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STATION. — LA GRAVE D'AMBARÈS

3 kil. de Saint-Loubès. — 569 kil. de Paris. — 14 kil. de Bordeaux.

On trouve à cette station des voitures de correspondance qui conduisent à Saint-André de Cubzac, par Cubzac, 6 kil. en 30 m. pour 30 cent, à tous les trains, et à Blaye , par Bourg, 34 kil. en

3 h. 45 m. pour % fr. 50 cent.

La Grave d'Ambarès est un village de 2700 habitants. En s'en éloignant le chemin de fer décrit une forte courbe pour se rapprocher de la Garonne. Il laisse à gauche le Carbon blanc, beau village de 4860 habitants, entouré de vignobles célèbres. Mais les travaux d'art et les beautés de la nature commencent à se disputer les regards des touristes. A droite, quand les tranchées le permettent, on aperçoit la Garonne, qui va se réunir à la Dordogne pour former la Gironde. Sur la gauche se montrent de gracieux coteaux couverts de vignobles et de maisons de campagne. Puis, à trois viaducs, le premier de 48 arches et de

4 90 mètres, le second de 4 arches et de 70 mètres, le troisième de 7 arches et de 460 mètres, succèdent trois tunnels de 480, 490 et 90 mètres, très-rapprochés l'un de l'autre.

75* STATION. - LORMONT.

9 kil. de la Grave d'Ambarès. — 578 kil. de Paris. — S ki) . de Bordeaux.

Lormonl, la dernière station, est un village de 3000 habitants environ, fort ancien, car il doit son nom aux Romains (Mons Laureus, la Montagne des lauriers). Il est très-agréable-

ment situé au bord de la Dordogne et auprès d'un coteau couvert d'habitations, de vignes et de verdure. Le duc de Lancastre y résida en K 394 ; les archevêques de Bordeaux y eurent jadis un château ; les carmes, un oratoire restauré au xvi e siècle par un président du parlement de Bordeaux , le sieur de Pontac. Ses industrieux habitants y construisent des navires. On a, du reste, à peine le temps de l'apercevoir. On sort d'un tunnel quand on y arrive, on entre dans un tunnel de 400 mètres quand on le quitte. Ce quatrième tunnel est suivi d'un cinquième, long de

La gare de Bordeaux.

280 mètres. A la suite de ce dernier souterrain on découvre sur la droite une vue admirable. On embrasse d'un seul regard presque toute la courbe de 6000 mètres que forme la Garonne, et le long de laquelle s'étendent le port et les quais de Bordeaux. De nombreux bâtiments à voile et à vapeur sont à l'ancre ou naviguent sur ce vaste bassin, qui ressemble à une petite mer. Le soir, quand la ville est éclairée , ce spectacle a quelque chose de magique. On traverse la plaine des Queyries sur un viaduc de 3 arches long de 40 mètres. La Garonne disparaît, mais les

LORMONT. — BORDEAUX.

mâts de ses navires se dressent encore au-dessus des maisons ou des ateliers qui la dérobent à la vue. On s'arrête pour le service des billets , et quelques instants après on entre dans la belle gare de Bordeaux, bâtie par M. Pépin Lehalleur, sur la rive droite de la Garonne , dans le faubourg de la Bastide. On n'a pas le temps d'admirer son élégante et solide charpente de fer ni ses heureuses dispositions. Il faut remplir un douloureux devoir, c'est-à-dire aller reconnaître et emporter son bagage pour gagner la ville située sur la rive gauche, ses hôtels ou ses embarcadères.

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