b. art
7. La foi des chrétiens et des catholiques justifiée contre les déistes, les juifs, les mahomélans. les sociniens et les autres hérétiques, ouvrage où l'on réduit la foi à ses véritables principes et oii l'on montre qu'elle est toujours conforme à la raison. Paris 1714, 4 v. 12 (posthume) dédicace par le P. de Laubrussel. provincial de Champagne. L'auteur s'excuse de prendre la plume après Orotius, Abbodie et Hossuet, mais il sera court {sic), pas abstrait ni proTane. Dez «Kl i:?-1712» fut recteur h Sedan, Strasbo.irg, puis provlnqial de (Champagne et de Gallo-HelHiiiue.
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sible qu'il nous paraisse ■>•> (1). Mais pas plus que lui il ne leur suppose une force contraignante sans la grâce. Son originalité est dans l'habile disposition de sa matière. Il part de la considération du christianisme actuel, inexplicable si les premiers chrétiens n'ont pas vu ce ((u'ils prétendent. 11 montre ce qu'ont vu les apôtres : Jésus-Christ, — ce qu'a vu le monde converti : les apôtres, — ce que nous voyons : le monde converti. Un homme sage qui se place successivement devant ces 3 tableaux ne ])eut pas refuser de croire.
L'ouvrage, sans métaphysique ni érudition, est vicié i)ar le mnn([ue de critique. Tous ces ai)ologistes, qui en ont si peu, en supposent une fort aiguisée chez les contemporains et les successeurs de Jésus. FA cependant, quand on objecte à Dez l'incrédulité du grand nombre, il allègue que beaucoup n'ont pas examiné les miracles, qu'ils n'étaient i)as tous sages (2), et il démontre imprudemment l'indifTérence des hommes par l'exemple de ceux d'aujourd'hui.
Nous trouvons i)lus de sagacité chez Jean Denijse, professeur de philosophie au collège de Monlaigu, qui, dans son cours de philoso])hie par ordre géométrique, insérail une bonne démonstration de la religion fondée uniquement sur les miracles (3). L'auteur déclare devoir le meilleur de son ouvrage à Abbadie. Sa géométrie est chimérique, ses principes et ses déductions n'ayant aucun caractère de nécessité (4). Denyse s'ai)plique simplement, et c'est déjà beaucoup, à raisonner serré. Voici quelques-unes des vérités psychologiques qu'il ])rend pour axiomes : tout fourbe a dessein de persuader ce qu'il dit, — donc un homme ne publierait ])as aujourd'hui que tandis qu'on pendait un homme connu de tout Paris le soleil s'est éclipsé pendant 3 heures, ou encore que sous Louis XIII « il vint de l'Afrique des savants lesquels demandèrent « où était le roi des Français nouvellement né... que le roi fit « assembler le Clergé de France et s'informa du lieu où devait « naître ce roi » (o). l^ne troupe ne peut pas être trompée à la fois sur une foule innombrable de faits.
C'est le développement inévitable sur les apôtres ni tromj)és ni tromi)eurs, mais Denyse entrevoit comme possible que les évan-
.1. La vérité de la reliçiion chrrlienne (Ivmnntrce par ordre (lénmvtrique. Paris 1717, S".
•1. u II n'y a dans cPt ouvr.T{»c riiMi <lr nouveau t|uc la niélhodo. •• « La <l(''iT>onslration d'un fait (|uoif|up procédant ^l'oniptriqucnicnt est toujours uno «ItMiionstration morale jiaree ([u'elle n'est fondée (|ue sui' le ealeul des vraisrmbl.Tnces. •> Europe savante. [(Wll, avr. 1718, p. 274 et 2'i8.
giles aient été écrits par les disciples ou les secrétaires des auteurs nommés. Pour les apparitions du Ressuscité il envisage en face l'hypothèse de l'hallucination. « On dira peut-être qu'il y a beau- « coup d'apparitions, que les apôtres et les disciples avaient tant « d'amour pour J.-C. et pouvaient en avoir l'imagination si frappée « qu'ils se sont imaginés le voir dcuis leurs songes et que l'im- « pression leur en est restée si forte qu'ils n'ont pu s'en dissuader, « même après être éveillés ; ou bien même que cet amour aveugle « a pu leur déranger si fort le cerveau qu'ils s'imaginaient à tons « moments le voir, surtout par l'attente de sa résurrection, sur les « belles promesses qu'il leur en avait faites pendant sa vie « (1). A quoi l'auteur répond qu'il apparut à plusieurs ensemble, à des voyageurs, des pêcheurs « bien éveillés, occupés à des actions sérieuses », que le récit des apparitions est circonstancié, que l'envoi du St-Esprit aux apôtres atteste la survie du Christ.
