ORLÉANS. — MUSÉE
215. De Lafosse (Charles). Scène biblique. — 218. Houet (Gérard). Un joueur de flûte. — 226. Demarne (Jean-Louis). Boutique de marchande de friture en plein vent. — 227. Bol (Ferdinand). Portrait d'une femme âgée. Excellente peinture. — 234. Naloire (Charles). Entrée à Orléans del'évêque Paris (esquisse).— 238. Inconnu. (École espagnole ou napolitaine.) Saint François aux Stigmates; ce tableau provient du château de Richelieu. — 240. Inconnu. (École espagnole.) Un apôtre. — 244. Attribué à Van der Plas. Une tête de vieillard. — 273. Champaigne (Philippe de). Saint Charles Borromée à genoux devant un autel. — 274 (Ce tableau porte le n* 272). Teniers (David), le jeune. L'Écureuse et le Jardinier. — 275. Lucateîli (Pietro). Cabaret italien. — 283. Attribué à Devriendt, dit Frank-Floris. La prison de saint Pierre au moment de sa délivrance par l'ange. — 289. Decker (Conrad). Un paysage.
307. Inconnu. Beau portrait d'homme. — 312. Inconnu. Un rabbin dans son cabinet. — 314. Giordano (Luca). La charité romaine.
438. Attribué à Schalken. Jeune homme cachant avec sa main une bougie allumée. — 475. Cambiasi (dit le Cangiage). Les Israélites aux pieds du serpent d'airain. Ce remarquable tableau faisait partie d'une série de quatre tableaux du même maître et de la même grandeur ; les trois autres, représentant l'Adoration du veau d'or, le miracle des cailles et Moïse frappant le rocher sont en la possession de la famille Luzarche, à Tours. — 483. Basson. L'enlèvement des Sabines. Ce tableau provient du château de Richelieu. — 498. Pignerolles. Pèlerinage à Notre-Dame de Lorette. Salon de 1848. — 499. Belle copie plus grande que l'original (il est au Louvre) de la Fête de village, par Rubens.
503. Gérard [\e baron François). Jésus descendant sur la terre et dissipant les ténèbres. Ce tableau, commencé par Gérard qui y a travaillé le 6 janvier 1831, cinq jours avant sa mort, a été achevé par Mlle Godefrov, son élève. — 504. Antigna (Alexandre), d'Orléans. Après le bain. Salon de 1849. Ce tableau, dans lequel on remarque surtout de belles études de femmes nues, avait été acheté par le ministre de l'Intérieur et donné au musée d'Orléans. Depuis 1852, il a été retiré du musée ; il est aujourd'hui déposé dans la salle de la Tour où l'on peut le voir et le copier. — 511. Fiers. Paysage. — 516. Inconnu. Paysage. -517. Pompco Battoni. Vulcain. —526. Fragonard (Nicolas). Offrande i l'Amour. — 533. Carie Maratte. Copie des plafonds de la Farnesine d'après Raphaël. — 552. Dietrich. Martyre de Saint-Êtienne. — 562. Le- ™>t>. Portrait de Jousse, esquisse superbe.
On a réuni, dans une salle attenante à la tour du Beffroi, tout ce qui concerne Jeanne d'Arc.
2° Dessins. La collection des dessins est beaucoup moins nombreuse, et surtout moins intéressante, que celle des tableaux.
Elle se compose principalement d'oeuvres modernes. Parmi les maîtres anciens qui y sont représentés, on peut mentionner :
8 et 23. Le Guerchin. — 10. J. Jordaens. — 32. Biscaino. — 54. Van der Meulen. — 65. Carie Vanloo. — 87. Bronckhorst. — 88. Jean Quellinus. —108. Géricault. — 110. Callot. —145. Girodet - Trioson. - 146. Le Bourguignon.
