‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 23 sur 158 · MORET. — SAINT-MAMMÈS · texte numérisé non relu

MORET. — SAINT-MAMMÈS

xni". Sur la place voisine, plusieurs maisons de bois sculpté attirent encore les regards des artistes, et, dans la grand’rue, du côté opposé à l’hôtel de ville , on visitera avec intérêt deux maisons en pierre, de la Renaissance; l’une des fenêtres de la plus petite est ornée de jolies sculptures.

Les environs de Moret offrent un grand nombre de promenades. Les rives du Loing et du canal sont agréablement ombragées; des coteaux qui les dominent, on découvre de charmants points de vue : à l’ouest s’étend la forêt de Fontainebleau, dont la lisière n’est qu’à 2 kilomètres de la ville (on compte 1 1 kilomètres de Moret à Fontainebleau) ; au sud-est , à 2 kilomètres, entre Ravanne et Montarlot , un affluent du Loing forme un vaste étang qui nourrit un grand nombre de poissons, de canards sauvages et de poules d’eau.

C’est près de Moret, sur la lisière de la forêt de Fontainebleau, que se trouvait jadis le rendez-vous de chasse sculpté par Jean Goujon, transporté aux Champs-Elysées, à Paris, en 1823 , et connu sous le nom de maison de François I er (Voir Paris illustré') .

«Moret se livre actuellement , dans un calme profond, au commerce lucratif des bois , des pavés, des grains, des farines et des vins. Sur ces 1765 habitants, elle compte plus de 1400 vignerons.

Saint- Mammès est un village de 1098 habitants, situé à la jonction du canal du Loing et de la Seine, sur la rive gauche de la Seine, où il possède un petit port.

De Moret à Montereaù le chemin de fer court dans la direction de l’est, ayant la route de terre à droite, et la Seine à gauche. Le long de la rive droite du fleuve s’élèvent de petits coteaux qui portent de beaux villages : la Celle-sous-Moret ( 293 habitants), dont l’ancien château de Graville a appartenu à la marquise de Verneuil, maîtresse d’Henri IV; Vemou (720 habitants); et la Grande-Paroisse (1251 habitants). A la droite du chemin de fer, le paysage devient de plus en plus monotone et insignifiant. Au delà d’un long rideau de peupliers se montre, tout près de la voie , Varennes (429 habitants) , dont le clocher carré est orné de clochetons; enfin Montereaù apparaît sur la

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gauche , à une assez grande distance de la gare , au pied de la colline crayeuse que couronne le château de Surville.

iV STATION. - MONTEREAU-

lu kil. de Moret. — Saint-Mammès. — 79 kil. de Paris. — 236 kil. de Dijon.

— 433 kil. de Lyon. — 100 kil. de Troyes.

Un buffet a été établi à la gare de Montereau, où les trains express s’arrêtent de 4 à 5 minutes, et les trains omnibus de 10 à 20 minutes.

On trouve à cette station des voitures de correspondance conduisant à Égreville (28 kilomètres pour 1 franc 25 centimes et 1 franc); — Lorrez (21 kilomètres pour 1 franc et 75 centimes); — et Voulx (14 kilomètres pour 75 et 60 centimes).

Des omnibus transportent (à tous les trains) des voyageurs de la gare à la ville, et de la ville à la gare, pour 20 centimes aux bureaux et aux hôtels , 40 centimes à domicile (30 et 50 centimes de minuit à 5 heures du matin), avec 30 kil. de bagage.

Mon terean-Fault- Yonne (hôtel du Grand-Monarque , dans la ville) est une ville de 5465 habitants, chef-lieu de canton du département de Seine-et-Marne, arrondissement de Fontainebleau, située sur la rive gauche de la Seine, à l’endroit où l’Yonne se jette (fault) dans ce fleuve. De nombreuses routes viennent y aboutir, et le chemin de fer de Troyes s’y embranche sur celui de Lyon. Elle a su profiter habilement de tous les avantages de sa position; elle fait un commerce considérable de grains, de vins, de bestiaux, de bois, de charbons; elle possède, en outre, des fabriques de porcelaine opaque, de faïence brune carmélite et façon anglaise , de pipes , des tanneries, etc.

