‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 200 sur 236 · I.VI, viij · texte numérisé non relu

I.VI, viij

ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

former, sans d'auUes secours, de très bons antiquaires ». La conjerture pourra alors porter ses fruits, à condition que Ton se mette en ^arde contre le. plaisir de la découverte; que Ton « assortisse ses idées à tout ce que Ton sait delà nation »; que Fou se rappelle toujours les « raisons d'utilité » qui ont i»u amener la fabrication de r<d)jel ; les circonstances de la découverte, etc.; qu'enfin on bannisse de son esprit toute espèce de système. Ce dernier point surtout est touclié par C^aylus avec beaucoup de force. La prévention est une (< maladie de Tesprit », entretenue par un excès d'amour-propre; elle u s'oppose au plus léger .cbangement dans le plan que ranti(|uaire s'est formé ». Ne ressemblons pas il cet entêté ([ue Caylus nous rei^résente (( assis sur un groupe tle nuages formé des vapeurs de son cerveau » {sic). Il est savant, d'accord; mais que peut la science sans la raison? « Pour assortir, pour lier les parties de son système, il force sans cesse les idées les plus disparates de se réunir à celles dont il s'applaudit d'être le créateur. » Aussi qu'arrive-t-il? « L'esprit asservi méconnaît la simplicité; le bon sens n'est pas écouté; il faut que le savoir et l'érudition s'épuisent, pour donner quelque réalité à des cbimères. » On se gardera de ce grave défaut en apportant à la lecture un esprit « uniquement occupé du vrai, et non préoccupé de quelque opinion cbérie ». Sinon, la science sera elle-même une pierre d'acboppement, et l'on sera d'autant plus aveuglé qu'on saura davantage. Car alors « on ne trouve dans les livres que ce qu'on y cliercbe » '.

Mais, si Caylus veut l'antiquaire impartial, il le veut aussi ingénieux dans ses rapprocbements, attentif au mioindre indice, capable d'analyse, de méditation, d'invention. 11 se détachera de tout préjugé, vérifiera et raison-

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