V. Perrot et Chipiez, Hist. de l'Art, 1 et H
ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS
méthode pour Texplicatioii du premier art grec . Comment ne pas le louer de ces à peu près si propres à mettre la science dans sa vraie voie, à une époque où Tobscurité profonde qui enveloppe l'art lui dicte ces lignes : « Nous sommes comme des aveugles qui cherchent à tâtons et saisissent plusieurs objets avant de rencontrer celui qu'ils cherchent »? C'est donc la sûreté de cette marche générale, en dépit des faux pas, qui le recommande à notre estime. Il a eu, à un degré très élevé, Tinstinct de la science telle qu'on pouvait non la réaliser encore, mais la rêver. Il a eu encore, fait non moins remarquable, le sentiment de ce pi^ovsisoire qui devait, longtemps encore, frapper de discrédit la plupart des solutions particulières, ce qui ne Tempêchait pas de les trouver nécessaires, quoique, et même parce que provisoires. Lui qui symbolise la science sous cette figure « d'hommes qui grimpent sur les épaules les uns des autres », écrit encore avec une admirable lovauté : <( J'ai dit alors ce que je savais; j'en agis de même aujourd'hui, et je 7ie sais ce que je dirai dans la suite^ si, en acquérant de nouvelles connaissances, si en comparant les monuments connus avec des monuments que je ne connaissais pas,... je suis forcé de convenir que je me suis encore trompé. L'aveu de mes erreurs servira du moins d'exemple. C'est dire assez que je ne demande aucune indulgence pour celles qui me sont échappées : les hommes doivent-ils avoir d'autre objet que la vérité? * »
Pour tant de raisons, il méritait de survivre et, quoi qu'on dise, il a survécu. Ou plutôt, son influence a duré plus que son nom. Il a créé à la science des besoins nouveaux qu'il a fallu satisfaire : il a tracé à l'archéologue de nouveaux devoirs dont celui-ci ne s'est plus impunément