P. XII
4. Dans un Kssui sur la iiécessilc de lu rcvclalion. « Mclant^os philosophiques », Lcyde 17r)4, 2 v. 12 t. II.
5. Elle introduit à un étal supérieur, réservé aux âmes (|ui entreront dans le plan de Dieu, (il y a plusieurs demeures au ciel) ; mais aueune créature n:' sera malheureuse faule de eonnaissaïue.
C. Peu de jésuites ou de méeréauls ont parlé aussi dignement que ce janséniste des vertus païennes. Le P. Dc.sinoiils prétend développer simplement ce qu'il en dit.
7. Le marseillais Dnlard publia en 1719 un poème en 7 chants sur « la Grandeur de Dieu dcuis les meri>eilles de la nature > qui en était, en 17fi7, à sa 5'" édition. <• On n'en a point parlé 21 heures », écrit inconsidérément Raijnal. [7.1], I. 297.
8. Né à Sézanne (Marne) en 1083 mort en Paris en 1702. \faran entra à 19 ans dans la congrégation de St-Maur. Il é-tudia les langues orientales, TEcriture et les Pères et travailla à l'édition des œuvres de Cyprien, Basile, Justin, Tatien.
DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A l'eNCYCLOPÉDIE 345
Profondément religieux en un siècle qui l'est si peu, et tout pénétré de S. Paul, il consacre tout un volume de son apologie à prouver la divinité de J.-C. par son action dans les âmes. Le seul miracle sur lequel il insiste est celui de la nouvelle naissance. Si J.-C. n'est pas vivant, qui agit en moi avec cette puissance ? L'erreur des sociniens et des déistes est qu' « ils regardent sa i. divinité comme un dogme spéculatif dans lequel ils n'aperçoi- « vent aucun rapport avec la guérison du cœur humain ■>■> (1). Or l'humilité et la conlîance, ces vertus essentielles dont les philosophes n'ont même pas connu le nom, J.-C. ne se contente pas de les commander, il les donne (2). « Si J.-C. n'était pas Dieu, s'il n'était « pas au plus haut des cieux à la droite du Père, comment en « croyant en lui et en l'invoquant deviendrais-je une nouvelle « créature ? (3)... Que l'incrédule dise tant qu'il voudra: qui « pourra monter au ciel ?... je l'ai invoqué et je n'ai point été « confondu, il a créé en mai un nouveau cœur, il y a répandu « un saint amour qui me vivifie et qui me fait observer ses com- « mandements (4)... Un incrédule pourra-t-il jamais se persuader « que ceux qui sentent en eux l'opération du S. Esprit par la « victoire de leurs passions et par le saint amour qui a été rér « pandu dans leurs cœurs, ont tort d'être inébranlables dans « l'espérance que donne l'évangile ? » (5).
Aussi un des auteurs de la Folie des prétendus esprits forts refuse-t-il aux mondains toute compétence. « Il n'y a que ceux « qui ont livré leur cœur à cette sainte «religion qui puissent ren- « dre un témoignage digne de foi aux ravissants effets qu'elle <( produit ;... la sagesse ne peut être justifiée que par ses en- « fants » (6).
Athénagore. Grégoire de Xazianze. Son hostilité à la Bulle le fit exiler à Orbais (Marne) puis à St-Martin de Pontoise. 11 passa cependant à Paris les 25 dernières années de sa vie. L'ouvrage dont nous parlons parut d'abord en latin : Divinifas Domiiii nos.tri J.-C. manifesta in Scriptnra et traditione, Paris 1740 fol., puis en français : La divinité de N. S. J. C. prouvée contre les hérétiques et les déistes, (an. Paris 1751, 3 v. 12). Les 2 premiers volumes renferment les arguments classiques contre les sociniens. La matière du t. Ill est nouvelle. V. Trév. juil. 1752, p. 1458. Maran défendra de nouveau la divinité du Christ contre les Jésuites Ilardouin et Berruyer. V. infra c. VIII, § 3.
3. T. III, 159 sq. . L'ap<)tre (Paul) fait voir que J.-C. est le Fils de Dieu et « qu'il est ressuscité |)arcc que la foi en son nom ol'ticnt lu vie qui fait obser- « ver les comniandemen.ts. au lieu que la loi promettait la vie à ceux (]ui les « observent, mais par elle-même elle ne vivifiait pas pour les faire obscr- « ver » ib.
6. P. 24. V. supra 318 n. G. Deux autres apologistes font une place à la preuve interne. L'abbé de Pontbriand, l'instituteur des pauvres Savoyards, en
t346 DE PASCAL A CHATEAUBRIAND
Cette apologie par l'appel à l'expérience intime est portée dans la chaire par le P. Pérussaiilt S. J. En un temps où les prédicateurs n'ont pas encore, semble-t-il, conçu l'impérieuse obligation de défendre le christianisme, ce jésuite prêche sur la convenance de la foi avec les asi^irations de l'àme, et ceci est un fait assez nouveau pour mériter d'être signalé (1).
Malgré tout, les apologies de cette période laisseraient une impression de grande faiblesse si deux d'entr'elles n'avaient, pour des raisons dill'érentes, retenu l'attention du public.