Sous la domination romaine, Montereau s’appelait Condaie. Elle doit son nom actuel à un monastère dédié à saint Martin et fondé dans les premiers siècles de l’ère chrétienne; au x e siècle, elle faisait partie du comté de Sens; et, vers 1026, Raimond, comte de Joigny, y construisit un château-fort, à la jonction de l'Yonne et de la Seine, pour prélever un péage sur les deux rivières. Une ville se forma peu à peu autour de ce château, dont

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Charles le Mauvais s’empara sous le roi Jean , et que reprit le dauphin, depuis Charles V.

En 1419, le pont de l’Yonne, à Montereau , fut le théâtre d’un crime royal qui eut pour la France les plus déplorables conséquences, l’assassinat de Jean sans Peur.

Le duc de Bourgogne, n’ayant pas voulu céder aux prétentions exagérées du roi d’Angleterre Henri V, s’était rapproché du dauphin. Une première entrevue avait eu lieu à Pouilly-le-Fort, sur le pont, à une lieue de Melun. Ils s’étaient mutuellement

Jonction de la Seine et de l’Yonne, à Montereau.

promis la paix , s’engageant à chasser le roi Henri d’Angleterre hors de France. Mais les intrigants qui exploitaient la faiblesse du dauphin, et dont la guerre civile avait fait la fortune, voyaient avec' angoisse la fin imminente de leur grandeur. Us se fiaient peu d'ailleurs au pardon du duc de Bourgogne, et savaient que Jean sans Peur n’oubliait guère. Us résolurent de l’assassiner. Leur complot tramé, ils l’invitèrent de la part de leur maître à une seconde entrevue, afin de délibérer ensemble « des grandes affaires touchant la séparation des royaumes. » Le lieu du ren-

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dez-vous proposé était Montereau, où se trouvait déjà le dauphin avec un nombreux corps d’armée amené des provinces du Midi. Jean sans Peur, qui était à Troyes, refusa d’abord, puis il céda aux instances de Mme de Giac, sa maîtresse, qui le trahissait. Cependant, arrivé à Bray, il hésitait encore. L’évêque de Valence, envoyé à sa rencontre, le détermina, sans se douter du rôle qu’on lui faisait jouer. On convint que le duc aurait le château de Montereau pour logis, que le dauphin aurait la ville, et que la conférence se tiendrait sur le pont de l’Yonne, qui joint la ville au château, t Sur le pont durent être faites barrières, et au milieu une manière de parc (ou de loge) bien fermé, où il y aurait une entrée du côté du château et une autre du côté de la ville, à chacune desquelles entrées était un huis (porte) qui se fermerait et garderait par les gens de chacun des deux princes. » Le dauphin et le duc Jean devaient entrer dans la loge chacun avec dix compagnons. Contre l’usage accoutumé en ce temps de défiance et de trahisons, les Dauphinois, qui construisirent la loge, n’établirent point de barrières entre les deux partis dans l’intérieur.

Les avertissements ne manquèrent pas au duc de Bourgogne ; il n’en tint aucun compte. Seulement, il envoya à la découverte le sire de Giac; celui-ci, qui trahissait son maître, revint en disant qu’il n’avait rien trouvé d’alarmant.

