‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 154 sur 236 · La partie d'érudition est de Falconet · texte numérisé non relu

La partie d'érudition est de Falconet

ESSAI SLR LE COMTE DE CAYLLS-

nos artistes en Italie, soutenait Le Roy, prêchait les voyages et les explorations. Servi par le hasard, ce dieu des antiquaires, comuie il l'appelle, il découvrait à Paris les dessins originaux de Pietro Santi Bartoli d'après Tantique, et en donuait une édition que ni prince ni pape n'aurait alors surpassée en magnificence. L'ouvrage, tiré à trente exemplaires seulement, mit sous les yeux des acheteurs privilégiés de véritables fac-similés de la peinture antique, avec ses couleurs exactes, qu'un artiste habile avait appliquées au pinceau sur le dessin. Quand on compare un de ces exemplaires presque introuvables au recueil dont Caylus a fait don au roi, on ne sait qu'admirer le plus, du culte généreux dont témoigne un pareil hommage, ou de la perfection artistique de l'imitation *. Toutes ces peintures n'étaient pas excellentes, sans doute*, quoiqu'elles fussent supérieures en général à celles d'IIerculanum : mais la diversité de leur provenance, leur incontestable authenticité, la date même de ces copies, exécutées à une époque oii les spécimens de ce genre n'étaient pas très rares, et où l'on pouvait choisir, le rapprochement qui s'oiTrait de lui-même entre ces dessins de Bartoli, ou de son hls, et leurs autres ouvrages relatifs à Tari ancien, tout permettait d'étudier en toute sécurité, ces échantillons variés de la peinture décorative, et d'en tirer, par voie de comparaison, des conclusions moins incertaines. Aussi l'ouvrage de Caylus, qu'on ne pouvait rééditer puisqu'il en avait fait lui-même briser les planches sous ses yeux, futil très recherché de son vivant à l'étranger, et contrefait par un Allemand après sa mort *.

1. Le cabinet des Estampes contient Toriginal et un exemplaire.

2. On ne peut qu'appeler contrefaçon l'ouvrage intitulé : Choix de peintures antiques empruntées de Couvrage du comte de Caylus tiré à peu d'exemplaires, par A. de Rode, Weimar, 1805. — Tout y est barbare, le dessin, le texte et le style.

ESSAI D'UNE RÉFORME

En même temps qu'il propageait par ces divers travaux une connaissance plus exacte de l'art antique, Caylus, dans des livres spécialement écrits pour des artistes, essayait de tracer à l'art moderne une voie nouvelle. Il travaillait, avec sa persévérance ordinaire, à transformer le goût de l'Ecole, à la pénétrer d'antiquité. Son ambition était de guider l'art par le livre. A côté du modèle antique, il plaçait les auteurs. Maintes fois déjà, au cours de ses conférences, il avait rappelé aux jeunes artistes l'utilité de la lecture pour échauffer leur imagination, nourrir leur veine tarie ; mais il ne semble pas que, malgré le don d'une bibliothèque fait par le roi à l'Académie, ce conseil ait été fort entendu. Vers la même époque, la Compagnie projetant, sous rintluence des idées nouvelles, de composer un ouvrage sur le costume, Caylus s'était empressé d'offrir son concours. L'ouvrage ne se fit pas; mais Caylus, poursuivant son idée, commença à la revêtir d'une forme plus distincte en publiant ses Nouveaux Sujets de Peinture et de ScuïjJture. L'épigraphe, tirée de Dufresnoy *,

Dives et ampla manet Pictores atque Postas Materies,

et la courte épitre aux membres de l'Académie, montrent le but de cet essai d'un nouveau genre : empêcher l'art de tomber dans la répétition en lui montrant les sujets inédits que présentent la fable et l'histoire. Ceux-ci sont d'ailleurs pris un peu partout, assez bien choisis en général, et accompagnés d'indications discrètes. En passant, les usages, les mœurs propres à fournir la couleur locale d'un tableau, sont signalés sans pédanterie. Ce petit traité, quoique timide et anodin, n'était pas banal à cette date, et fut favorablement accueilli. Caylus revint alors à la

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