Paris 1707. 8", art, lieliyion, p. 281 de l'éd
« raitrc pour rendre compte de sa doctrine. Quel monstrueux « parallèle ! »
Basnage appelait d'un mot un peu gros les incrédules : des « athées », Boileau précise la forme de leur incrédulité, c'est le déisme dénoncé par Saurin chez les protestants ticdes, celui de la plupart des déistes anglais, proprement celui de Voltaire. Je reconnais un Dieu, je l'adore, je l'aime. « Comme parmi les difîé- « rentes nations il y a de différentes manières de saluer le prince, « il y en a aussi d'adorer I)ieu(l). Je prendrai ce qui me convient « le mieux. Ne puis-je pas être juif sans cérémonies, païen sans « idoles, mahométan sans lihertinage et chrétien avec liberté » (2).
Extérieurement les déistes professent la religion reçue, puisque les dehors sont indifférents, et Boileaii s'indigne de leur duplicité, comme Leclerc et Pictet de celle des « temporiseurs ». « Dispu- « tez-vous avec eux, ils se piquent d'avoir une religion comme « vous, de la probité au moins autant que vous, de la raison plus « que vous » (3). De même que Fontenelle répondait quand on le pressait trop sur ses vrais sentiments : « j'ai fait mes Pâques », le déiste de Boileau dit hautement : « j'entends la messe ». — Mais « est-ce là le caractère d'un homme d'honneur ? » (4).
Vers la fin de cette période, l'observance des pratiques même se relâche chez les mondains et dans la bourgeoisie riche. A en croire le jésuite Croisset, le carême est regardé « comme une loi qui n'oblige plus que les gens de couvent et le peuple (5). « Ce « bourgeois jeûnait, cette femme dans sa boutique faisait réguliè- « rement le carême, leur fortune a changé... à peine leur a-t-on « vu tomber l'aune des mains qu'on leur voit prendre des airs « de gens de qualité et demander la dispense de faire maigre » (0).
De même pour les Cendres. « Une femme du monde craindrait « qu'on ne dérangeât sa coiffure et qu'on ne salît ses cheveux ; « la cendre bénite sied mal sur un front où toute la mondanité ft est peinte, et elle ne sied pas mieux avec la j)oudre » (7).
Comme les riches ne font plus de largesses aux églises, les orne-
1. On connaît la formule chère à Vullairc sur « les difTércnlcs façons de saluer le Père ».