‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 161 sur 236 · Publiés dans le tome II du Recueil d'antiquités · texte numérisé non relu

Publiés dans le tome II du Recueil d'antiquités

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ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

son cabinet et jusquà sa table de travail; était homme enfin à courir <Ie Paris à Fréjus, seul avec Gaylus, en chaise de poste, uniquement pour dessiner des ruines, mesurer un vieux port, et revenir. Le nom de Maurepas est d'ailleurs en lui-même indifférent à l'archéologie : mais il nous représente assez res[)rit nouveau qui règne dans la société du temps, un esprit vif, souple, prime-sautier, jugeant d'un mot, s'assimilant les choses en courant, ou s'élevant d'un bond au-dessus, curieux, personnel, indépendant, aussi capable de tout qu'incapable de rien, supérieur en somme. Il y a de cet esprit dans tout ce que la littérature et la [diilosoj^hie ont produit alors; il y en a beaucoup chez Caylus artiste; il y en aura encore chez (laylus archéologue, mais mitigé par la science, et réduit par le travail aux limites de la vraie, de la bonne originalité. Savants en us assemblant force textes, et grands personnages épris de l'antiquité comme de la dernière mode, voilà ce qu'ofîre Paris. La province, de son côté, compte une armée de travailleurs, dont tous ne sont pas obscurs. Montrer comment celle-ci s'est peu à peu recrutée, jusqu'à couvrir à peu près tout le pays, plus ou moins dense à mesure qu'on se rapproche ou s'éloigne des anciennes villes romaines, une telle étude déborderait trop notre cadre. Elle vau(hait j)ourtant qu'on s'y arrêtât un jour, et 1 on ne découvrirait pas sans surprise la grande activité de ce que l'on peut appeler la vie érudite en province. L'érudition n'y est pas en retard sur la capitale, comme la littérature; et elle a cet avantage d'v être mieux orsanisée. Les correspondances entre savants, les visites, les consultations écrites un orales sont d'une fréquence, d'une abondance (jui confondent. Les relations se croisent et se bifurquent en tous sens. Quand on essaye de tirer à soi l'un de ces hommes pour l'étudier de plus près, on voit qu'il traîne après lui un réseau; suit-on celui-ci, de maille en

maille on est conduit à l'extrémité de la France ; bientôt on passe la frontière pour ne s'arrêter qu'à Rome ou à Naples. Qui parcourt l'une de ces correspondances voit les autres en raccourci; il y retrouve les noms de tout ce qui tient quelque rang et fait quelque figure, noblesse ou vieille bourgeoisie. La magistrature y est largement représentée; toute ville de parlement a ses savants à marteau; les antiquaires médecins ne sont pas rares ; d'autres mènent de front les sciences naturelles et l'archéologie. Depuis que l'exemple est parti de haut ', tout homme de loisir et d'étude veut avoir son « cabinet d'histoire naturelle », mi-parti musée et muséum. L'histoire île ces travailleurs est éparse pour une moitié dans les annales des anciennes académies de province; pour l'autre, dans les énormes recueils de lettres que recèlent les bibliothèques municipales, surtout celles du Midi. Les cartons de Séguier, à Nimes, ont déjà été signalés - : on ne trouverait pas moins d'intérêt à ceux du marquis de Caumont, tout incomplets qu'ils sont ^. La main pieuse qui a sauvé ces débris d'une ruine totale nous permet de remonter, de génération en génération, jusqu'au père de l'archéologie française, jusqu'à ce grand Peiresc que nous commençons à peine à connaître.

