Liv. II, chap. m, S
2. Cf. sa conclusion sur les Élrus«iues, liv. III, chap. m, S 49.
LA THÉORIE. — CAYLUS ET WINCKELMANN
déjà \ l'archaïque, l'archaïstique et l'étrusque; épris d'abord de l'Egypte, il veut que l'art soit d'origine égyptienne; épris plus tard de TÉtrurie, il le veut surtout étrusque. S'il avait vécu davantage, il l'eut peut-être rattaché à cet Orient dont il commençait à s'enquérir de façon singulière. Il a ainsi ses hypothèses préférées, comme un certain nombre d'idées lixes. La plus curieuse est cette croyance à une destruction svstématique opérée par plusieurs peuples des œuvres de leur art le plus ancien, pour en dissimuler l'origine étrangère '. Il croit encore que certains peuples ont pu cacher jalousement leur art pour empêcher qu'on le leur dérobât; <iue d'autres ont accompli des vols de ce genre avec une préméditation vraiment tragique. Il écrit du plus grand sérieux : « L'Égyptien s'est caché pour conserver la supériorité qu'il avait acquise, dans l'espérance maladroite de survivre à tous les temps. Son propre mystère l'a desservi. Le Grec s'est llatté de voler impunénent les Égyptiens; il a compté sur leur mépris, ou [dutôt sur leur inaction, qui lui persuadait qu'ils ne revendiqueraient jamais ses larcins, malgré la grossièreté du voile. On peut même ajouter que la vanité du Grec lui a souvent persuadé des mensonges ^ » Il dit ailleurs des Grecs et des Étrusques : « Les Grecs négligèrent bien souvent de remonter à la source des connaissances qu'ils avaient perfectionnées, et ne reconnaissaient devoir quehpie chose à des étrangers que lorsque l'évidence leur arrachait cet aveu. Leur silence sur les Etrusques me semble infiniment suspect \ »
Enfin, les Phéniciens trouveraient aussi à se plaindre s'ils étaient gens à réclamer. Mais « il paraît qu'ils ont laissé aux Grecs une liberté entière pour dire, ou plutôt
1. Justi, Winck., sein Lehen, etc., au chap. Caylus, p. 86 et suiv.
2. On voit que Winckelniann a pris le contre-pied de cette thèse.