‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 251 sur 397 · II, 102, .3. III, 2M · texte numérisé non relu

II, 102, .3. III, 2M

fi. Mélhndp pniir l'-liiilier l'hixlnire. 1713, 2 v. 12, t. I, 5.

DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A l'EXCYCLOPÉDIE 351

impitoyable mais véritable critique la chronique et le chroniqueur ».

Les écrivains non jansénistes ne laissent subsister aucune ressemblance entre les miracles de S. Médard et ceux de l'évangile (1). Les convulsions sont contagieuses et faciles à contrefaire; on en a des exemples historiques analogues, y compris celui des prophètes cévenols. Les témoins étaient sans discernement, fanatiques. On faisait des efforts désespérés pour procurer des guérisons. Les maux guéris étaient de ceux dont l'espèce et le degré ne se discernent pas immédiatement. Beaucoup étaient naturellement curables par l'exercice ou l'imagination. Les guérisons n'étaient ni subites ni complètes ; il fallait du temps, des neuvaines, des remèdes. « On n'oubliait pas d'appliquer aussi sur les yeux du « jeune Espagnol (outre les reliques de Paris) une décoction de « guimauve ordonnée par un oculiste pour abattre l'inflammaft tion » (2). Ces miracles étaient mal accompagnés, d'une utilité douteuse, sans lendemain puisqu'on n'en parle plus. Aussi l'auteur du Plan général de l'œuvre des Convulsions, moins afïirmatif que Montgeron, les dit-il « faibles et voilés ». Pour nous, nous y reconnaîtrons l'effet des causes secondes.

La preuve par les prophéties ne doit pas être mise au premier rang, comme Sherlock l'a bien montré. « Sans trop nous étendre " à éplucher divers textes obscurs concernant la personne du « Messie, nous nous arrêterons plutôt à considérer l'esprit géné- « rai de l'ancienne économie qui demandait un supplément » (3). La réjection de J.-C. par les juifs ne prouve pas que les prophéties ne s'appliquent pas à lui. Il a été rejeté par le sanhédrin, mais un conseil n'acquiert pas une infaillibilité que chacun de ses membres n'a pas. La mort de Jésus « fut l'ouvrage d'une cabale des « sacrificateurs et des scribes, gens très corrompus et plus politi- « ques que religieux, qui ne souhaitaient point pour eux-mêmes « de voir un Messie prophète et réformateur, et qui, pour leur

1. Des Vœux, pasteur : Discours sur les miracles 1732. — Critique générale du livre de M. de Montgeron, Amst. 1740. 16. V. Nouv. Bibl. [64] déc. 1740 p. 494 ; — Bibl. fr. [61] t. 30 Avertissement et t. 31, 1. — Dom La Taste : « Lettres théologiques », 2 v. 4° etc..

2. V, 411. Le Journal de Trévoux ne tarit pas d'éloges et cite largement les " réponses si sensées et si satisfaisantes » de Vernet (1748 p. 10G8), auteur c- très attentif, très judicieux et très propre à confondre les ennemis des miracles de l'évangile > (1070). Les preuves par lesquelles il établit la bonne foi des témoins de ces miracles « égalent pour la clarté les plus brillantes lumières du soleil >' (124). « Cet écrivain a le malheur d'être protestant : nous sommes sincèrement fâihés qu'un si bon esprit tienne à une communion qui n'a aucun caractère d'antiquité ■> (10.")7). V. aussi Trév. 174.^ p. 2005, et J. Ht. [62] t. 16 p. 316.

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