1. On connaît le goût que le Régent manifesta pour les sciences, et les encouragements qu'il leur donna.

2. G. Boissier, un savant du xviu* siècle, J.-Fr. Séguier, antiquaire. {Revue des Deux Mondes, 1" avril 1871).

3. Au muséum Calvet d'Avignon. C'est un choix de lettres transcrites entièrement par Calvet, et formant deux gros volumes grand in-4. Ce (|ui fait la grande curiosité du Recueil, ce sont un certain nombre de lettres, reproduites d'après d'anciennes copies, de Peiresc jeune à divers correspondants, datées de Montpellier, de Paris, d'Aix, et rédigées avec une égale facilité en latin, en français et en italien. Plusieurs sont fort longues; toutes accusent cette abondance et cette inépuisable érudition qu'on admirait déjà chez Peiresc de son temps. On en est d'autant plus frappé ici que Peiresc, lorsqu'il écrivit les premières de ces lettres, n'avait pas vingt et un ans. La plus ancienne est datée de 1601. Presijue toutes sont antérieures aux Lettres aux frères Dupuy, publiées par Tamizey de Larroque.

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Sans cloute les travaux de ces savants modestes ont d'ordinaire un caractère local qui en diminue pour nous l'intérêt et la portée. Mais n'est-ce pas la marque commune de tout ce qui se publie alors sur Tantiquité? Aucune vue d'ensemble, des remarques d'occasion. Par la force des choses, les antiquaires, au lieu de diriger leurs recherches dans un sens déterminé, étudient au hasard des trouvailles. Il y a aussi beaucoup de savoir perdu. Se faire connaître est un luxe refusé à la plu[)art. Tous ne peuvent, comme le médecin lyonnais Spon, imprimer en tète d'un grand livre à figures, œuvre de labeur et de dépense : Lufiduni, Sumph'bus auctoris. Plus d'un savant, même fortuné, a reculé devant une telle entreprise, et Ton peut affirmer que plusieurs livres destinés à faire avancer la science ont ainsi dormi en manuscrit dans de poudreuses archives de province ^

Toute cette force néanmoins finit par trouver son emploi, dès la première moitié du xvin" siècle. Au lieu de se disperser ou de se perdre sans résultat, elle aura un centre, un foyer. C'est l'Académie des inscriptions, réorganisée par <le Boze, qui groupera désormais autour d'elle tous les hommes de savoir et de bonne volonté. En s'attachant à distance les académies de province dans la personne de leurs membres les plus distingués, elle formera une véritable association nationale pour l'avancement de la science française. Qu'il suffise de nommer ici, parmi ces

\. Ainsi le SpiciUqe de Galvet. llillin, qui avait vu ce recueil d'inscriptions inédites chez Calvel, le mentionne avec éloges dans son Voyage du Midi, et regrette qu'il n'ait jamais été publié. Galvet en a laissé deux exemplaires manuscrits, admirablement soignés. Il ne put les publier : ^etuit setas provectior, et prœsertim incerta morosaque valeludo. — Voici le titre complet du 2« exemplaire : Inscriptiones votive, honorificœ, sepulcraies, et promisciL-e, quarum nonnullœ in mitsœolo meo asservantiir islœ quidem, stcut e.r cseteris plurim.r, ex œre lapidibusve manu propria exscriptœ; omnes vero hactenus ineditœ, exceptis paucioribus, quœ vel mendose, vel accurale minus, ab auctoribus traditœ sunt. (Bibliothèque d'Avignon.) •^

« correspondants » qui ont bien mérité d'elle, le marquis de Caumont, d'Avignon, l'ami des Bouhier, des Montfaucon, des de Boze, des Passionéi; l'épigraphiste Séguier, de Nimes, le collaborateur de Mafféi; le numismatiste Cary, de Marseille, qui forma Barthélémy ; le baron Bimart de la Bastie, un des plus actifs et des plus versés dans les antiquités gallo-romaines; Calvet, enfin, dont nous avons déjà tant parlé, et qui ne <lépare point cette liste.