3° Statues et sculptures. — Saint François portant les instruments de la Passion. — Jésus montant au Calvaire. — Bas-relief en marbre de Carrare, représentant la Vierge, l enfant Jésus et saint Jean. — Bacchante portant sur son épaule un jeune faune qui mange du raisin. Statuette en terre cuite par Claudion. — Vénus surprise au bain, par Pradier. — Statue en bronze de la République, donnée par le ministre de l'Intérieur, d'après le vœu de l'artiste. Cette statue est de Louis Roguet, d'Orléans, mort à Rome en 1851. 11 avait obtenu, en 1846, le grand prix de sculpture. Ses beureux débuts promettaient un grand artiste à sa ville natale et à la France; sa fin prématurée a mérité des regrets universels. — Louis Roguet. Statue en plâtre de Philoctète quittant l'île de Lemnos. — Statues en marbre de Pradier, de Moldnech et de Villain. — Statuettes en bronze.
4" Estampes. — Une très-belle collection d'estampes a été réunie au deuxième étage de la tour du Beffroi. La moitié de ces estampes provient de l'ancien dépôt de la bibliothèque de la ville, l'autre moitié du cabinet de feu M. Leber. Ce dernier a classé sa collection de façon à présenter une histoire complète de l'art de la gravure, ce qui en double l'intérêt.
Musée d'histoire naturelle. Les salles de ce musée, qui ne peut guère intéresser les étrangers, renferment quelques animaux bien conservés, et de beaux échantillons de minéralogie.
Un musée historique a été récemment établi dans la maison de Diane de Poitiers (rues Neuve et aux Ours) qui a été restaurée; il comprend de nombreuses antiquités, autrefois déposées dans les salles basses de l'ancien hôtel de ville. On y remarque surtout des inscriptions romaines ; des sculptures et des meubles du moyen âge ; deux beaux vitraux; les bustes de Laurent de Médicis et d'une femme de la même famille, d'après Michel-Ange.
Parmi les objets les plus intéressants réunis dans ce musée, nous mentionnerons :
Deux colonnettes en pierre de liais, provenant d'une cheminée d'une
ancienne maison d'Orléans. — Calvaire dont toutes les figures sont en ambre jaune et en ivoire. — Armoire du temps d'Henri III. — Buste colossal en plâtre de Jeanne d'Arc, tel qu'il existe sur le monument de Domremi. — Cheminée en pierre, provenant de la rue Pierre- Percée, à Orléans : le plus bel ornement du musée. — Très-beau meuble du temps d'Henri IV. — Un cabinet à trois compartiments revêtus d'émaux. — Statue de la Vierge, en marbre blanc. Cette statue, ouvrage du xiv e s., provient de l'ancien monastère de la Cour-Dieu; la main gauche, la couronne, le nez de la Vierge, le bras et le nez de l'enfant, qui avaient été mutilés, ont été restaurés par M. Dantan aîné.
L'adoration des Mages, grand bas-relief en marbre de Carrare : xvr s. Toutes les têtes ont été mutilées. — 109. Meule entière de moulin à bras, en usage chez les Romains, trouvée à 17", 60 de profondeur, lors des fouilles faites dans l'ancien grand cimetière d'Orléans, pour la construction des Halles. — Inscription romaine, trouvée dans les fouilles de la fontaine de l'Étuvée. — Antiquité romaine (bas-relief représentant un luperque ou prêtre du dieu Pan, selon quelques antiquaires, monument d'un conducteur de voitures, d'après d'autres), trouvée près de la Loire dans les murailles de l'enceinte romaine d'Orléans. — Meuble du xvi* s. — Deux burettes, bien conservées, par Bernard de Palissy. — Deux bahuts. Ils ont 2 mèt. de longueur, 64 cent, de largeur et 66 cent, de hauteur. Le bas-relief du premier, qui décorait la sacristie de l'église de Saint- Aignan et qui date du règne de Louis XI, représente le sacre de ce roi. Celui du second, qui provient de Gien et qui a été fabpiqué au xv° s., en Allemagne, est divisé en cinq compartiments où sont représentés le jugement de Salomon , David et Bethsabée, et la mort d'Absalon. — L'un des feuillets d'un diptyque dont l'origine est inconnue. — Bas-relief en ivoire du xv e s. — iésus prêchant au milieu des docteurs, relief en nacre de perle, par Gaulette de Dieppe.
