BORDEAUX. — L'HÔPITAL SAINT-ANDRE
50 000 fr. de rentes, qu'il venait de recevoir de l'État, en récompense de ses services), il a été rebâti sur l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui, de 4 825 à 4829, par M. Burguet. Sa superficie est de 4 8 000 mètres carrés. La dépense s'est élevée à près de deux millions. De forme quadrilatère, il est complètement isolé, n renferme 650 lits, sans compter 48 chambres particulières pour les malades payants. Sa façade principale, celle du nord, large de 4 43 mètres, est monumentale. Au milieu s'élève un portique recouvert par un dôme surmonté d'une croix , que soutiennent quatre colonnes d'ordre dorique et sous lequel est placée la porte de la chapelle. A droite et à gauche s'ouvrent deux autres portes qui donnent accès dans l'intérieur. Pour arriver à ces trois entrées, on gravit un escalier de quatre à cinq marches.
Outre l'hôpital Saint- André, Bordeaux possède : un hôpital des incurables et de la maternité, fondé, l'un, en 4752, et l'autre, en 4 805 ; — un hospice des vieillards, établi pendant la Révolution, incendié en 4853, reconstruit depuis; — un dépôt de mendicité, fondé en 4827 et contenant 200 nommes et 200 femmes; — un hospice des enfants trouvés, fondé en 4639, et rebâti pendant la seconde moitié du xvii» siècle ; — un asile d'aliénés ; — une institution des sourds et muets,-— des bureaux de bienfaisance; — une société de charité maternelle, qui distribue annuellement 50 000 fr. entre 600 femmes; — une maison de la miséricorde; — une caisse d'épargne et de prévoyance ; — des sociétés de secours mutuels ; — un mont-de-piété ; — des crèches, etc. Les personnes qui désireraient avoir des renseignements complets sur ces diverses institutions devront consulter le Nouveau guide de l'étranger à Bordeaux. Ils y trouveront, outre d'intéressants détails, une bibliographie complète.
Établissements d'Instruction publique. — Sociétés savantes.
Quatorze salles d'asile, de nombreuses écoles primaires, un lycée, une école préparatoire de médecine et de pharmacie, des cours municipaux, divers cours publics, des facultés de théologie, des sciences et des lettres, tel est le bilan de l'instruction publique à Bordeaux. Aucun de ces établissements n'est de nature à inté-
resser les étrangers. Le lycée seul devra recevoir leur visite, car son élégante chapelle renferme le tombeau de Montaigne.
L'auteur des Essais mourut le 43 septembre 4592 à Saint-Michel de Montaigne, lieu de sa naissance dans le Périgord ; mais sa veuve fit transporter ses restes à Bordeaux, et les déposa dans une chapelle de l'église des Feuillants (du lycée aujourd'hui), à gauche du chœur. Le mausolée de Montaigne consiste en un sarcophage de marbre blanc sur lequel sont gravées deux épitaphes, l'une envers grecs et l'autre en prose latine. En 4809, on eut la singulière idée de transférer au musée de la rue Saint- Dominique la dépouille mortelle de Montaigne et son monument. Mais, deux ans après , on s'aperçut qu'on s'était trompé et qu'on avait pris, à la place de son cercueil, celui de l'une de ses parentes. Aussitôt, on rapporta le tout dans le caveau que l'on avait dépouillé, et, en 4803, un arrière-petit-neveu du grand homme obtint la permission de faire rétablir le mausolée dans son état primitif. C'est ce que constate l'inscription latine placée sur le mur qui est à droite de ce monument.
Les sociétés savantes de Bordeaux sont : V académie royale des sciences, bel les -lettres et arts, fondée en 4742, réorganisée en 4797 et modifiée en 4847, 4828, 4838 et 4849. Elle a compté parmi ses membres Montesquieu, de Tourny, l'abbé Sicard, le peintre Lacour, l'architecte Deschamps , l'ingénieur du pont de Bordeaux , etc. Elle met tous les ans un certain nombre de questions au concours. La publication des Mémoires couronnés et des travaux de ses membres forme chaque année un volume in-8° ; — la commission des monuments historiques et des bâtiments civils de la Gironde, constituée en 4839 (compte rendu annuel avec gravures sur bois et lithographies) ; — la société linnéenne, fondée en 4 84 8, constituée en 4 828. Son fondateur, M. Laterrade, a publié une flore de la Gironde, qui a déjà eu quatre éditions; — une société de médecine, fondée en 4798, reconstituée en 4 814 (journal mensuel) ; — des sociétés : médicale d'émulation, de pharmacie, phihmathique, d'agriculture, d'horticulture, des amis des arts, hippique. La société des amis des arts, fondée en 4850, fait tous les ans, dans le local dit Laiterie, une exposition publique.