C'est un fait considérable que la transformation de la « petite Académie ». Quand de Boze, soucieux de son affranchissement intellectuel et moral, élargit subitement l'horizon de ses travaux, et, traçant de grands cadres vides, appela les quatre classes qui constituaient désormais le corps à les remplir, il ne s'attendait pas à être si tôt satisfait. D'autant plus que le labeur y fut longtemps — y fut toujours sous l'ancien régime, — obscur, sacrifié. Mais une ardeur incroyable anime ce corps modeste. 11 tient à cœur de faire oublier son origine de rencontre et de s'égaler par de grands travaux à ceux qui tiennent plus de place dans l'estime ou la faveur du public. De là chez lui un double sentiment : d'abord le respect de l'autorité royale qui, après l'avoir lié à elle pour favoriser sa naissance, l'en détachait doucement pour lui permettre de grandir; puis, le dévouement de plus en plus absolu à l'institution elle-même, l'amour de la science pour la science, l'abnégation du moine pour la congrégation. Longtemps d'ailleurs, conmie on l'a remarqué, elle eut à peine le caractère laïque *; son nom, à plus d'un titre, ne peut guère se séparer de ces grands ouvriers de l'histoire, les bénédictins de Saint-Maur. Seule, dans ce Paris du xviiic siècle, si avide de bruit et de fumée, si retentissant de discussions et d'utopies, elle renonce au monde, et vit

1. En 1700, sur trente-deux membres ordinaires, on compte encore dix abbés.

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silencieusement dans le passé. Ce contraste — un des plus curieux de cette époque si féconde en contrastes — avait frappé Barthélémy; et l'on s'associe de cœur à l'éloquente protestation par laquelle il confond les détracteurs de la frivolité française. Ceux-ci étaient nombreux à l'étrang-er, où c'était déjà une mode de dénigrer le caractère de notre nation en prônant son esprit, quand on ne s'enfermait pas, comme Winckelmann, dans le parti d'une critique amère et systématique. « Je doute cependant, écrit Barthélémy, que chez aucun peuple, on fasse à présent d'aussi grandes entreprises que chez nous *. » A coup sur, l'Académie des inscriptions pouvait s'altribuor la bonne part de ces éloges. Elle les justifiait d'autant mieux qu'elle se savait impopulaire, et que brocards, mépris, vexations même, ne réussirent ni à l'irriter, ni à ralentir son zèle. La faveur populaire allait alors aux écrivains, frondeurs du pouvoir, ou aux savants. L'Académie des sciences, orgueil de notre nation, attirait aussi tous les yeux. Illustre dès le berceau, déjà féconde en découvertes et en résultats, que ne promettait-elle à l'imagination vive d'un peuple épris de bien-être, passionné pour l'inconnu, attendant le bonheur du progrès et de l'avenir? Comment nos patients chercheurs, si obstinément penchés

1. Voici le passage. Après avoir annoncé la publication prochaine du grand dictionnaire de Lacurne de Sainte-Palaye, Barthélémy ajoute : « Ne remarquez-vous pas, mon cher ami, qu'on dit sans cesse que notre nation ne s'occupe que d'objets frivoles, et que notre littérature est aussi légère que notre caractère? Je doute cependant que chez aucun peuple on fasse à présent d'aussi grandes entreprises que chez nous. Nous avons peut-être trente bénédictins occupés de gros ouvrages, tels que la collection des Hisloi'iens de France, la Gallia Christiana, la diplomatique, les histoires des provinces, les éditions des Pères, etc. Outre le travail continu des Académies, combien de particuliers se livrent à de longs et pénibles travaux! Combien de découvertes dans la géométrie, l'histoire naturelle, les langues orientales! Si j'avais plus de temps, j'entrerais dans un plus grand détail, ou plutôt il serait inutile, car vous connaissez aussi bien que nous l'état de la littérature française, et vous riez sans doute lorsque vous entendez -dire qu'elle ne produit que de petites brochures. • (A Paciaudi, l. XXX, 31 janvier 1164.)

