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BRETAGNE

Aperçu général.

Dans son ensemble, la Bretagne est une des contrées les plus originales de la France ; une grande partie de la population a conservé sa tangue antique, ses mœurs, ses superstitions ; en maints endroits on peut admirer les riches broderies des costumes bretons ; si l’intérieur du pays offre souvent la monotonie d’immenses landes boisées de chênes, on rencontre à côté d’espaces désolés, comme les monts d’Arrée, des sites véritablement enchanteurs. Le littoral y est très découpé, la mer terrible. Si la Bretagne n’a point les grands édifices religieu.x de son opulente voisine, la Normandie, elle conserve une infinité de chapelles où la foi a ouvragé le granit avec une persévérance admirable et conservé avec un soin pieux les œuvres d’art .des siècles passés : statues, boiseries, pièces d’orfèvrerie. Ce n’est point une des moindres surprises d’un voyage en Bretagne que de découvrir un tel goût, une telle délicatesse, chez un peuple dont la rudesse archaïque s’harmonise avec le sol qui le fait vivre péniblement. Ces chapelles sont fort nombreuses parce que les grandes agglomérations populeuses sont rares et que de nombreux hameaux sont disséminés sur le territoire de communes généralement très ' étendues.

Dans la partie Nord on visitera avec intérêt : Vttré et Fougères, où l’on se trouve en plein moyen âge ; Rennes, la grave cité parlementaire ; Dol et sa cathédrale ; Saint-Malo, la ville des hardis corsaires, aujourd’hui la métropole de la grande pêche ; Cancale, qui doit à ses huîtres une renommée universelle ; Dinard, la station cosmopolite ; la pittoresque Dinan, d’où partent des bateaux faisant la belle descente de la Rance ; Saint-Cast et le cap Fréhel aux magnifiques escarpements ; Saint- Brieuc, sa cathédrale et les charmantes plages de sa baie, le ’Val-André, Etables, Saint- Quay ;• Guingamp, au pèlerinage renommé ; Paimpol, patrie des audacieu.x pêcheurs, en face des rochers rougeâtres de i'ile Bréhat ; Treguier, cité austère, ayant gardé sa physionomie de ville épiscopale ; Lannion, excellent point de départ pour de nombreuses excursions, notamment aux châteaux delà vallée du Léguer, à Perros- Guirec, et à Ploumanach-Trégastel aux étranges blocs de rochers;

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Morlaix et sou viaduc monumental ; le gracieux village de Sainl- Jcan-du-Doigt, célèbre par son «pardon»; Saint- Pol-de- Léon, aux clochers à jour ; Huelgoat, le Fontainebleau de l’Armorique ; les curieux sanctuaires de Saint- Thé go nncc et de Guimiliau ; le château de Kerjcan, le Versailles breton ; le Folgo'ét et son église ; le cah'aire fameux de Plougastel- Daoulas ; le port militaire de Brest, et Oucssant, l’ile des A’aufragés.

Dans la partie Sud ; Nantes, la grande métropole commerciale du bassin de la Loire ; Châteaubriant, avec son château où l’aspect rude du moyen âge se marie à l’architecture gracieuse de la Renaissance ; Saint-Nazaire, le port rival de Nantes ; la curieuse ville fortifiée de Guérande, dominant la presqu’île du Croisic et ses marais salants ; le château de Josselin près de Ploërmel ; Vannes, peu éloigné du château de Suemio, de la presqu’île de Rhuis et de l’ancienne abbaye de Saint-Gildas ; Auray, où se perpétue le souvenir lugubre de l’épopée vendéenne ; le pèlerinage fameux de Sainte- Antted' Auray ; les célèbres monuments mégalithiques de Plouharncl, Carnac et Loemariaquer, ainsi que la presqu’île de Quiberoiij port d’où part le bateau pour Belle-Ile dont la grandiose et sauvage côté sud-ouest est une des merveilles de la Bretagne ; Hennebont, la ville forte illustrée par Jeanne de Montfort ; le grand port militaire de Lorient en face de la petite ville morte de Port-Louis ; Quimperlé, la cité fleurie, d’oiî l’on excursionne aux chapelles du Faouet et à Pont-Aveu ; Concarneau, sa « Ville Close » et son port pittoresque ; Quimper, à la belle cathédrale; Pont-T Abbé et la rude contrée de Penmarc’h ; la baie superbe de Douarnenez et la Pointe du Raz perpétuellement assiégée par les vagues furieuses de l’Enfer de Plogolï et de la baie des Trépassés ; la presqu’île de Crozon, les grottes de Morgat et le cap désolé de la Chèvre ; le cloître de Daoulas.

La Bretagne intérieure est un pays de plateaux ravinés et de petits monts peu élevés mais âpres, avec des pâturages, des bois et des landes mélancoliques, rouges de bruyères ou dorées par les flèurs des genêts et des ajoncs. C’est cette Bretagne-là que Brizeux a peinte d’un beau vers :

O terre de granit, recouverte de chênes !

La Bretagne côtière commence au N. à la baie du Mont-Saint- Michel. Nulle côte de France n’est plus découpée et ne présente un semblable pourtour de caps, de golfes, de criques et d’estuaires. A mesure que l’on s’avance vers l’Ouest, la côte Nord devient plus grandiose et plus rude, pour aller de's bords souriants de la Rance aux cscarpeinonts du cap Frôhel et aux falaises désolées,

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