‹ De Moise à DavidChapitre 9 sur 106 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

Dût -il en être ainsi aiijourcriiui des travaux de la science apologétique , les ouvriers évangéliques ne devraient point en suspendre le cours. Mais nous défendons la plus sainte , la plus grande , la plus sacrée des causes; elle se relèvera victorieuse, quand on la croira perdue. Contre la négation de Dieu protestent victorieusement la conscience humaine et Fharmonie de l'univers; contre la négation du Christ et de son Eglise se dressent le messianisme, l'Evangile et dix-huit siècles de christianisme.

Le saint homme Job est, suivant les Pères, un type de l'Eglise militante. Dieu permit, à cause de cela sans doute, qu'il fût soumis aux plus dures épreuves. Pendant qu'il épuisait goutte à goutte le calice de l'humiliation, ses amis, sa femme même, le raillaient et l'accablaient de leurs accusations menteuses. Parce qu'il était éprouvé, on le déclarait coupable. Parce qu'il était abandonné, trahi de ceux qui l'avaient naguère entouré et fêté, on voulait qu'il eût commis des fautes très graves contre Dieu et contre les hommes. Il était déchu d'une grande situation sociale, frappé dans son corps, blessé au cœur, relégué sur un fumier, n'ayant plus d'autre consolation que la fidélité de ses chiens : le Ciel lui-même se déclarait donc contre lui. L'opinion versatile des hommes, car c'était elle qui, suivant les anciens commentateurs, était représentée par la femme de Job, l'opinion affolée déversait sur le juste ses reproches et ses moqueries : ne devait-il

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