Vie de Watteau, par Caylus
ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS
SA JEUNESSE
travaillant de la sorte que Caylus conçut la pensée de graver les principaux dessins du cabinet Grozat et de les répandre [)armi les artistes \ Nulle entreprise n'était plus propre à ramener nos {>eintres dans la voie du goût, à leur faire aimer les maîtres et la vraie nature. iNuUe aussi, pour le dire en passant, n'allait plus à l'encontre de l'influence de Watteau, qui, quoique grand admirateur d'un Rubens, pécbait trop par l'ignorance de l'anatomie et l'absence de passion -. Mais Caylus, on le voit bien par la biograpbie qu'il a laissée de son ami, ne s'abusait pas sur les défauts séduisants de Watteau. C'est justement cette familiarité et ce travail en commun (|ui lui ont permis de le juger si bien, inius et in ciite.
Grâce à ces premiers travaux, grâce au dévoué Mariette et. à la famille Grozat, Caylus commençait à être fort connu dans le monde des artistes et des amateurs. La réputation, (ju'il ne cliercbait pas, vint le trouver. Lui, cependant, incjuiet de ce bruit, embarrassé de ces éloges, ne songeait qu'à les justitier. Telle est, de 1720 à 1730 environ, sa préoccupation constante. Les rares lettres que nous avons de lui, ou celles qui ont trait à sa personne, nous le montrent infatigable, toujours mécontent de lui-même, poussant ses études artistiques dans tous les sens, ici s'attacliant à Boucliardon et apprenant en quelque façon la sculpture à son école, là provoquant la lettre de Mariette sur Léonard et gravant les fameuses Caricatures ^; ailleurs demandant à son ami l'explication des pierres gravées du Cabinet du roi, qu'il reproduit à Teau-forte de concert
i. Lettre de Crozat à Gabburri, 19 mai 1724. {Recueil de lettres sur la peinture, la sculpture, etc., par Jay, 1811, ouvrage traduit et réduit du recueil plus considérable de Botlari : Raccolta di lettere..., etc.) — C'est très probablenienl Caylus tjui donna à Crozat l'idée de publier ses dessins. Le Cabinet Crozat forma deux beaux volumes in-f». (Voir aux Estampes.)