BORDEAUX. — LES MUSÉES
Musées. — Collections d'objets d'art ou de sciences.
Le Musée de Bordeaux, ou la Galerie des tableaux, ne date que des premières années de ce siècle. En 1808 le gouvernement le fonda en envoyant 45 tableaux ( dont 1 9 seulement étaient en bon état), à la ville , qui n'en possédait alors que 8. Cette collection s'est accrue successivement par une donation de M. Doucet, par divers dons du gouvernement et surtout par l'acquisition, faite sous la Restauration, de la galerie du marquis de Lacaze, au prix de 60 000 francs. Aujourd'hui elle se compose de 461 tableaux, provenant, 263 des dons du gouvernement, 37 des donations de particuliers , et 161 des acquisitions de la ville. Le catalogue qui constate ces résultats contient toutefois 466 numéros. Ce catalogue, rédigé par MM. Pierre Lacour et Jules Delpit, n'a pas moins de 267 pages ; il se vend 1 fr. 50. Ses auteurs n'ont point adopté le classement par écoles; ils ont suivi simplement l'ordre alphabétique , en résumant à la suite de chaque nom nouveau la biographie de l'artiste qui a porté ou illustré ce nom. c Ces notices, composées dans l'esprit seul de la vérité , contredisent parfois formellement quelques-unes des attributions du catalogue. » Celles qui sont consacrées aux artistes bordelais ont reçu proportionnellement de plus grands développements. Il est à regretter que les auteurs de cette utile et intéressante publication n'aient pas pris la peine d'ajouter à leur nomenclature alphabétique* de simples listes des peintres représentés au musée de Bordeaux , en les classant par écoles et en additionnant le nombre de leurs ouvrages.
Le musée de Bordeaux est ouvert au public le dimanche , de 10 heures du matin à 3 heures du soir; les autres jours , excepté le lundi et le samedi , sont réservés aux artistes porteurs d'une carte délivrée par le conservateur et aux étrangers munis d'un passe-port. Les principaux' tableaux sont exposes actuellement dans les salles du rez-de-chaussée de la mairie. Il serait difficile de trouver à Bordeaux un local moins convenable. D'une part , la moitié à peine des 466 toiles dont se compose le musée a pu y trouver place , et , d'autre part , ceux qui ont eu la chance vraiment malheureuse d'y pénétrer n'y reçoivent qu'une
lumière insuffisante , s'ils n'y restent pas éternellement plongés dans d'épaisses ténèbres. La ville de Bordeaux ne peut tarder plus longtemps, puisqu'elle veut avoir la prétention d'aimer les arts , à construire pour ses tableaux une galerie vaste, saine et éclairée , afin que, selon les propres expressions d'un de ses administrateurs, «le jour de la justice naisse pour eux, qu'ils soient réhabilités aux yeux de tous, et qu'ils versent, eux aussi, leur part de poésie et d'influence morale dans ces cœurs avides de tout ce qui peut les agrandir et les élever. » J'indique ci-dessous, en suivant l'ordre alphabétique du catalogue , ceux de ces tableaux qui m'ont paru, dans l'obscurité où j'ai vainement essayé parfois de les découvrir , les plus dignes d'être signalés à l'attention et aux recherches des étrangers. Jamais on n'eut de meilleures raisons pour supplier le public d'excuser les fautes de l'auteur.
Dans la plus grande et la mieux meublée de toutes ces salles beaucoup trop sombres , les visiteurs remarqueront un buste de Napoléon par Bartolini, et, au-dessous de ce buste, dans une sorte de vitrine , la brosse à dents de V Empereur , un de ses couteaux , et un livre ouvert sur les pages duquel sont des annotations manuscrites. L'inscription suivante a été gravée au-dessous de cette vitrine :
Codicille à mon testament. Je lègue à la ville de Bordeaux : 1* un volume in-4 # aux armes impériales des Mémoires militaires du général Loyd, annoté en marge de la main de l'Empereur; 2' une croix de la Légion d'honneur qui a été portée par Napoléon ; 3° un aigle en argent que l'Empereur m'a donné, etc.
