Grimni, loc. cii
3. Voir les leUres de Mariette et de Barthélémy à Paciaudi, l'article précité de Grimm, la fin de l'art. Caylls dans Concourt {op. cit.), et les dernières lettres de Caylus lui-même.
4. «Polydore (d'Auriac;,Bougainville,le comte (Caylus), le bailli (Breteuil), j\ii perdu tout cela en quatre années. Je vous avoue que je suis fatigué de vivre et que je n'aurais aucune peine à finir. • (Barth. à Pac, 1. XXXIV.)
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un écho au Vatican, chez rexcellent Bottari, qui, ne le sachant pas encore mort, écrit naïvement plusieurs semaines après : « Je prie Dieu pour lui, et je crois être utile au genre humain : il y a des hommes qui ne devraient pas mourir * ». Les domestiques de Caylus avaient soigné avec un admirable dévouement ce maître bourru, mais bon, qui sans doute avait plus de cœur que d'ànie. La vente de son mobilier, dont ils devaient se partager le produit, attira nombre de curieux et se fit très avantageusement ^
Nulle autre personne d'ailleurs que Mariette, Marin et Carlin, ne semble l'avoir entouré à sa mort. Pas de famille. Connaissait-il même son héritier? C'est peu probable. — Par testament, sa fortune, accrue de celle de son oncle, passait à un neveu, Robert de Lignerac, avec tous ses titres.
La Bibliothèque du roi et le Cabinet des estampes se partageaient sa bibliothèque; le Cabinet des médailles, auquel il avait fait une seconde donation en 1762, était l'objet d'une troisième, et recevait toutes les antiques qu'il laissait ^ Maurepas, l'ami de sa vie, était son exécuteur testa-
i. Dumesnil, Ilist. des plus célèbres amateurs, II, 373.
2. Ses dessins originaux et ses rares objets d'art se vendirent aussi fort bien. Nous relevons dans le Journal de J.-J. Wille, le graveur, la mention suivante : Le volume des 60 dessins des Cris de Paris, d'après Bouchardon, poussé par le pauvre Wille jusqu'ff 1 200 livres, est adjugé 1235 livres « à l'abbé Grimau (sic) pour M. de la Reinière ». Un émail de Petitot, représentant le duc d'Epernon, est acheté par Wille 260 livres, joli chiffre pour l'époque.
3. Le Cabinet ne jouit vraiment de cette donation qu'après la mort de l'héritier du comte (le duc de Caylus), qui survint en novembre 1783. Ce personnage était, à l'opposé de son oncle, un collectionneur avide, et un homme fort vaniteux. Les gardes de la Bibliothèque et du Cabinet, Bignon et Barthélémy, durent défendre leur domaine pied à pied contre ses exigences, en appeler au roi lui-même, ainsi qu'il ressort de plusieurs pièces manuscrites des Archives du Cabinet. Le roi avait permis, en 1771, au duc de Caylus, de choisir certains objets parmi les antiques du comte pour en jouir sa vie durant. Ce « premier démembrement » indisposa justement les savants du Cabinet. — Ce fut bien pis quand le duc de Caylus, intriguant auprès du duc de la Vrillière, éleva la prétention de choisir à son gré, non plus seulement parmi les objets provenant du comte, mais parmi ceux appartenant au roi. Sûr de son affaire, il insiste,
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mentaire, et le sculpteur Yassé chargé de son tombeau. Ce tombeau fut élevé à Saint-Germain l'Auxerrois. L'urne de porphyre rouge où Caylus disait par plaisanterie qu'il voulait être inhumé fut encadrée dans l'ensemble et surmontée d'un médaillon de marbre \ — Son éloge, suivant Tusage, fut lu par Le Beau à la rentrée de Pâques de 1766, et satisfit généralement. « Vous en auriez été content », écrit Mariette à Paciaudi. Caylus eut pour successeur le chevalier de Valory à l'Académie royale, et le président d'Ormesson aux Inscriptions.
