‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 1 sur 119 · LA STATUE DE WASHINGTON · texte numérisé non relu

LA STATUE DE WASHINGTON

(Union-Square).

Îl n'avait pas de sceptre, il n’avait pas d’hermine, Pas d’adorateurs plats, rien de cette vermine

Que les chiens vagabonds ramassent dans les bois, Point de couronne, point d'écharpe, point de croix : Il était citoyen d’un peuple par lui libre,

Il était tout-puissant. Une chaine, üne fibre,

Tout un culte attachait tous les cœurs à son cœur, Et nul ne fut jamais plus pur que ce vainqueur. Aussi, dans cette ville où chacun se sent homme, Où le marchand est roi, le paveur gentilhomme, Où le soldat remet l'épée au citoyen,

À-t-il, le chef grandi jusqu’à l’homme de bien,

Obtenu seul un bronze équestre. — Honneur sévère De garder cette épée et ce cheval de guerre ! L'exemple et le conseil qu'il laisse aux nations Flétrissent pour jamais les usurpations,

Et ce front découvert que l’air libre environne ’asse de haut tous ceux que l’or fermé couronne ; La loi l’occupe plus qu’un salut du canon ;

On voit que, chef encore, il songe à Mont- Vernon ; Son visage tourné vers l'Océan appelle

La vieille Europe au droit des temps nouveaux qu'épèle Paris, et que déjà lit Mondowish, au fond

Des marais et des bois du Wisconsin profond.

New-York, 20 octobre 1863.

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