sur les restes du passé, eussent-ils été vus d'un bon œil par la foule, lorsqu'ils n'attiraient sur les lèvres d'un Voltaire, d'un Montesquieu, qu'un sourire méprisant? Au reste, l'œuvre de la « petite Académie », au lieu d'en souffrir, y profita. Renonçant à une popularité qu'elle n'avait d'ailleurs jamais espérée, elle se contenta d'être utile. Elle ne travailla pas pour l'applaudissement, mais pour la science et la vérité. Elle inaugura ce grand mouvement do recherche scientifique qui, un instant ralenti par la Révolution, a repris après elle un si prodigieux élan. En vain, notre siècle, justement fier de ses découvertes, réclame-t-il l'honneur de l'avoir créé : il faut bien reconnaître que ce mouvement est plus ancien que lui, que les différences sont plus apparentes que réelles, qu'enfin, l'ancienne Académie des inscriptions gagnerait à être mieux connue. Si les érudits de notre temps ont lié les gerbes, c'est elle qui a préparé la moisson \

Enfin, parmi les titres dont elle peut se réclamer, le dernier, et non le moins sérieux, est d'avoir servi de trait d'union entre l'Italie et la France. La langue et la littérature italiennes sont pratiquées chez nous dès le xvi« siècle; Tart de l'Italie, en général, est déjcà moins connu; les travaux des savants ne le sont pas du tout. L'élégance et la mode sont pour beaucoup dans les rapports entre Français et ultramon tains; le besoin de savoir, pour presque rien. C'est l'inverse qui va maintenant se produire; et l'effet sera durable, définitif. Il était naturel qu'au lendemain de sa « régénération », l'Académie tournât les yeux vers la terre classique des arts et du bien dire, vers le berceau de la Renaissance. A cette époque, l'Italie ne produit guère; elle jouit de ses richesses, elle

ri' ^^/'* ^' '^'^"^^'' ^'^"^^■^'»'*^ ^^û^- des insciHptions, - Cf. Brunetière l Erudition contemporaine et la littératitre française au moyen âge. (Revue des Deux Mondes, 1er juin 1879.) *' {^evue

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les laisse entrevoir au voyageur émerveillé '. Voilà bientôt ses collectionneurs, ses savants prélats, attachés à l'Académie par ces litres qu elle distribue d'abord un peu vite, heureuse d'étendre ses relations, — puis avec lenteur et discernement, lorsque le haut prix attaché à ses faveurs lui permet de choisir. Les cabinets des curieux italiens sont en peu de temps aussi connus chez nous que de l'autre côté des monts. De part et d'autre, on s'empresse à communiquer le dessin d'un monument singulier, le résultat d'une découverte K On interprète à distance d'après une description; les commentaires contradictoires provoquent quelque nouveau voyage : l'heureux visiteur, à son retour, enflamme le zèle de ses confrères par son récit. L'enthousiasme gagne de proche en proche : très fervent chez nous, il profite plus à la science ({u'édits et que cré- ' dits ^ L'Académie des inscriptions ne quitte plus Rome des veux : car entin l'Italie c'est Home, et Rome est pour le xvuf siècle à peu près toute l'antiquité. L'Italie de son côté, active à amasser, paresseuse à écrire, nous envie ce corps de travailleurs, impénétrable aux nouveautés dangereuses, non moins respectueux de TÉglise et de la royauté que dévoué à la science. Cette « sagesse' », qui nuit en France à sa renommée, y aide à Tétrang-er. L'Académie est cependant, s'il faut tout dire, plus admirée sur parole

1. Voir le récit de ces visites dans Duinesnil, les Voyageurs français en Italie depuis le xvi« siècle jusqu'à no^ Jours. Paris, Renoiiard, 1865.

2. Rien ne démontre mieux la fréquence de ces rapports que le Recueil de Lettres sur les arts publié par Bottari : Raccolta di lettere..., etc., dont il a été parlé maintes fois plus haut.

3. Barthélémy à Paciaudi : « Rassurez bien vos compatriotes,... nous vous rendons plus de justice.... Vous qui êtes venu en France, n'avezvous pas vu mille fois avec quelle chaleur nous parlions des beautés de l'art et de la nature que vous avez sous les yeux? Pour moi qui aime la Grèce avec fureur, et qui à chaque pas ai cru la reconnaître en Italie, j'ai ma conscience bien nette sur tout ce que j'ai pensé, dit ou écrit sur ce beau pays -. (L. XXIX, 17 décembre 1163.)

