‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 73 sur 236 · Villol, Cabinet de V Amateur, IV, n · texte numérisé non relu

Villol, Cabinet de V Amateur, IV, n

ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

Cependant, même sur ce dernier article, il faut distinguer les époques. A les prendre en bloc, on serait trop sévère. Caylus, au début, n'est rien moins qu'un cynique. Entre la vingtième et la trentième année, c'est plutôt un observateur, voire un sentimental '. Le surnom que lui donne sa mère, \e philosophe, est déjà significatif. Il incline au moraliste. Il aime à consiirner par écrit une réflexion, à commenter l'impression qu'il reçoit des hommes et des choses. Lui-même, dans ces confidences qui furent courtes et pour cause ^ lui-même s'analyse^ s'étudie avec un mélange de complaisance et de sincérité qui n'est pas sans charme. Dans les feuillets très authentiques des Mémoires et Réflexions '\ nous pouvons prendre au vif la vie intime de Caylus dans la période de transition, entre l'adolescence et l'âge viril. Il y règne une délicatesse de goiits et de sentiments dont il faut certainement faire honneur à cette mère charmante qu'il aima jusqu'à en devenir meilleur. Sur Paris, sur la société, sur les mœurs, il jette en passant plus d'un joli et piquant aperçu *. Sur les femmes, la note

1. « Le rossignol chante toujours la même chose et cependant il plaît : c'est qu'il chante l'amour, c'est qu'il aime. En effet, rien se peut-il comparer au charme de la voix dans un cœur persuadé? » {M^m, et Rtf/l., 22.) — Cette dernière lipne, pour qui connaît le personnage, est tout à fait étonnante.

2. Les derniers feuillets de Mémoires et Re'flexion.f, d'une date bien postérieure, ne nous donnent plus que des anas, ou des bons mots. A cette <lale, Caylus n'est plus qu'un conteur égrillard; le sentiment n'a rien à voir avec ce qu'il écrit.

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