Châteauroux, 15 septembre 1842.
Bertrand.
5. Corrige. Vénus ou une nymphe endormie. Ce tableau a été aussi attribué à Titien. Il n'est probablement que d'un élève de Corrége. — 9. Ansiaux. Nicolas Poussin présenté à Louis XIII. — 16. Giorgion. Tête d'esclave. — 20. Begyn dit Bega. Scène d'intérieur. — 28. Piètre de Cortone. La Vierge et l'Enfant Jésus. — 30 et 31. Ferdinand Bol Abraham et ses serviteurs; Apollon et Marsyas. — 44. Bounieu* 1740- 1814. Tête de femme. — 46. Brakemburgh. Intérieur d'estaminet hollandais. — 47. Brascassat. Mort du sanglier de Calydom Second prix de
BORDEAUX. — LES MUSÉES
peinture. — 49. Brauwer (Adrien). Scène d'intérieur. —64. Breughel de Velours. Féte flamande, dite la Rosière. — 62. Paul Véronèse. Adoration des Mages. Ce tableau, donné au Musée en 1803 par le gouvernement, venait de la collection du Stathouder. — 64.1e même. Sainte Famille. — 65. Le même. La femme adultère. — 66. Le même. Vénus et l'Amour. Ce tableau provient de la galerie de la duchesse d'Albe. Le marquis de Lacaze l'acheta 2000 livres. On Ta aussi attribué à Titien. Le Musée de Madrid et la galerie de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg en possèdent deux copies (?). Il y en avait aussi une quatrième dans la galerie du duc d'Orléans au Palais-Royal. Elle était attribuée à Titien. — 77. Carrey (Jacques), 1646-1726. Présentation d'un ambassadeur français au Grand sultan. — Repas turc offert à un ambassadeur français. — Tableaux curieux pour l'étude des costumes et du cérémonial.— 93. Léon Cogniet. Tintoret peignant sa fille morte. Ce tableau qui obtint un immense succès au salon de 1843, et .qui a figuré avec honneur à l'Exposition universelle de 1855, a été acheté 20000 fr. par la ville de Bordeaux. — 96. Court. Portrait du publiciste Henri Fonfrède. — 97. Courtois (Jacques), dit le Bourguignon. Engagement de cavalerie.
101. Albert Cuyp. intérieur d'une grange. — 103. Alfred Dedreux. Portrait équestre du duc d'Orléans. — 104 , 105 , 106. Eugène Delàcroix. Un lion (esquisse) , un Arabe (esquisse) , la Grèce expirant sur les ruines de Missolonghi. — 110. Abraham Diepenbeck. Enlèvement de Ganymède. L'aigle a été peint par Snyders. — 120. Karel Dujardin. Paysage et animaux.— 122. Durand Brager. Combat du corsaire français la Dame-Ambert contre la corvette anglaise Lihj. Ce tableau a été commandé, en 1846, parle conseil municipal. — 126. Eisen (Charles). Danse de villageois.— 139. Frank, dit le jeune. Le Christ au Calvaire. Les nombreux personnages représentés dans ce tableau se font remarquer par leur costume conventionnel. Le cadre, qui provient d'une église, est orné de curieux ornements dans le goût arabe. — 154. Gérôme. Bacchus et l'Amour ivres (18il). — 156. Gigoux. Baptême de Clovis (1844). — 160. Luca Giordano. Vénus endormie. — 169. Grimou (1080-1740). Un capucin. — 172. Gro*. Embarquement de Mme la duchesse d'Angoulème à Pauillac, le 1" avril 1815. A la gauche du spectateur, MM. les vicomtes Mathieu de Montmorency et d'Agoult protestent de leur dévouement. Derrière Mme la duchesse d'Angoulème, qui distribue au peuple les plumes blanches de son panache, on remarque Mmes les duchesses de Serent et de Damas, et Mme la vicomtesse d'Agoult. Ce beau tableau, tout à fait digne de son illustre auteur, a été donné en 1&20 à la ville de Bordeaux par le gouvernement. — 173. Gudin. Dévouement du capitaine Desse, qui, en juillet 1822, sauve l'équipage d'un navire hollandais. — 186. Jouy. Supplice d'Urbain Grandier.
