‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 193 sur 397 · Lellrc de li. Ismaël 1722, p. lO · texte numérisé non relu

Lellrc de li. Ismaël 1722, p. lO

:i. M. Trév. sept. 1709, art. 121 ; réimpi-. dans le recueil de l'abbé TiUadel : « Dissertations sur diverses matières de relif/ion et de philohxjie », Paris 1712, 2 V. 12, .')'> dissert. (V. Ilurier [21] t. II, 10()2). La ii- dissertation, contre Hasna(je. est sur le même sujet.

4. Defensio religionis necnon Mosis et (jentis judaicœ contra ditas disserlaiiones Joh. Tolandi. Utrecbt 1709, «" V. -V. r. /. août 1709 p. 195. De la Fai/c était pasteur de l'église anglaisci d'UliVcht. Dans une 1" dissertation, il réfute \'.\deisidn-ni(>n de Toland et combat le i)aradoxe <le l'athéisme moins nuisible <]ue la superstition ; dans une 2'' il défend IJuel.

.'). Défense des SS. Pères accusas de plmtonisme (an.t Paris 1711, 4",; rééd. p. Morel, Paris et Lyon 18.18. 2 v. 8" sous le tàtre « Pureté du christianisme, ou le christianisme n'a rien emprunté à la philosophie païenne «,

jours avec l'Eglise et l'on voudrait qu'elle se corrompit ? Les attaques des Pères contre Platon prouvent bien qu'il n'est pas leur maitre ; ils relèvent chez lui des erreurs de physique touchant la matière éternelle, des erreurs de morale : sans parler du Banquet, que penser des jeunes filles nues à la palestre ? Ils ne se sont appliqués à la philosophie que pour pouvoir la réfuter (1), — et Baltus cite imprudemment l'école chrétienne d'Alexandrie, la plus ancienne de toutes. La plupart sont sortis de chez les rhéteurs, non de chez les philosophes. Enfin, et c'est la thèse centrale de l'auteur, la philosophie platonicienne était ruinée à la naissance du christianisme. Notre Trinité n'est par celle de Platon, et celle de Plotin est copiée sur la chrétienne. C'est d'autant plus vraisemblable que Platon lui-même a plagié les juifs, puisque seul il s'élève à Dieu principe et fin de toutes choses, et qu'on trouve chez lui seul une conformité aux sentiments et aux termes de l'Ecriture qui ne peut venir du hasard (2).

On ne peut mieux tourner en cercle et avancer à peu près autant d'erreurs que d'affirmations.

Plus intelligent est le P. Moiirgiies S. J. qui prend en mains l'année suivante la cause si mal défendue par Baltus (3). Lui ne nie pas les louanges que les Pères ont adressées aux platoniciens. Seulement, ils ne les ont exaltés, dit-il, que contre la religion populaire. Leurs apologies cherchent à détromper le peuple par la religion philosophique et les philosophes par les prophètes. On abuse aujourd'hui de cette estime relative pour accuser les Pères de platonisme, mais ils n'ont jamais approuvé le platonisme que par les endroits qu'il avait empruntés du judaïsme. Ces emprunts ont probablement eu lieu par le canal des Egyptiens. Orphée et Pythagore avaient rapporté d'Egypte la croyance au Dieu suprême (4) ; après ses courses, Platon tenta de substituer une théologie allégorique à la poétique. Le mélange de doctrines d'origine diverse explique leurs inconséquences. Ainsi, entêtés de

1. Inexactitude grossière. Basile et son frère Grégoire de \ysse se nourrissaient de Plotin et s'inspiraient souvent de lui. V. les notes de Bonillet dans sa traduction des Ennéadcs ; Xicolas. art. Alexandrie (école pliilosophi([ue), Encycl. Lichtenberger. Augustin disait des Alexandrins : •• paucis niutatis verbis atquc sententiis christiani fièrent ». De vera religione c. 4 § 7. V. sur* la question du Logos les claires pages de Guignebert : « L'Evolution des dogmes », Flammarion 1910 p. 46 sq.

2. Baltiis accepte sans critique l'invention du juif Aristobule toucliant une version grecque de la Bible antérieure aux 70. C'est celle qu'aurait lue Platon.

3. Plan théologigue du Pythagorisme et des autres sectes savantes de la Grèce jiour servir d'éclaircissement aux ouvrages polémiques des Pères contre les païens. Paris 1712, 8".

I. Mourgues accepte nalurellcnienl comme aiitlienli([uc la « palinodie » d'Orphée.

niétempsycose, ils admettent cependant des jieines éternelles pour les péchés incurables. Quand les Pères relèvent la Trinité de Platon, ils veulent « apprivoiser pour ainsi dire les païens à « la créance du dogme chrétien par cet argument : vous tenez « Platon pour un excellent maître sur les choses divines (ces c paroles sont de St-Justin) et Platon vous enseigne qu'il y a « 3 hypostases en un seul Dieu. Qu'avez-vous donc à vous récrier « contre nous qui ne faisons que rectifier Platon par Moïse, le tt maître de Platon sur cette matière comme sur beaucoup « d'autres ? » (1).

Mourgues ne voit pas le danger de ce genre d'apologie. Ses clïorts pour analyser les 3 hypostases archiques font éclater l'origine hellénique de la Trinité. Victime de la même illusion que les Pères, il rappelle avec candeur qu'Augustin retrouvait dans Platon tout le premier chapitre de S. Jean. Après lui la question : lequel, du christianisme et du platonisme, est le plagiaire, €st plus près d'être résolue dans le sens de Souverain.

Psychologiquement on comprend la valeur de cet argument que Huet appelait une preuve subsidiaire du christianisme très importante et belle (2). Le chrétien se raccrochait avec joie aux traditions et aux doctrines analogues aux siennes que les mythologies ou les philosophies païennes lui offraient. Quoi qu'il en eût, cette harmonie le rassurait. D'abord la confiance orgueilleuse héritée des juifs lui fit considérer les autres comme des copistes imparfaits de la vérité qu'il détenait par privilège. Nous arrivons au moment précis où cette position commence à n'être plus tcnable, et où, abandonnant la première ligne de défense, le chrétien insiste moins sur la filiation des doctrines que sur leur parenté, pour en conclure : le christianisme n'est pas absurde puisque la raison naturelle et les besoins de l'àme humaine ont conduit les païens à des vérités analogues. Les derniers défenseurs de la thèse inclinent par moment vers cette idée qui est celle de Thomassin. Mais dès lors l'argument tiré de la priorité de la révélation judéo-chrétienne est compromis.

Les Kn même temps que les étais on ébranle les colonnes du

prophéties Temple, les prophéties et les miracles.

La pro|)hétie réalisée avait toujours été regardée connue le miracle le plus probant, la jjrévision des futurs contingents étant manifestement réservée à la ])rescicn(c divine. Le conJlit déjà

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