‹ De Paris à BordeauxChapitre 47 sur 165 · BEAUGENCY · texte numérisé non relu

BEAUGENCY

trouvé, dans l'intérieur de ses vieilles murailles démantelées et détruites, des antiquités gauloises et romaines, et un denier d'or du temps de Charles le Chauve constate son existence au ix # siècle. Toutefois, son histoire positive ne commence qu'au xi* siècle. A cette époque, c'étajt un fief de l'évêque d'Amiens ; elle avait déjà un château, occupé par des barons de Landry, qui exerçaient, de temps à autre, la profession de voleurs de grand chemin. Quelques-uns, cependant, jouèrent un rôle important et honorable dans l'histoire de leur pays. Le dernier mourut sans postérité vers la fin du xm* siècle, après avoir vendu sa seigneurie à Philippe le Bel. Réclamée par la comtesse de Blois, dont un arrêt du parlement confirma les droits, cette seigneurie, qui fut érigée en comté en 4569, eut d'étranges vicissitudes : elle appartint tour à tour à Clémence de Hongrie, à Jeanne de Bourgogne, à la famille d'Orléans, au beau Dunois , qui agrandit et embellit le château, à la couronne de France, à l'apanage d'Orléans, à Madeleine d'Annebault, et à Catherine de Médicis, à la mort de laquelle elle revint à la couronne. Henri IV la vendit en 4596 à deux officiers suisses; malgré cette vente, il la donna, l'année suivante, au maréchal de La Châtre, et, bien que le maréchal eût dépensé 4 700 louis d'or à l'embellissement du château , il la lui reprit pour l'offrir à Henriette d'Entragues, sa maîtresse. Henri de Bourbon, le fils d'Henri IV et d'Henriette d'Entragues, la vendit au maréchal de La Ferté. Enfin, en 4663, elle fut réunie, définitivement à l'apanage d'Orléans.

Malheureusement pour elle, la ville de Beaugency avait été fortifiée, et tous les partis s'en disputèrent la possession. Elle fut prise en 4359 par le prince de Galles, en 4367 par les Gascons, en 4 370 par Duguesclin qui en chassa les Gascons, en 4 44 4 , en 4424 , en 4428 par les Anglais, délivrée en 4428 par Jeanne d'Arc, assiégée en 4485 par La Trémouille, qui força le duc d'Orléans et Dunois de capituler, prise, pillée, évacuée, démantelée en 4562 par Condé, occupée tour à tour par Antoine de Bourbon, qui répara ses fortifications, par Condé, par Coligny, par le duc de Guise, qui lui confia pour un temps le jeune roi et la reine mère, incendiée en 4567 par les protestants, qui y commirent d'affreux excès. L'incendie, promené par la ville, se communiqua

à la tour de César, qu'il réduisit à l'état où nous la voyons aujourd'hui. Après la Saint-Barthélémy les catholiques y exercèrent de sanglantes réprésailles. Depuis sa réunion à l'apanage d'Orléans, la paix lui a permis de réparer peu à peu les maux de la guerre ; elle était tombée à la condition d'un village ; elle est redevenue une ville plus commerçante qu'industrielle. Ses sept foires annuelles y attirent une affluence considérable de vendeurs et d'acheteurs, et ses marchés du samedi rivalisent avec ceux d'Orléans et de Blois.

Beaugency a perdu la plus grande partie de ses anciennes fortifications. S'il ne lui reste de son vieux château fort, incendié en 4 568, qu'une tour massive, soutenue de tous côtés par d'énormes contre-forts, d'une couleur vénérable, et qui avait autrefois 42 mètres de hauteur (on l'appelle à tort la tour de César, car elle n'est pas de construction romaine), elle a conservé nonseulement un certain nombre de vieilles maisons, curieusement décorées , mais son aspect et son caractère du moyen âge. En parcourant quelques-unes de ses rues étroites et montueuses, on pourrait se croire au xvu siècle. Son hôtel de ville, dont la charmante façade a été bâtie, en 1 525, par Dion, sur les dessins de Yiart, dans le style de la Renaissance, a malheureusement souffert. L'église de son ancienne abbaye sert aujourd'hui de paroisse. On y remarque encore de beaux chapiteaux romans. Le clocher de Saint-Firmin , seul débris de l'église de ce nom incendiée en 4 568, fait partie de l'hôpital. Le pont mérite aussi, sinon t une visite, du moins une mention ; il se compose de 26 arches, construites à diverses époques. Sur ces 26 arches , huit sont en bois, et celle qu'on appelle la marinière est un pont suspendu qui date du xix* siècle.

Le champ de foire offre un beau point de vue. Sur la rive opposée de la Loire, on aperçoit Laitly, arrosé par l'Ardoux. Condillac, mort en 4780, dans sa terre de Flux, repose dans le cimetière de ce village. Mais les importants travaux qui ont eu pour but et pour résultat de contenir la Loire dans un lit artificiel, attirent surtout l'attention.

Avant de s'arrêter à la gare de Beaugency, on traverse les ruisseaux les Mauves , sur un magnifique viaduc en pierre. Ce

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