Lettre à son fils
4. Philippe Le Valois, marquis de Villette-Murçay, avait épousé en juillet 1062 Marie-Anne de Châteauneuf; en 1695 il épousa Mlle de Marsilly (élevée à Saint-Cyr, la Zarès iVEsther), qui devint ensuite Mme Bolingbroke. Cette belle-mère de .Mme de Caylus était plus jeune qu'elle; ses filles étaient aussi plus jeunes que le comte de Caylus. Aussi celui-ci donnait-il le nom de « petites sœurs » à ses jeunes tantes.
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4 ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS-
L'un mourut prisonnier do guerre à Turin. Un autre, le marquis de Murçay, un enfant, se haltait à côté de son père h Li{)ari, recevait sa [>remière blessure à Agosta, et, à l'âge de huit ou neuf ans, était nommé enseigne sur le champ de bataille. T.o jeune liéros devait mourir à vingt-cinq ans en chargeant le IloUandais à Nerwinde, à la tète du régiment des dragons de la reine dont il était colonel. Un autre enlin, le plus jeune fils du vieux marquis et de Mlle de Marsilly, frajtpé mortellement à Belgrade, succomba après quelques jours de cruelles souiïrances. Il n'avait pas vingt ans (1717) '.
Du côté desdaylus, la race n était pas moins opiniâtre et batailleuse. Témoin les deux oncles paternels du comte. L'un , l'évécpie d'Auxerre , l'apôtre du jansénisme et l'adversaire intraitable de la bulle l'nifienitus, fut le plus fougueux (le ce petit groupe de prélats qu'on avait surnommés « les derniers des Romains - ». L'autre, le chevalier de Caylus, forcé de passer les Pyrénées à la suite d'un duel avec le comte d'Auvergne, servit avec éclat en Espagne, mourut vice-roi de Valence et généralissime. Témoin enfui « (iavlus » lui-même , comme dit Saint- Simon, ce mari consigné loin de sa femme, qui, avant de finir en soudard, avait pourtant su vivre en soldat.
Le jeune comte avait de cjui tenir. Il semble avoir eu de bonne heure un caractère très résolu. Cependant nous sommes un peu réduits là-dessus à des conjectures. Sur sa première enfance, sur son éducation, les renseignements nous manquent. Il est probable qu'il fut élevé, ainsi que son jeune frère le chevalier, par les soins de l'évèque d'Auxerre. Lui-même, dans le seul passage où il parle de ses premières années, nous apprend qu'à Auxerre il fut
1. Voir Hist. de Mme de Maintenon, par le duc de Noailles; — Mme de Maintenon et sa /'cwùlle, par H. Bonhomme. Didier, 1863.