Admirable bas-relief en bois représentant une bataille, par Burgmayr d'Augsbourg. — Statue en bois de la sainte Vierge. Cette statue, peinte et dorée, était placée dans une niche au-dessus de l'ancienne porte Bannier, construite en 1486 et détruite en 1754. — Soucoupe attribuée à Pierre Raymond, de Limoges.
Cheminée en bois. Elle provient de l'ancien couvent des Bénédictins; les supports ont été pris dans une maison de la rue Neuve, actuellement démolie. — Bénitier (ou brasero) du xur s. — Bénitier en pierre de l'abbaye de Salnt-Mesmin. — Cabinet gothique dans la tour. Boiseries provenant d'une maison située rue Pierre - Percée , à Orléans. — La croisée. — Grand coffre à hardes. — Belle table du xvj e s. — Cheminée en pierre du temps de Louis XII, provenant d'une maison d'Orléans.
Petit monument à fronton en pierre, provenant de la sacristie de
l'ancienne église de l'Hôtel-Dieu. — Porte en bois. — Deux beaux 'vitraux du xv e s., représentant deux têtes d'empereurs romains, Vespasien et Titus. Ils sont placés à la croisée du cabinet de la tour. — ' Bustes de Laurent de Médicis et d'une Médicis, d'après Michel-Ange.
Portes extérieures provenant de l'ancien Hôtel-Dieu d'Orléans. — Miniature sur vélin. Une descente de croix, tirée d'un livre de chant espagnol du xv e s.
La Bibliothèque publique est située rue Pavée , près de la place de l'Étape et à quelques pas de la cathédrale. Le bâtiment qu'elle occupait était, avant la Révolution, une maison de refuge pour les filles repenties. En 1807, on y réunit les 6000 volumes donnés, en 1714, par Guillaume Prousteau, docteur régent de l'Université d'Orléans, et confiés aux Bénédictins, un grand nombre d'ouvrages dus à la générosité de quelques particuliers, parmi lesquels figure le célèbre Pothier, et 20 000 volumes accordés par l'État à la ville d'Orléans. La bibliothèque possède plusieurs manuscrits précieux sur vélin, ornés de miniatures et de lettres capitales coloriées et rehaussées d'or, et des manuscrits des vn e , vm e , x°, xi e , xn*, xm e et xv e siècles, provenant pour la plupart de l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire. Elle compté aujourd'hui près de 43000 volumes et a pour directeur un érudit, M. Loiseleur, connu par d'intéressants travaux historiques
Le Jardin botanique, créé, vers 1640, sous le nom de Jardin des apothicaires, enrichi, en 1818, par l'acquisition des plantes que possédait Mlle Raucourt dans les serres de son château de la Chapelle, est situé au delà du pont, dans le faubourg Saint- Marceau.
La Préfecture (entre la cathédrale et le quai) occupe les vastes bâtiments d'un ancien couvent de Bénédictins construit sur remplacement d'un palais ou d'un temple romain. « En 1741, dit l'auteur du Vieil Orléans, M. Paul Huot, ony adécouvert, à une certaine profondeur au-dessous du sol, des colonnes cannelées, des chapiteaux ornés de têtes grossièrement sculptées, un Bacchus portant
i. Les Résidences royales de la Loire. Paris, Dentu, in-18. — Les crimes et les peines dans l'antiquité et dans les temps modernes. Paris, Hachette, in-18.
pour chevelure des pampres et des grappes de raisin, un Apol- • Ion avec sa lyre, des faunes, des satyres, et un bas-relief représentant l'enlèvement d'Europe. Le lecteur se demande peut-être déjà avec sollicitude ce que sont devenus ces précieux vestiges de l'antique Aurelianum; déjà peut-être il accuse le vandalisme des xvii e et xvin e siècles de les avoir détruits.... Qu'il se rassure : ils ne sont pas tout à fait perdus; on les a religieusement remis à leur place, et on a bâti par-dessus, sans doute pour ne pas priver nos petits-neveux du plaisir de les découvrir à leur tour, lorsqu'ils auront la bonne pensée de jeter par terre la préfecture actuelle pour en construire une plus digne d'un département aussi important que celui du Loiret. » Cet hôtel a été, en 186k et 1865, restauré, agrandi et orné d'une façade nouvelle, précédée d'une vaste grille qui lui donne un aspect monumental. Les armes des principales villes de l'Orléanais sont sculptées tant sur cette façade que sur celles des bâtiments latéraux.