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' 210. Lesueur. Uranie. Cette gracieuse petite toile , achetée par la ville en 1854, est plutôt, dit le catalogue, une nouvelle composition qu'une réduction du tableau peint pour l'hôtel Lambert , qui se trouve maintenant dans le musée du Louvre. — 225. Lulherburg. Paysage. — 228, 229. Maes. Portraits d'homme et de femme. — 249. Mignard. Portrait de Louis XIV. — 262. Moucheron. Paysage. — 266. Murillo. Un philosophe. Ce tableau a été acheté par la ville en 1853.— 271. Palma le vieux. Sainte Famille avec saints» Ce beau tableau a été payé 8000 fr.
— 2&b.Jacopo da Ponte, dit le Bassan. Sortie de l'Arche.
302. Rembrandt. Adoration des Bergers. — 303. Le même. Téte de nègre. —304. Le même. Intérieur. Ce tableau, acheté par la ville en 1850 , avait fait partie de la galerie de sir Robert Brown. Sa couleur et le monogramme dont il est signé (R V R) font penser, dit le catalogue, qu'il a été peint par Rembrandt comme un pastiche d'Ostade ou de Brauwer. — 309. Restout. Présentation de Jésus au temple (1735). — 310. Ribera. Assemblée de religieux.— 311. le même. Réunion de philosophes. Ces tableaux , d'une couleur remarquable , ont été longtemps attribués à Luca Giordano. Les philosophes ont l'air de mendiants et d'ivrognes qui se disent entre eux : «Qu'allons-nous devenir? nous n'avons plus rien à boire ni à manger.» — 312. Ricci (Sébastien). L'Amour jaloux de la Fidélité. — 318. Robusti (Marie), la fille de Tintoret, celle que M. Léon Cogniet a reproduite dans son tableau n w 93. Portrait du sénateur André Capello. —324. Camille Roqueplan. Valentine et Raoul (4* acte des Huguenots). — 329. Rubens. Le Christ en croix. — 330. Le même. Martyre de saint Georges. — 331. Le même. Martyre de saint Just. Ce tableau, exécuté par Rubens pour l'église des Annonciades à Anvers, resta dans cette église jusqu'à sa suppression. Vendu à Bruxelles, le 17 juillet 1785, 1300 florins, il changea plusieurs fois de propriétaire. L'empereur Napoléon III l'acheta 16 000 fr. et le donna au musée de Bordeaux en échange d'une tête de femme de Carriera Rosalba, qu'il avait manifesté le désir de posséder. — 332. Le même. Bacchus et Ariane. — 334, 335, 336. Ruysdael. Paysage. — 339. Sabbatino. Sainte Famille. — 356. Staevarts. Réunion de famille.
— 368. David Teniers (le jeune). L'évocation. — 369. Le même. Danse de villageois. — 375. Tiepold. Êliézer et Rebecca. — 397. Van Dyck. Portrait en pied de Marie de Médicis. — 396. Le même. Portrait d'un inconnu. Presque une miniature pour les dimensions.
411. Pérugin. La Vierge et l'Enfant Jésus. Saint Jérôme et saint Augustin. Ce beau tableau vient de Pérouse. — 420. Vasari. Sainte Famille. — 423. Titien. La femme adultère. Ce remarquable tableau, attribué à Paul Véronèse, provient du palais ducal de Modène. — 426.
BORDEAUX. — LES MUSEES. 403
Le même. Triomphe de Galatée. — 428. Vertanghen. Nymphe au bain. Attribué aussi à Boucher et à Lagrenée. — 430. Vincent (1746-1816). La leçon de -labourage. — 433. Waterloo. Paysage. — 442. Wille (Pierre Alexandre). Tête de femme. — 445. Zachtlewen. Vue des bords du Rhin. — 446. Zanchi. Le bon Samaritain.