<r Le 10 septembre 1419, vers trois heures de l’après-midi, dit M. Henri Martin, le duc descendit au château de Montereau, et, laissant ses gens d’armes à la porte qui regardait la ville, il s’avança, suivi de neuf seigneurs et d’un secrétaire, sur le pont où l’attendait le dauphin. Le duc et ses compagnons, suivant les conventions arrêtées, ne portaient que la cotte et l’épée. Jean sans Peur en fit l’observation à Tannegui Duchâtel et à un autre Dauphinois qui les vinrent recevoir aux barrières avec des haches à leur ceinture ; néanmoins il passa outre, en frappant sur l’épaule de Tannegui et disant à sa suite : * Véez-ci en qui je me fie 1 — Vous avez bien tardé 1 » répondirent les Dauphinois ; et ils l’introduisirent précipitamment dans la loge, lui et le seigneur de Noailles, un des frères du comte de Foix. Les autres seigneurs bourguignons étaient un peu en arrière.

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c Les barrières furent refermées derrière eux. Ce qui se passa ensuite a été rapporté très-diversement par les deux partis. Suivant les Bdurguignons, le duc aborda le dauphin en ôtant son aumuse (chaperon à longues bandes) de velours noir et en fléchissant le genou : » Monseigneur, lui dit-il, je suis venu à • « votre mandement. Vous savez la désolation de ce royaume, t votre domaine à venir, entendez la réparation d’icelui. Quant « à moi, je suis prêt d’y exposer le corps et les biens de moi et de t mes vassaux sujets et alliés. — Beau cousin, » répliqua le dauphin, « vous dites si bien que l’on ne pourrait mieux; levez-vous « et vous couvrez. *

c Un signe fut alors, dit-on, échangé entre le dauphin et Tannegui, qui s’écria : * Il est temps! » et, à l’instant où le duc se releva, Tannegui « le férit si roidement d’une hache parmi le t visage, que le duc chut à genoux, j Le duc mit la main à son épée et fit un effort pour se relever; mais le vicomte de Narbonne et les autres chevaliers du dauphin qui étaient tous « armés à c blanc t sous leurs robes, se ruèrent sur Jean et t l’abattirent « à terre comme mort. » Un nommé Olivier Layet l’acheva en lui « boutant une épée par-dessous son haubergeon, tout dedans le t ventre. » Le sire de Noailles tomba, au même instant, la tête fendue par derrière d’un coup de hache. Les autres Bourguignons accoururent trop tard.... Un seul des dix compagnons du duc Jean s’échappa: tous les autres furent tués ou pris. Quant au dauphin, il avait été emmené par le président Louvet dès le commencement du tumulte. ,

c Les soldats dauphinois, embusqués près de l’extrémité du pont donnant sur la ville, s’étaient élancés en foule par la barrière ouverte de ce côté, tandis que l’autre barrière du côté du château avait été fermée, suivant les conventions, pour empêcher les gens d’armes bourguignons d’avancer. »

Tel est le récit bourguignon. Les Dauphinois prétendirent au contraire qu’il n’y avait point d’embûche ni « d’aguet n Le dauphin, suivant eux, parla le premier et exhorta le duc Jean à s’unir franchement à lui contre les Anglais. Le duc lui répondit qu’on ne pourrait rien aviser ou faire, sinon en la présence du roi son père, et qu’il fallait qu’il y vînt. « J'irai devers monsei-

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gneur mon père, reprit le dauphin, quand bon me semblera, et non mie à votre volonté. » Le sire de Noailles, alors, aurait porté une main sur son épée et étendu l’autre comme pour saisir le dauphin, en disant : * Monseigneur, vous viendrez à présent à votre père ! » Tannegui prit le dauphin dans ses bras et l’emporta hors du « parc, » tandis que le vicomte de Narbonne, * Robert de Loire, Guillaume Bouteiller et Frottier, frappaient sur le duc et siïr Noailles. « Tu as coupé le poing à mon maître, s’écria Bouteiller, ancien serviteur du feu duc d’Orléans, je te couperai le tien. » Les détails mêmes de la version des Dauphinois, telle que la rapporte Juvénal, prouvent, ce qu’ils voudraient nier, la préméditation du meurtre.