4. Batteux, Foncemagne, reçoivent pension du roi « pour leur sagesse ». (Bersot, XVIll^ Siècle, p. 115.)

que vraiment connue*; qu'importe au demeurant? Elle n'en subit pas moins le contre-coup direct, immédiat, de tout événement arcliéologique de quelque importance. Elle est l'écbo de l'Italie, et un écho qui parle à l'Europe. Il est naturel que, dans cet ordre d'études, elle retarde un peu. Ce retard n'est pourtant pas tel qu'on pourrait l'imaginer. S'il y a chez les savants italiens de cette époque une plus grande connaissance des monuments, il y a peut-être chez les nôtres une plus grande connaissance des textes, moins de prolixité, et plus de sens dans la discussion. Les uns comme les autres sont d'ailleurs incapables de trouver les solutions cherchées, puisque la méthode est encore à découvrir. Les discussions oiseuses des uns, les rêveries aventureuses des autres, les mettent à peu près de pair, sur deux terrains très voisins, quoique distincts. Si chez nous on croit trop que les textes contiennent l'alpha et l'oméga de l'art, qu'on se rappelle par contre le désarroi de l'archéologie italienne quelques années avant les fouilles d'IIerculanum, et même quelques années après, du temps « du Baïardi ' », et de l'Académie Ercolanèse. D'un côté comme de l'autre, on cherche dans la nuit : et notre Académie des inscriptions, malgré tant de mérites que nous nous sommes plu à signaler, ne pouvait se distinguer que par une stérile fécondité. Ses efforts n'amènent pas la découverte de la science, mais seulement l'accroissement du nombre des antiquaires.

On a quelquefois distingué dans l'histoire des études archéologiques trois périodes : la période artistique, la

1. Au xviiie siècle, nombre d'Italiens la confondent encore avec l'Académie des sciences. — Ses Mémoires sont peu lus, comme l'attestent les remerciements de Paciaudi à Caylus, qui lui a fait présent de la collection complète,

2. Sur cet extravagant personnage, voir Barthélémy, Voyage en Italie, Paris, 1802, lettre XX.

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période des antiquaires et la période scientifique *. Cette division nest pas seulement commode; elle est juste et profonde. Comme toutes les manifestations de l'activité humaine, l'étude de lart antique a sa marche propre et suit son évolution. Simple objet d'imitation au début, celui-ci éveille l'imagination de l'artiste et lui suggère ridée de formes nouvelles; objet de connaissance, il pique la curiosité de l'érudit, qui discute, compare, ébauche un grossier classement; symbole d'une civilisation, il raconte enfin l'histoire de l'âme humaine aux interprètes de génie que lui suscite une intelligente admiration, h' archéologue, le héros de cette dernière période, a été chez nous maintes fois et supérieurement défini \ ^antiquaire du dernier siècle est peut-être un peu moins connu.

Le mot paraît vague au premier abord; il l'est en effet, et cependant il s'entend. L'antiquaire est par définition Tami de l'antiquité, une sorte iï amans rei antiquariœ . Mais cette chose, res, est si variée, comporte des études si différentes! 11 faut d'ailleurs signaler, entre autres nuances, l'ambiguïté capitale qui donne au terme quelque confusion. La littérature étant mise à part, il reste de l'antiquité deux objets d'étude, les monuments et les institutions. C'est pour les amateurs des premiers que le mot d'antiquaire semble avoir été créé : antiquaire, quiconque rassemble des monuments figurés et en forme un cabinet; antiquaire, celui qui les publie et les explique; antiquaire même celui qui les procure au collectionneur, ou qui en fait commerce : le bric-à-brac devient un art. En Italie, r « antiquaire » est le maréchal de la brocante \ Bientôt

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