‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 111 sur 236 · Caylus, Corr., XXXVIII · texte numérisé non relu

Caylus, Corr., XXXVIII

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ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

CAYLUS ANTIQUAIRE

tenu de faire sortir telles ou telles antiques à commandement. La mode s'en mêlant, c'est bien pis. Un objet singulier est-il découvert dans un lieu nouvellement fouillé, tout le monde en veut de semblables; pas d'amateur, pas de riche étranger de passage qui n'en commande au Bélisario de l'endroit*; pas de prince, de princesse, qui ne charge son ambassadeur de s'approvisionner « coûte que coûte », et toujours en grand mystère! Ainsi pour les peintures d'Herculanum. Quand les fouilles furent poussées avec un peu d'activité, vers 1755, la curiosité publique fut vivement excitée au bruit qu'un certain nombre de peintures antiques avaient été découvertes. On allait enfin connaître de visu cet art que sa fragilité avait jusqu'alors soustrait à l'admiration des modernes! Les têtes s'échauffèrent. Le mvstère dont Tanucci entourait les fouilles, les défenses rigoureuses édictées à ce sujet, allumèrent les convoitises. L'article « peinture d'Herculanum » était dès lors un objet de spéculation tout iudi(]ué pour les brocanteurs. Ils ne s'en privèrent pas. Il faut lire dans Paciaudi* et dans Barthélémy' l'histoire tragi-comique de cette charlatanerie, qui fit tant de savantes dupes. Les acquéreurs de ces impostures s'appelaient : Barthélémy pour le roi de France, Contucci pour le musée du Collège romain, le baron de Gleichen pour la margrave de Baireuth, le roi d'Angleterre, le cardinal Albani, La Condamine; et leurs conseils dans cette opération étaient un Mengs \ un Venutiî

1. Riche brocanteur, « notre tyran ». Lettres de Paciaiidi, XXX.

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