‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 69 sur 119 · AUTRE VOIX · texte numérisé non relu

AUTRE VOIX

Levez-vous, Dieu, secourez-nous, Car notre âme est humiliée,

Et nos coudes et nos genoux Frappent la terre balayée

Par le vent de votre courroux.

Levez-vous, Dieu, secourez-nous.

me

Et les piques déjà brillaient, moisson mouvante, Et parmi les Hébreux grandissait l’épouvante.

LE CHOEUR

Est-ce donc ainsi, Dieu cruel Que tu fais de nos maux tes plus chères délices, Et que ton sanguinaire appel Livre notre vie au supplice, Notre mort aux oiseaux du ciel ?

Or les Égyptiens, dans un espoir superbe, Disaient en se comptant: Ce peuple a trop vécu, Il fuyait triomphant, il s'arrête vaincu.

Je passerai sur lui comme la faux sur l'herbe.

UNE FEMME, & Moïse.

O prophète ! ton Dieu, nous disais-tu, voulait Multiplier nos fils ainsi que les étoiles Qui trament de la nuit l’étincelant filet ; Et voilà qu’une nuit, nuit morne et sans reflet, Va les prendre tous en ses voiles ; Notre sang tarira bien avant notre lait.

L’armée égyptienne, avec un bruit sauvage, S’avançait comme l’eau qui vient battre au rivage.

LE CHOEUR

O prophète imposteur ! c’est ton orgueil, c'est toi Qui nous perdis toi, qui nous braves ;

Toi qui mis contre nous l'arme aux mains de ce roi :

Car il nous valait mieux subir ses lois, esclaves, Que, libres, les fuir sous ta loi.

Etles Hébreux semblaient comme,après un naufrage, Des malheureux jetés sur cet écueil étroit Que les flots opposés battent d’un double orage

Et qui, d'heure en heure, décroit.

MOÏSE

Dieu brisera l'arc et les flèches,

Il rompra les chars à l’essieu

Et, comme un tas de feuilles sèches, Il jettera les dards au feu.

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