‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 3 sur 119 · COURSE AU CANADA · texte numérisé non relu

COURSE AU CANADA

Le monstre incendie Nous lance à travers Champ, bois et prairie ; Plus d’herbe fleurie, Mais pommiers couverts ; C’est la Normandie Superbe, agrandie,

Avec ses prés verts.

Le maïs grelotte

Au nord de Boston:

L’Ontario flotte

Au port de CHARLOTTE Avec le doux ton

Du vin qui sanglotte En lavant la glotte D'un buveur glouton.

0 France lointaine, N'est-ce pas ta voix Qui là, dans la plaine, Passe avec l'haleine

A :ÉRIQUE.

Des eaux et des bois ?

Oui, c’est bien latienne Cette langue ancienne Au timbre françois.

Quand, par aventure, Nous passons ton seuil, CanaDa, verdure

Des pins, Ô pâture

De notre long deuil, Tout lieu nous adjure Par Bonaventure

Ou par Argenteuil,

Voilà bien tes îles,

Tes cantons indiens.

Les aspects tranquilles

Des fleuves, tes villes

Aux vieux noms chrétiens, Mais où, mains viriles,

Où tes Ibervilles,

Les Cids canadiens ?

Le canon couronne Le front de Quésec.

0 triste couronne!

Tandis que rayonne

L'eau près du quai sec, L’aigle s'éperonne, Menace, plafonne Ettend griffe et bec.

La lourde conquête, 0 cap Diamand,

Elle est sur ta crôte, Tout armée et prête Pour l’écrasement.

Adieu gloire, fête !

Détournons la tête Douloureusement *.

La Terre sereine

Couvre de ses chants

Les meurtres ; la reine

Fait mürir la graine

Pour tous dans ses champs.

Et, Cérès sirène,

Assoupit la haine

Chez ses fils méchants.

* Voilà comme il ne faut pas se hâter d'emprunter à Jérémie ses tristesses. Au moment même où ces rimes s'envolaient, l'Angleterre favorisait des projets de confédération presque Libre ui n’alourdissaient pas sur le Ca-

nada la chaîne dont le bout est à Londres,

MowrnéaL fredonne

Nos vieux airs encor

A mainte huronne Nippée en luronne

Avec perles d'or,

Qui, douce, abandonne Ou vend ce qu’on donne Aux monts de Cawdor.

Mœurs de Sem*, poèmes, Vous êtes des lois,

Et les sages, blèmes,

A bout de problèmes,

A bout de pourquois, Chercheront eux-mêmes Des leçons suprèmes Chez les Iroquois.

* Des savants américains ont cru reconnaitre quelque arenté entre les sauvages de leur pays et les Sémites. ls ont notamment constaté des analogies entre la forme

du nez des Peaux rouges et celle du nez que Henri Heine ne respectait pas toujours chez les hommes de son cousinage.

AMÉRIQUR,

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