La mort de Caylus fut moins remarquée chez nous qu'à
écrit lin Ijillel à Bignon où il se montre étonné de n'avoir encore rien reçu. Là-dessus, chaleureux mémoire adressé par les gardes au ministre, protestant ([u'ils ne sauraient se dessaisir en tout cas de ce (|ui a toujours appartenu au roi, et alléguant le danger de l'exemple. Finalement, on dut donner au quémandeur toutes les antiques du comte, moyennant une reconnaissance. — 11 s'empara également, toujours contre reçu, des objets légués aux Estampes. — Il fallut, après sa mort, apposer les scellés, provoquer ordre du ministre (Amelot), production de reconnaissances, délégations, expertises, etc., six jours durant, du 14 au 22 novembre. Le Cabinet put alors rentrer en possession de ce qui lui avait été pris, sauf une cincpiantaine d'objets heureusement <les moins considérables. En revanche, en n'3, le duc de Caylus avait eu la satisfaction de publier un Catalocjue de son cabinet, où il s'intitulait à la première page : Grand il' Espar/ ne de la première classe. {Pièces jnanuscrites tirées des Archives du Cabinet, 1783.)
1. D'après les Concourt, qui ont eu entre les mains le testament de Caylus, il aurait demandé formellement à y être inhumé (Grimm, ibid.), avec cette inscription : llic jacet Caijlus, lilterarum et artiian amicus et socius. — De là la boutade de Diderot. M. Ch. Nisard fait justement observer (I, 349) que les dimensions de l'urne rendaient le vœu de Caylus irréalisable. Celui-ci s'est-il amusé à quel(|ue mystilîcation posthume? Il se pourrait.
Le sarcophage, très beau et de grande valeur, est actuellement au Louvre (Clarac, Mwsee de Sculpture, II, 990, n" 623; atlas, pi. CCLX, n" 80, 1854.) — Il a été plusieurs fois gravé, notamment par Seroux d'Agincourt, ami de Caylus, dans son Recueil de fragments de sculpture antique, 1814, pi. XXXVil. Caylus le donne dans son Recueil. Il l'avait fait mettre dans son jardin, où il le montrait volontiers à ses amis. — Sur l'histoire de ce sarcophage et ses déplacements, véritable odyssée, voir : Clément de Ris, les Amateurs d'autrefois (art. Caylus), et Ch.Nisard, I, 349-350.
L'inscription gravée sur le tombeau de Caylus est la suivante : Hic jacet A. Cl. Ph. de Thuhicres, coînes de Caglus, utriusque et Litteratum et Artium Acadeniiœ Socius. Obiit die IV {?) septembris, ann. M. DCC. LXV, œtatis sux LXXIII. {Dictionn. histor. de la ville de Paris, par Hurtaut et Magnv, 1779, t. m, p. 146.)
l'étranger. Volontairement retranché du monde, il était comme ignoré dans les dernières années. Grimm, bien renseigné d'ordinaire, le connaît si peu, qu'il afiirme qu'il n'a pas été soldat *. Les nécrologes, les gazettes, les mémoires du temps, enregistrent simplement cette mort avec quelques mots d'éloge officiel et banal \ Le public en juge surtout par l'oraison funèbre de Diderot, malgré le correctif composé par « son meilleur ami ^ ». Un an après, Mariette écrit tristement à Paciaudi : « Vous ne sauriez croire combien il est oublié ». — Cette négligence de l'heure présente devait avoir son lendemain. La mémoire de Caylus porte momentanément la peine des défauts du caractère de l'homme; mais elle revivra bientôt dans ses ouvrages, dans ses fondations. Remis en honneur par les savants de la génération suivante, Caylus a toute l'autorité d'un arbitre. On n'en appelle pas de ses décisions. Pour Winckelmann lui-même, il sera « l'immortel comte de Caylus ». Sa popularité est grande en Allemagne, où il est traduit, abrégé, commenté *, où Lessing, qui le critique