L'escorte bourguignonne s’enfuit du côté de Bray. poursuivie l’épée dans les reins par les Dauphinois: le détachement qui occupait le château de Montereau se rendit, faute de vivres et d’artillerie. Le jeune comte de Clermont, le sire de Giac et Philippe Jossequin, prêtèrent serment au dauphin, ainsi que la dame de Giac, ce qu’on interpréta généralement comme un aveu de leur complicité. Tous les autres prisonniers déclarèrent qu’ils aimeraient mieux mourir que de suivre cet exemple : on leur imposa une rançon, excepté à l’amiral Charles de Lens, qui fut mis à mort.

* Ainsi finit Jean sans Peur, par une trahison aussi noire que celle dont il avait lui-même donné l’exemple, douze ans auparavant, envers le duc d’Orléans. Les conséquences en devaient être plus terribles encore; chacun des grands forfaits qui se succédaient périodiquement depuis l’avénement de Charles VI enfonçait la France plus avant dans l’abîme. La France venait d’être assassinée, pour ainsi dire, avec le duc de Bourgogne. »

Le 20 juin 1420, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur, secondé par le roi d’Angleterre, s’emparait de Montereau. Il fit déterrer le corps de son père, qui avait été inhumé « à peu d’honneur. » en l’église Notre-Dame de Montereau, et, « après grand deuil et service solennel, i il l’envoya en un cercueil de plomb, « plein de sel et d’épices, » aux Chartreux de Dijon.

En 1437, Charles VII vint assiéger Montereau avec 6000 com-

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battants. Les défenseurs de la ville (Anglais et Français reniés) se défendirent vaillamment pendant six semaines. Enfin, ils ne purent pas repousser un assaut terrible dans lequel le roi fit son devoir comme les autres, dit le chroniqueur Berri ; pour la première fois de sa vie, il paya de sa personne. La ville fut pillée, mais la vie des hommes et l’honneur des femmes furent respectés par ordre du roi; Charles VII avait, au moins pour vertu négative, l’antipathie des excès des gens de guerre. La garnison se réfugia dans le château. Les canons et les bombardes des Français, dirigés par Jean Bureau, battirent si furieusement cette forteresse, que les assiégés furent bientôt obligés de se rendre à discrétion; les « Français reniés » n’eurent point de merci, la plupart furent pendus; le roi fut miséricordieux aux Anglais pour l’amour du dauphin, enfant de quinze ans, qui venait de faire ses premières armes à côté de lui, et qui implora la grâce des vaincus (22 octobre 1427).

Pendant les guerres de religion, Montereau fut tour à tour occupée par les deux partis. Elle eut alors beaucoup à souffrir. Du 15 avril 1590, date de l’entrée d’Henri IV, jusqu’au 18 février 1814, elle jouit des bienfaits de la paix ; mais ce jour-là elle devint une fois encore un champ de bataille.

Un corps de troupes alliées, fort de 25 à 30 000 hommes, et commandé par le général Bianchi, avait passé la Seine à Montereau, et s’était avancé par la rive gauche du fleuve jusqu’à Fontainebleau, en même temps que le gros de l’armée de Schwarzenberg descendait vers Paris, en suivant les routes de la rive droite. Quand- Schwarzenberg, attaqué par Napoléon, se replia sur Troyes, le corps du général Bianchi dut revenir à Fossart, hameau situé à 3 kilomètres de Montereau. Napoléon résolut de le devancer à Fossart pour lui couper la retraite. Il donna donc l’ordre au maréchal Victor d’occuper, le 17 février au soir, les ponts de Montereau, qui étaient faiblement gardés. Le maréchal ne se mit en mesure d’obéir que le 18 au matin. Pendant la nuit, un corps de Wurtembergeois s’était établi sur les hauteurs de Surville, en avant de Montereau, de manière à couvrir la ville et les ponts. Quand .Napoléon arriva, à deux heures de l’aprèsmidi, par la route de Valence, les Wurtembergeois résistaient

