L. III
6. La l" édition csl de 17ir>, p. p. l'abbé Hnlhelin : Anii Lucre tius scn de
Pendant que les chrétiens, surtout à l'étranger, multiplient les démonstrations de Dieu par les causes finales, le principe même et la légitimité de leur raisonnement sont révoqués en doute par ceux que l'esprit déterministe possède. Les ouvrages de « théologie physique » dont les anglais Eaij {1) et Derham{2), le hollandais Xieiiiuentyt (3) donnaient d'illustres modèles, allaient, jusqu'à Bernardin de St-Pierre, se succéder sans répit. La Théologie de l'eau, de l'allemand Fabriciiis (4), déchaînera un flot d'ouvrages où tous les éléments et les diverses classes d'animaux seront utilisés en faveur de la religion (5). Après les merveilles de l'astronomie, celles moins grandioses mais plus complexes et variées des sciences naturelles naissantes devaient tenter les apologistes. 11 semble que, selon un mot de Parisot, le moment soit venu où « pour être bon théologien il faut être bon naturaliste » (6). Et cependant dès le début du siècle ils sentent la résistance de l'esprit scientifique ; car les sciences naturelles, en rétrécissant le domaine de l'incompréhensible et de l'anormal, élargissent aussi le règne de la loi (7).
L'abbé Pliiche dans son « Histoire du ciel » (8) répond à ceux qui disent « Convient-il de faire usage de la cause finale en phy- « sique ? Et puisque, selon la sage remarque de Descartes, Dieu
Deo et Naturel libri IX. rééd. 1747, 2 gr. 8", 1748, 2 in-12. Traduction française de Boiigainville, en prose, 1749 2 gr. 8" ; 1755, 2 pet. 12 ; 17C7, 2 v. 12 ; 1772, 12. Traduction de Jeanty Laurans. en vers, Auch 1813, 8°. Bougainville dit dans sa préface qu'il fallait venger la poésie prostituée par Lucrèce. La partie métaphysique qui traite de l'âme est ultra banale.
1. L'Existence et la sagesse de Dieu manifestées dans les œuvres de la création. Lond. 1691. Trad. franc. Utrecht 8», 1714 et 1729. (V. Biblioth. anc. et mod. t. IV, .352). Le goût des sciences naturelles est en Angleterre un goût national.
2. Théologie physique. LondL 171.3, 8° ; tr. fr. Rotterdam 1726, 8» (V. Mém. Trév., fév. 1728). L'année suivante sa Théologie astronomi(]Ue (Lond. 1714, 8" ; tr. fr. Paris 8", 1729 et 1760) tire parti de la philosophie newtonienne. Les éclipses servent aux chronologistes.
3. L'Existence de Dieu démontrée par les merveilles de la \ature, Amst. 1715, 4» ; tr. fr. Paris 4° 1725 et 1760 (V. Mém. Trév. avr. 1726). L'auteur fait une utilisation finaliste du newtonisme.