CHAPITRE m
Caylus anti((uaire. — Rapports avec Barthélémy. — Le Cabinet de Caylus. — La Correspondance avec Paciaudi. — Brocanteurs et faussaires. — Le Recueil. — Calvet; les correspondants de province.— Les dernières années; — la mort (1765).
Si nous avons réussi, dans les pages qui précèdent, à montrer sous leur vrai jour certains traits de la physionomie de Caylus, le portrait n'est pourtant pas complet. Maint détail intéressant y manque encore. Caylus, plus de la moitié de sa vie, fut surtout, il est vrai, un amateur de toutes choses, une sorte de Polyphile artiste et critique; mais durant les vingt-cinq dernières années, il fut surtout un antiquaire convaincu et passionné. Ses travaux sur les antiquités sont très considérables : aux mémoires vagues et timides du début succèdent bientôt d'autres mémoires plus précis, plus approfondis, phis nombreux. A l'Académie des inscriptions comme à l'Académie royale, Caylus s'éprend de plus en plus de sa nouvelle étude; il s'en pénètre, il finit par y exceller à sa manière. Comme ou l'a écrit avec justesse, « il débute comme un amateur et finit comme un érudit * ». Ainsi s'appellent et se complètent mutuellement, dans ce solide cerveau, les connaissances et
1. Max. Collignon, Leçon d'ouvert, du /^Janvier 188i (p. 14).
ESSAI SLR LE COMTE DE CAYLUS
Caylus. A-t-il pour auteur Caylus lui-même, comme le disent les derniers vers, c'est ce i\ue nous n'oserions affirmer. En tout cas, nombre de traits nous semblent applicables à Caylus, et tracés par un ami qui le connaissait bien. Le tout a suffisamment d'agrément pour qu'on nous excuse, même dans le doute, de le transcrire ici :