et riche en ornements sacerdotaux. La nouvelle façade produit un fort bel effet.
Dans l'ancien cimetière, transformé aujourd'hui en place publique, fut inhumé la Belle-Cordière. Qu'est devenue sa pierre tumulaire? A-t-elle été brisée? est-elle entrée dans la construction des parties modernes de l'église ?...
BERNOUD
Si l'on remonte le vallon de Massieux, on rencontre d'abord le très modeste village qui porte le môme nom ; puis, plus haut, en longeant le ruisseau, que l'on traverse plusieurs fois, soit d'une seule enjambée, soit sur des ponts en planches, on aperçoit le Petit-Bernoud, où l'on compte deux ou trois maisons, et le Grand-Bernoud, qui en a bien quatre ou cinq.
Le nom de Bernoud est historique dans les fastes du Lyonnais. On y voyait jadis
une forteresse appartenant au chapitre de Saint-Jean,et ruinée de fond en comble, eni 3g3, par les troupes du comte de Savoie, qui voulait s'imposer comme protecteur à tous les villages et châteaux de la contrée, sur lesquels le chapitre étendait son autorité.
Il faut de longues recherches au touriste pour retrouver remplacement de cette forteresse, qui, au milieu d'un groupe de légères collines, occupait une poype isolée, entourée de remparts et commandée par un donjon.
Sur cette poype, appelée encore la Tour, on découvre les débris de murailles circulaires s'élevant à peine au-dessus du sol, et d'énormes blocs, qui, ayant roulé jusqu'en bas, y sont cachés parmi des taillis nommés le Bois-Seigneur.
Outre ce donjon, il y avait le château proprement dit. Les noms de Château d'en bas et de Château d'en haut se sont conservés dans les traditions locales.
Il existe tout près de là un cimetière ancien, gaulois, suivant les archéologues. On y a découvert des squelettes rangés côte à côte, au nombre d'une trentaine. L'un d'eux se
trouvait à quelques pas en avant, pieds contre pieds; c'était sans doute celui d'un chef.
Tous ces ossements étaient parfaitement conservés, blancs comme de l'ivoire, et les dents, solidement fixées à leurs mâchoires, étaient d'une grande beauté.
A l'extrémité supérieure du vallon, quantité d'habitations réunies autour d'une église agrandie récemment, forment le principal noyau de l'importante commune de Civrieux, en Bombes.
MONTRIBLOUD
Le château de Montribloud, à deux kilomètres de là, sur le plateau lui-même, est une bonne et grosse habitation bourgeoise, carrément assise sur le sommet arrondi d'un large monticule. Un jardin anglais, tracé alentour, est précédé d'une longue avenue de pins et de charmilles, croissant en pleine liberté, ce qui lui donne un certain attrait de grâce rustique.
De sa terrasse orientale, on découvre le chemin de fer de Bourg ; les locomotives font entendre leurs sifflets, et la fumée s'élève bien au-dessus des arbres. On aperçoit aussi sur la
droite la toiture ardoisée d'une nouvelle habitation de plaisance, qui a remplacé les bâtiments grisâtres et la chapelle de l'ancienne Chartreusine de Poleteins, disparus depuis quelques années seulement.
Le château de Montribloud fut construit, en i334, par Humbert, sire de Thoire-Villars, qui se hâta d'en rendre hommage au dauphin de Viennois. Il portait le titre de baronnie. Après avoir eu plusieurs propriétaires, il appartient actuellement à un ancien député de l'Ain, agronome distingué auquel on doit d'importantes améliorations dans la culture des champs et l'élève des bestiaux.
Le pays, boisé et giboyeux, était naguère encore couvert d'étangs, que l'on a égouttés et transformés en prairies et en terreslabourables. Pour empêcher les eaux de s'accumuler, on a creusé de nombreux fossés, qui les conduisent au bief de Civrieux et de Massieux.
Sur ce plateau, qui continue celui de la Dombes, se livra, en 202, la fameuse bataille, où, à la tele de deux cent mille hommes, Sévère et Albin se disputèrent l'empire du monde, après la mort de l'empereur Pertinax.