Enfin Denyse fait preuve de quelque indépendance quand il passe sous silence le témoignage de Josèphe, admet que les mart^Tologes renferment beaucoup de faux martyrs, écarte les miracles attribués aux reliques. Mais ces quelques lueurs ne tirent pas de pair son ouvrage, vicié, comme les précédents, par la thèse du tout ou rien : les faits sont vrais ou les témoins menteurs. L'incroyant passera un jour entre les cornes du dilemme.
Un autre jésuite eut une idée intéressante qui témoigne d'un effort d'adaptation aux besoins du temps. La moindre ligne d'un historien profane faisant bien mieux l'affaire des douleurs que tous les in-folio chrétiens, le P. Dominique de Colonia rassembla les témoignages des païens qui confirment directement ou indirectement les récits évangéliques (2). Sa critique est malheureusement bien courte car, s'il élimine Sénèque et les Sibylles, il conserve Josèphe, les Actes de Pilate, Thallus(3), d'autres encore.
Un protestant, Plantier, disciple de Turrettin, fait aussi porter son effort sur un point particulier. Dans ses Réflexions sur l'histoire des juifs (4), il utilise Basnage pour réfuter Collins et spécia-
2. La religion chrétienne autorisée par le témoitjnagc des anciens auteurs païens. Lyon 1718, 2 v. 12.
.3. Auteur des Histoires syriennes connues par quelques citations dans Justin martyr. TertuUien. etc.. Il parlait des ténèbres sur\'enues à la mort du Clirist.
4. « 1 — sur la ruine de leur république et sur le Messie ; 2 — sur l'incrédulité de ce peuple ; .3 — sur les incrédules en général, pour servir de preuves à la vérité de la religion chrétienne. « Genève 1721, 2 v. 12. Plantier est un laïc^ A en juger par sa préface, la propagande irréligieuse était jll'us avancée dans les pays prolestants qu'en France. Depuis peu, dit-il, lis incrédules font paraître un grand zèle pour propager l'inciédulilé. Il semble, dit
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lemcnt pour répondre à l'objection toujours brûlante : s'il ij avait lanl de preuves de la messianitc du Christ, pourquoi les juifs l'out-ils repoussé ? Il en cherche les raisons dans leur histoire.
Après avoir prouvé cette nicssianité par les prophéties et par la ruine de Jérusalem rebelle, il aborde la « didiculté terrible ». Elle est de celles dont il dit dans sa préface « qu'il est peut-être impossible de les résoudre entièrement » (1). Les juifs sont incrédules malgré iS raisons de croire en Jésus, savoir : sa doctrine, sa vie, ses miracles, le temps et le lieu où il a paru, ,sa tribu, sa famille et sa mère. Leur résistance s'explique en général par les passions et les préjugés, en particulier par l'exclusivisme des sectes qui se jjartageaient le peuple élu. (chacune avait une raison de repousser Jésus : les esséniens l'orgueil, les gaulonites le principe du refus de l'impôt, les hérodiens l'attente d'un Messie temporel, les thérapeutes le goût du mysticisme allégorique, les sadducéens leurs erreurs cajjitales notamment sur la vie future, les i)harisiens leur dévotion superstitieuse. Ces derniers étaient l'obstacle le plus fort, à cause de la confiance que le peuple avait en eux. — Un autre obstacle fut la conduite du sanhédrin, (pii ne jjouvait se condamner lui-même et avouer une erreur judiciaire. lùilin l'abrogation de la loi cérémonielle achevait et continue d'aveugler les juifs, car ils sont convaincus qu'elle doit toujours durer.
Plantier répond, en finissant, aux difiicultés générales. Pourquoi, dit-on, blâmer les juifs simples instruments de Dieu ? — Dieu n'est jamais auteur du mal, il ne peut que le permettre comme un médecin ])ermet un poison-remède. D'ailleurs la raison veut qu'on cherche l'évidence des preuves, non pas celle des choses ])rouvées (2). CoUins mène grand bruit autour des divisions des théologiens. Elles tiennent à la diversité des tem])éraments, à l'entêtement, aux intérêts, aux liassions, aux (lisjiutcs de mots. Un avocat corrompu ou ignorant ne fait i)as ((u'une bonne cause soit mauvaise.
Le meilleur jiréservatif contre l'incrédulité est l'intérêt c|ue nous avons à rechercher les biens (pu' la religion offre et à i)arier poui* elle, dussions-nous être déçus (3).
Sleelc. qur le salut du genre humain en dépende. « Ils liarassenl continuellement leurs amis pour les entraîner dans leur parti. > (Sleele, t. 2, dise. .').'>). Epiire à Tiirrcllin.