Dict., art. Alting, Beaulieu, Perrot
Jaquelot riposta par la Réponse aux Entreliens (1707) (1) marquent la dernière reprise du duel. Avec une ironie supérieure Bayle se joue de Jaquelot connue le chat de la souris. Celui-ci en vient aux attaques personnelles ; il s'en prend à la bonne foi de Bayle et dévoile ses petites hypocrisies. Bayle proteste « qu'il a « dit mille et mille fois que l'on ne saurait agir plus conformé- « ment à la raison qu'en préférant l'autorité de l'Ecriture aux « maximes philosophiques qui s'opposent à nos mystères ■» (2) parce que Dieu ne peut pas nous tromper. Mais un esprit fort invité à préférer cette autorité se défendra par cet argument de Bayle : « Toute doctrine qui enseigne des choses contraires à la « raison et opposées à ses maximes les plus évidentes ne peut être « émanée de Dieu qui est la raison et la vérité même. » (3). Ailleurs le philosophe feint de parler en historien : voici une difTiculté que les scolastiques peuvent faire aux cartésiens, ce n'est pas mon sentiment, attendez ma conclusion. 11 est d'accord avec Jaquelot sur l'harmonie de la raison et de la foi, il n'est pas l'auteur du Commentaire philosophique, etc..
Est-il loyal pour réfuter un protestant de faire discuter un abbé ])yrrhonien et un abbé i)apiste ? « Le bon sens permet-il d'alléft guer des dogmes que les chrétiens réformés rejettent comme « faux et pleins de contradiction afin de faire convenir ces mè- « mes chrétiens réformés que la raison est souvent opposée à la « religion ? » (4).
Quand Jaquelot en revient aux idées, c'est pour exalter les lumières que nous devons aux dogmes seuls. Bayle est frappé par leurs obscurités ; après Pascal notre auteur fait valoir qu'ils ret? rcnt la raison d'un labyrinthe. Si, i)ar exemple, la matière est éternelle et indépendante, elle doit avoir toutes les perfections, dont la connaissance. La raison se perd dans cette pensée ; le dogme de la Création vient l'illuminer (ô). « Toute doctrine qui « éclaire la raison sur des articles capitaux qui l'avaient de tout « temps fort end)arrassée est divine. Or telle est la révélation « touchant la Création du monde, la Providence, la prospérité « des méchants et l'adversité des gens de bien, le franc arbitre, « etc.. » (6).
1. Hépanse aux Enlretieiis composés pur M. llayle contre la « Confonnilé (le lu foi uvec la ruison « et " l'Examen de sa thcoloijic ». Amst., 12,
i. p. 210. C'est toujours la prudence de Bayle vivant en pays protestant. .lu(luclol comprend mal (|ue la démonstration faite contre un dogme irrationnel vaut contre tous les dogmes.