‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 180 sur 397 · V. La Placelle · texte numérisé non relu

V. La Placelle

Les reli(ji(jns d'autorité >, [187] p. 302.

252 Di: PASCAL A CHATEAUBRIAND

accci)tcr une histoire d'où se dégage un enseignement utile mais non définitif (1).

Quoi qu'il en soit, cette apologétique psychologique avait moins de prise encore sur les esprits entre 17UU et 1730 que l'apologétique par les preuves externes. Déjà Leclerc, en 109(5, signalait liarmi les « mauvaises raisons (pii indisposent les incrédules « l'idée que le St-Ksprit rend un témoignage intérieur de la tlivinité de l'évangile (2). Cela n'empêche pas Lacroze de reprendre « les « preuves de sentiment dont il y a aujourd'hui tant de gens qui « se moquent parce qu'ils n'en ont point d'idée, et qu'ils croient « (ju'on ne les peut soumettre à la rigueur des raisonnements « ordinaires » (3). Mais Denijse démontre la vérité de la religion par ordre géométrique, justement parce que les « preuves de sen- ('. timent, les convenances de la religion chrétienne avec la nature « de l'homme ne sont point du goût des athées modernes ; ils « prétendent que l'imagination // a plus de part que la rai- « son )) (-4).

Il n'en faut i)as être surj^ris. Nous entrons dans un siècle où la vie intérieure appauvrie, même chez les chrétiens, rend exceptionnelles les expériences religieuses de ce genre. 1-lllcs sont naturellement inintelligibles à l'honnête homme selon le monde, qui règle de plus en plus sa conduite par des principes de morale sociale, mais (jui ignore la culture personnelle, les })éripéties de la lutte intime, l'efFort vers la perfection, rincpiiétude inséparable du sentiment du péché. Peu d'âges ont joui d'une allégresse aussi pleine, de la sérénité que donnent la foi dans la nature humaine, la certitude optimiste du progrès, l'oubli du tourment métaiihysique et l'orgueil de la vie.

Les fds de Pascal en ce siècle sont venus trop tard ou troj) tôt. Ce siècle dit leur maître fou : il donne ainsi sa mesure. Quand la vie morale et le sens religieux auront été puissamment réveillés l)ar Piousseau, il ])or(lra de sa magnifique assurance.

1. A viiii (lire. In iiriiUMpalc objcclion ri'Slern celle de la première heure, mnis iipprofoiKiie et modernisée. On appli([ucra par exemple à l'expérlenec religieuse de eeiix qui prétendent « goûter Dieu >< ce (|ue Dehicrnir dit de l'expérience spirile : riiypollièse dos Esprits « s'impose au médium comme une suggestion (|ui lui vient du milieu (lUi l'entoure, et sou exY>érience lui l)ai'aît vérifier cette hypothèse précisément parce (|ue... cette théorie en devenant tradilioMiielle a i>ris la valeur contraignante d'ujie tradition, la forme d'/;;ic' expérience <iui n'est cxactenienl l'expérience de personne ni<iis iiui, èdanl l'expérience de Ions, pent dcnenir celle de chacun ». — /{. uiélttph. V.)0'>, p. 278, art. sur Miiers.

•2. De l'Incrédulité. 2' jiart., c. 0.

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