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encore avec avantage aux attaques du maréchal, dont le gendre, le général Château, venait d’être tué. « Un effort vigoureux, dit M. A. de Vaulabelle, le rend bientôt maître des hauteurs qui dominent le confluent de la Seine et de l’Yonne. Puis, à l’aide de batteries qu’il y fait établir à mesure qu’arrivent les pièces, il foudroie les masses wurtembergeoises, alors concentrées sur les ponts et dans les rues de Montereau. Il pointe lui-même les canons de sa garde et commande les décharges. Le feu de l’ artillerie ennemie n’est ni moins vif ni moins meurtrier; les boulets sifflent de tous les côtés; bon nombre de canonniers sont tués sur leurs pièces, à côté de l’empereur, qui conserve son calme et continue de prodiguer les encouragements et les ordres. Les soldats, auxquels il est mêlé, murmurent de le voir exposer ainsi sa vie : « Allez, mes amis, » répond-il en souriant à ceux qui insistent pour qu’il se retire, « le boulet qui doit me tuer « n’est pas encore fondu. »

Au bout de quelques heures d’un feu terrible, l’empereur lance sur le faubourg le plus rapproché un corps de gardes nationaux bretons, arrivés depuis quelques jours, et que commande le général Gérard : le faubourg est emporté. On arrive près des ponts. Le général Pajol s’y précipite à la tête de sa cavalerie, et les enlève avec tant de vigueur et de rapidité que les Wurtembergeois n’ont pas le temps de faire sauter une seule arche. On les poursuit dans toutes les rues, sur tous les chemins; leurs pertes sont énormes, mais cette journée du 18 février, glorieuse pour nos armes, est une victoire inutile. La résistance des Wurtembergeois avait atteint son but -.pendant la bataille, le gros des forces de Bianchi défilait rapidement à une demi-lieue de là; et, quand nos troupes arrivèrent à Fossart, elles purent apercevoir au loin, sur la route de Sens, les dernières colonnes de ce corps d’armée, dont l’arrière-garde servait de point de ralliement aux fuyards de Montereau.

L’église de Montereau appartenait avant la Révolution à un chapitre de chanoines qui n’existe plus. Elle a été bâtie à deux époques différentes. Le portail, dont les maisons beaucoup trop rapprochées dérobent entièrement la vue, date de la Renaissance. Il est lourd et disgracieux. On y a enclavé une ancienne

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pDrte gothique. L’intérieur se compose d’une nef, d’un chœur et de quatre bas-côtés. Toute la partie inférieure est du im* siècle, toute la partie supérieure est du xvi'. La voûte manque. On l’a remplacée, en 1812, par un affreux plafond. Au second pilier du chœur, à la hauteur de la frise (et non à la voûte, comme on l’a dit si souvent), on remarque une épée supendue, la pointe tournée vers le sol. Cette épée est en acier et non en bois ; elle passe pour avoir appartenu à Jean sans Peur : mais son authenticité n’est nullement démontrée.

A l’entrée de Montereau, à gauche, un vaste bâtiment surmonté d’un petit clocher frappe de loin les regards des arrivants. C’est l’hôpital, appelé aujourd’hui Asile Napoléon. Par derrière, fument les cheminées de la fabrique de porcelaine opaque, qui occupe les bâtiments de l’ancien couvent des Récollets.

Quand on a franchi les ponts de l’Yonne et de la Seine, reconstruits au siècle dernier, il faut monter sur la colline crayeuse que couronne le château de Surville. De cette colline, transformée actuellement en verger, on découvre une vue très-étendue et très-belle, sur la ville, la jonction de l’Yonne et de la Seine et le cours de ces deux rivières. Le château de Surville appartient aujourd’hui à M. de Quélen.

L’embranchement de Montereau à Troyes est décrit dans l’itinéraire de Paris à Bâle par Troyes, Langres, Vesoul et Mulhouse (chemins de fer de l’Est).

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