MATINÉE D'ÉTÉ (PICARDIE
Tandis que dans les champs tout s’agite et travaille, Que les blés en faisceaux sont noués par leur paille, Que déjà la charrue a fendu le sillon,
Et que du braconnier au rustique sayon
Le fusil jette au loin des éclairs dans les plaines, L'immobile château ferme encor ses persiennes.
Et pourtant le soleil monte sur lorient ;
Le ciel rit dans l’azur, et, comme lui riant,
Le sol, tout parsemé de cailloux, étincelle ; L’araignée au long fil, qu'une embüûche recèle,
Fait jaillir au soleil sous son pied diligent
L'eau de la nuit qui reste à ses toiles d’argent. Oh! les sots possesseurs de toutes ces merveilles Qui gaspillent le jour pour de prodigues veilles !
12 juillet 1847.