Nous ne referons pas la description de cette bataille, dont nos écrivains lyonnais ont puisé les détails dans Dion Cassius, l'historien le mieux renseigné à cet égard. Nous dirons seulement qu'Albin avait établi le gros de son armée au lieu même où se trouve le camp de Sathonay ; que les abords en étaient défendus par le vallon lui-même, par de vastes retranchements et des tranchées profondes habilement dissimulées par des branches d'arbres aux yeux de l'ennemi, et dans lesquelles Sévère perdit beaucoup d'hommes et de chevaux; que l'armée de celui-ci commençait à plier, lorsqu'il accourut avec ses prétoriens et la rallia autour du mamelon deMontribloud, où les plus rudes coups furent portés et où la victoire se décida en sa faveur.
GARE DE REYRIEUX
22,729"23 de la Croix-Rousse
n quittant la gare de Parcieux et le pré de la Cordière, le train continue à courir dans un pays identique à celui que nous avons vu, depuis notre sortie de Neuville. On franchit de petits ruisseaux, dont les eaux, tantôt divisées et subdivisées à l'infini, vont arroser les prairies ; tantôt rassemblées dans des serves font mouvoir de rustiques moulins. Les vaches qui paissent çà et là lèvent la tête au bruit de la locomotive et la regardent passer de leurs gros yeux étonnés, tandis que les brebis et les chèvres s'enfuient éperdues et courent se cacher derrière les buissons.
Le pays est charmant ; s'il n'offre pas de grands effets pittoresques, en revanche il reflète cette tranquillité, ce calme, que l'on est souvent heureux de rencontrer et qui vous plongent dans un doux ravissement. Des terres fertiles, de gras pâturages s'étendent jusqu'à la
Saône, qui coule à un kilomètre de là. Des haies touffues, remplies décriants d'oiseaux, du cri-cri des grillons et d'un confus bourdonnement d'insectes; de longues files de peupliers élancés, des chênes noueux, des frênes robustes, des trembles à la feuille blanchâtre et toujours agitée, des saules à la pâle verdure et au tronc crevassé divisent les propriétés.
A gauche, par delà la rivière, les sommets du Mont-d'Or se silhouettent harmonieusement sur le ciel ; à droite, sur le penchant et à la base des coteaux, on aperçoit l'opulent village de Reyrieux, remarquable par sa position enchanteresse, son clocher élancé, ses maisons trapues et ses châteaux, dont les toits et les girouettes surgissent au milieu de nombreux vergers et d'admirables massifs de grands arbres.
La gare est au pied du coteau, à la naissance d'un chemin qui, en quelques minutes, conduit au centre du village.
REYRIEUX
L'histoire de Reyrieux est à peu près semblable à celle de la plupart des villages de cette rive de la Saône.
A la dissolution du royaume de Bourgogne, Reyrieux fît partie des domaines de la famille des Thoire-Villars. Son nom est déjà mentionné dans le cartulaire d'Ainay, à la date de l'an 980. Il reparaît aussi maintes fois dans le cartulaire de l'Ile-Barbe. Ces deux abbayes y possédaient des domaines provenant de donations que leur avaient faites, soit les Villars, soit de simples gentilshommes. L'Eglise de Lyon y avait aussi des propriétés et y jouissaient de divers privilèges ; elle nommait à la cure, et conserva ce droit jusqu'à la Révolution.
A la fin du xiv" siècle, le dernier des Thoire- Villars octroya des franchises aux manants de Reyrieux ; puis peu après céda la totalité de ses domaines à la maison de Bourbon-Beaujeu.
Ces nouveaux seigneurs établirent à Trévoux, la capitale de leurs nouveaux Etats, et
Reyrieux suivit la fortune de la principauté de Dombes.
La beauté du climat, la fertilité du sol et les nombreuses sources qui l'arrosent, peut-être aussi la proximité de la voie de Lyon à Mâcon, avaient engagé les riches Gallo-Romains de Lugdunum à établir, dans cette heureuse contrée, des habitations de plaisance.