‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 117 sur 158 · ROMANÈCHE. — BELLE VILLE · texte numérisé non relu

ROMANÈCHE. — BELLE VILLE

Vers le milieu du xv e siècle on y a trouvé, dans les décombres d’une maison ruinée par le temps, l’inscription suivante : Mar tronis romaniscis. Souvent encore on découvre, au lieu dit des mailles, des débris de mosaïques et de marbre sculpté. Cette importante commune compte aujourd’hui une population de 2468 habitants ; elle récolte des vins estimés (du Moulin-à-vent et des Thorins) dont elle fait un commerce considérable ; elle exploite des carrières de pierre à bâtir de nature granitique, et d’abondantes mines de manganèse, divisées entrois concessions.

Tholasey, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Trévoux (Ain), est situé sur la rive gauche de la Saône, près de l’embouchure de la Chalaronnes. Sa population est de 1668 hab. Un pont le met en communication avec la rive droite.

A peine a-t on quitté la station de Romanèche que l’on sort d u département de Saône-et-Loire pour entrer dans le département du Rhône. On s’éloigne de la Saône, qui est à 5 kil. du chemin de fer et de la route de terre, toujours parallèle au chemin de fer. On traverse une vaste plaine remarquablement fertile et peuplée. Au delà de Lancié (905 hab.), on aperçoit un châta§u flanqué de tours; on longe, à droite, Corcelle (652 hab.), dont l'église est moderne; puis Saint-J ean-d’ Ardière (1100 hab.) se montre à gauche, sur la route de terre, près de la rivière de ce nom, qui va se jeter dans la Saône # à 3 kil., et que le chemin de fer franchit sur un pont, haut de 10 m , 40, Je trois arches en plein-cintre de 10 mètres d’ouverture. Le paysage devient de plus # en plus riche et varié ; sur la rive gauche de la Saône, dont on s’est rapproché, s’élèvent de charmants coteaux couverts de villages à demi cachés dans des nids de verdure, Mogneneins, Peyzieux, Genouilleux, Guereins , et les nombreux hameaux qui en dépendent.

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8 kil. de Romanèche. — 23 kil. de Mâcon. — 464 kil. de Paris. - 49 kil. de Lyon.

On trouve à la station de Belleville des voitures de correspondance conduisant à : Beaujeu (14 kil. pour 75 c.); — Ccrcier (6 kil. pour 40 c.); — Charlieu (56 kil. pour 6 fr. et 4 fr. 50); — Chdtillon-lez-Dombes (1 9 kil. pour 75 c.); — Chauffailles (39 kil. pour

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3 fr.); — Saint-Igny-de-Vers (36 kil. pour 2 fr.); — Villié (10 kil. pour 50 c.).

Des omnibus, correspondant avec tous les trains, mènent à Belleville pour 10 c. (10 kil. de bagages), et 25 c. (11 à 30 kil.).

Belleville , chef-lieu de canton de l’arrondissement de Ville franche (Rhône), petite ville de 2919 hab., est située à 1500 mètres du chemin de fer, et à 1 kilomètre de la rive droite de. la Saône. La route départementale n* k de la Loire à la Saône la traverse. Elle occupe l’emplacement d’une ancienne ville romaine nommée Lunna, station intermédiaire entre Anse et Mâcon. Elle avait autrefois une enceinte ' qui ne l’empêcha pas d’être plusieurs fois prise et reprise; et elle était, avant la Révolution, la seconde prévôté du Beaujolais. On y remarquait une belle abbaye commendataire de chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin, fondée en 1160 par Humbert II, sire de Beaujeu. L’église, qui est assez bien conservée, et qui date du xii” siècle (style roman), a été classée parmi les monuments historiques. Elle contenait les tombeaux de plusieurs princes de la maison de Beaujeu. Elle se .compose d’une nef et de deux bas côtés sans chapelles, de transsepts, d’un chœur et de cinq ahpides. Ces absides ne sont pas rangées en hémicycle autour du chœur; les trois principales sont en face et dans le prolongement des nefs; les deux autres, parallèles aux premières, un peu en reculement et dans la partie des bras de la croix qui est opposée au portail principal. Quelques parties seulement ont été retouchées et modifiées. Deux tours carrées s’élèvent au-dessus des extrémité^ des transsepts; celle du nord est tronquée, et n’a peut-être jamais été achevée.

L’inondation de 1840 avait détruit 190 maisons à Belleville. Ces désastres sont réparés; aujourd’hui Belleville s’enrichit en fabriquant des toiles de coton, des tonneaux, des broderies, et en faisant le commerce des vins. Elle a un port sur la Saône ; un pont suspendu la relie à la rive gauche. Elle possède un hôpital richement

1. Voir Recherche» tu r l'emplacement de Lunna, par M. d’Aigueperse, Lyon 1844, ouvrage qui a obtenu une mention honorable de l’Institut, en 1847. M. l’abbé Chambeyron a publié, en 1845, une notice intitulée Premier etsai sur Bellerille.

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