CD
Aux flancs de la colline, entre la Saône et le château, on bâtit des maisons ; elles étaient
déjà assez nombreuses en i3oo, pour former
une ville que Humbert III et Henri son frère
environnèrent de remparts, en même temps
que, par une charte, ils y établirent une châtel-
lenie, et accordèrent aux habitants des fran- ■
chises et des libertés.
La ville de Trévoux passa aux mains des
co —
Bourbon-Beaujeu en l'année 1402. Humbert VII deThoire-Villars, se voyant sans pro-
h- 1 = en =
ctï =
géniture, l'avait vendue à Louis II de Bourbon,
cm
pour la somme de trente mille livres d'or, avec faculté de rachat dans le cas où il lui surviendrait des enfants, ce qui ne se présenta pas. Elle devint dès lors la capitale de la province de Dombes.
Après la trahison du connétable de Bourbon, un des successeurs de Louis II, ses domaines furent confisqués; le bailli de Mâcon s'empara de Trévoux et de la province, au nom de François I«. En 062, le duc de Bourbon- Montpensier, comme héritier du connétable, entra en possession de la ville et de la province, après les avoir retirées des mains des engagistes au profit desquels elles avaient été aliénées.
La province de Dombes fut souvent revendiquée par l'abbaye de l'Ile-Barbe et par l'Eglise de Lyon, qui toutes deux appuyaient leurs prétentions sur de vieilles reconnaissances des.Thoire-Villars. Elle fit pendant longtemps partie du Beaujolais.
Le second fils de Henri IV, Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, se maria avec l'héritière des Bourbon-Montpensier. De cette union naquit la Grande-Mademoiselle, qui, à sa
majorité, devint princesse souveraine de cette riche province. Elle dota Trévoux de plusieurs monuments.
Pour se faire pardonner sa mésalliance avec M. de Lauzun et rentrer en grâce auprès du roi, en 1696, elle légua ses Etats au duc du Maine, bâtard légitimé de Louis XIV. Ce nouveau prince transféra de Lyon à Trévoux le parlement de Dombes, qui avait été créé en i523 par le roi François I". Ce parlement avait siégé à Lyon jusqu'en 1696, par emprunt de territoire. En 1762, leur dernier souverain, le comte d'Eu, les céda au roi, en échange ' d'autres domaines. La suppression du parlement de Dombes amena définitivement l'union de cette province au royaume de France.
Nous ne relaterons pas tous les épisodes particuliers qui se rattachent à l'histoire de Trévoux. Citons seulement l'odieuse expulsion des Juifs, entre les mains desquels se trouvaient le commerce, les supplices du plus grand nombre et la confiscation de leurs richesses ; l'expédition de François de la Palud, sire de Varambon,qui,àla tête de troupes savoyardes, rançonna la ville, sans pouvoir toutefois s'em-
parer du château ; la présence des protestants qui démantelèrent la forteresse et les remparts; enfin, l'arrivée des représentants du Peuple qui achevèrent cette œuvre de destruction.