Le Lycée, situé dans la plus belle rue, la rue Jeanne-d'Arc, présente une façade monumentale ; les statues qui naguère décoraient la porte principale ornent aujourd'hui l'entrée de la bibliothèque. A la place de cet édifice moderne, il y eut autrefois une abbaye d'hommes fondée par le roi Gontran ; cette abbaye devint, en 930, une collégiale; en 1617, les jésuites y établirent un collège qui fut bientôt très-florissant ; puis aux jésuites succédèrent en 1762 des prêtres séculiers, et la maison prit alors le nom de collège royal.
Le Théâtre, établi dans le local d'une ancienne église, vis-àvis de l'hôtel de la mairie, est à l'intérieur élégamment décoré.
Vers le milieu de la rue de la Bretonnerie, qui tire son nom d'un hôtel longtemps habité par des Bretons, s'élève le Palais de Justice, construit, de 1821 à 1824, par M. Pagot, architecte. Près du palais sont la gendarmerie et la prison, regardée comme une des plus sûres et des plus saines de France. Ces trois constructions sont situées sur l'emplacement qu'occupaient autrefois la maison de l'Oratoire, où l'on conservait un chapeau de velours bleu, brodé en or, qui avait appartenu à Jeanne d'Arc, et la maison des Ursulines, fondée en 1621 pour l'éducation gratuite de jeunes filles.
La Bourse est située sur la place'du Martroy, dans un bâtiment récemment terminé et qui fait le pendant de celui de là chancellerie. Le premier étage est occupé par une vaste salle décorée de fresques et de peintures copiées sur celles de Pompéi.
L'Hôpital général, situé à l'extrémité sud-ouest de la ville, réunit aujourd'hui dans la même enceinte l'hospice des vieillards, l'hospice des orphelins, l'hospice des aliénés, l'hôpital, la maternité, l'école des sages-femmes et l'école préparatoire de médecine et de pharmacie. Cet établissement, dont on admire les préaux, les salles et les galeries, et qui a coûté plusieurs millions, est regardé avec raison comme l'un des plus beaux de ce genre que possède la France.
La Halle au blé, située rue Pavée, près de la bibliothèque, a été bâtie en 1826 sur un ancien cimetière, dont il reste un fronton décoré de quelques sculptures intéressantes. Pothier avait été inhumé dans ce cimetière.
Dans la rue des Africains, rue qui s'ouvre derrière Saint- Aignan et qui traverse presque à son angle sud-est la muraille galloromaine, on voit encore une tour appelée la Tour blanche. Cette tour est le dernier échantillon actuellement subsistant des tours qu'a illustrées le siège de 1429.
Les anciennes rues d'Orléans offrent encore aux archéologues un certain nombre de maisons curieuses par leur architecture ou par les souvenirs historiques qu'elles rappellent. Malheureusement la plupart de ces maisons sont déjà à demi ruinées et menacent de disparaître bientôt tout à fait. Les amateurs devront surtout visiter :
Rue Neuve (la première à droite dans la rue Jeanne- d'Arc en allant à la cathédrale), au coin de la ruelle des Albanais, la maison de Diane de Poitiers, récemment restaurée , et où a été installé le musée historique (V. ci-dessus). Qu'elle ait été ou non habitée par la maîtresse de François I w et d'Henri II, car le fait est plus que douteux, cette maison qui porte son nom passe avec raison pour une des plus charmantes constructions de la Renaissance* C'est la façade de la cour, la seule qui soit vraiment intéressante, que représente notre dessin ;
Rue du Tabourg, n° 15 (la seconde rue à droite dans la rue