Le musée de Bordeaux n ? est pas riche en sculptures, mais il possède une collection oVarmes antiques , achetée par la ville en 4 855. Le buste en marbre de Michel Montaigne est de Deseine (4750-4 824). Le génie de la Sculpture, Giotto enfant, les bustes d'Homère , d'Aubert de Tourny , de Casimir Périer , du duc d'Orléans, du roi Louis-Philippe, etc., sont de Maggesi. La réduction en bronze de la statue en marbre de Milon de Crotone, par Pierre Puget, qui est au Louvre , a été donnée en 4837 par le gouvernement.
Le Musée de Bordeaux proprement dit, rue Saint-Dominique , ne comprend plus aujourd'hui que la bibliothèque , le cabinet d'antiques , l'observatoire et le cabinet d'histoire naturelle. La galerie de tableaux a été transférée en* 4839, comme nous venons de le voir, dans les salons de la mairie, et l'école de " dessin, qui en avait fait aussi partie dans l'origine, est installée avec l'école de sculpture dans les pavillons du Jardin public.
La Bibliothèque , fondée en 1768 par J. J. Bel, conseiller au Parlement , et augmentée par les bibliothèques des couvents à l'époque de leur suppression , est l'une des plus riches de France , excepté celles de Paris , bien entendu ; elle se compose de 45 000 ouvrages / formant plus de 420 000 tomes , dont le catalogue imprimé comprend cinq volumes in-8° ; et encore n'est-il pas complet. Le livre le plus précieux de cette bibliothèque , dit M. J. de Peyssonnel , est un exemplaire des Essais , de Michel Montaigne , qui a été publié chez L'Angélier à Paris , en 4 588 , et que l'auteur a couvert de notes et de corrections. Cet exemplaire avait été donné par Mme de Montaigne aux Feuillants. C'est celui dont s'est servi Mlle de Gournay , fille d'alliance de Montaigne , pour publier l'édition de 4 595 , et de nos jours il a été mis à la disposition de M. Naigeon , qui Ta consulté avec fruit pour une publication qu'il a faite des Essais chez Firmin Didot ; Paris , 4 802. Le précieux livre était , à
l'époque où M. Bernadau le signala, en 4789, modestement vêtu de basane ; depuis , on l'a fait relier en maroquin ; mais il doit à ce luxe d'avoir été rogné, et par conséquent d'avoir perdu en grande partie ses annotations précieuses. — Le catalogue des manuscrits a été dressé par M. Jules Delpit , mais il n'est pas encore imprimé.
Le musée de» Antiques , fondé par Jouannet , l'auteur de la Statistique de la Gironde , se compose des objets recueillis dans les diverses fouilles qui ont été opérées à Bordeaux ou dans le département. Jouannet les a décrits en partie , mais il n'en existe aucun inventaire détaillé. Ces objets ne méritent pas tous d'ailleurs le nom d'antiques , car un certain nombre appartiennent au moyen âge.
I/Observatoire , annexe du cours d'hydrographie, ne mérite qu'une simple mention. '
Quant au Musée d'histoire naturelle, fondé en 4805 par une donation de M. Journu Aubert , comte de Tustal , il s'est constamment augmenté et enrichi. Malheureusement il manque de place, comme la galerie de tableaux. Il est question de le transférer dans les bâtiments que l'on doit construire au Jardin public. Ce musée est ouvert au public les dimanches et jeudis de 40 heures à 3 heures, du 4* r novembre au 34 août, et tous les jours de l'année aux étrangers , sur la présentation de leur passe-port , de 4 0 heures à 4 heures.
Le Jardin botanique, dont la fondation remonte à 4 629 , a été, après de nombreuses vicissitudes, installé en 4804 dans une partie de l'enclos des Chartreux, où il est encore aujourd'hui. Mais il est aussi question de le transférer au Jardin public. M. Laterrade y a établi un jardin officinal. M. Jules de Peys- • sonnel recommande aux amateurs , outre une riche collection de plantes indigènes et exotiques : un cycas Circinades (famille des palmiers) de Batavia, le plus beau qu'il y ait en Europe, et dont un spéculateur de Paris ( le propriétaire du Jardin d'Hiver ) a offert 4 5 000 francs ; le tarauria excelsa d'Amérique ; V agave geminiflora, qui a fleuri en octobre 4849 ; un magnolia de 43 $l 4 4 mètres de hauteur , le plus remarquable de France après celui du jardin des Plantes de Montpellier , etc., etc.