Mot dp Turretlin. II
2. Pour la première fois lii preuve interne, — l'accord intrinsèque de l.'i religion clirélienne avec le cœur, — -est clairement distinfiuée des efVets de l;i rdigion dans la conduite des individus et des sociétés. Ces fruits visibles sont rangés parmi les |)reuves externes.
3. Il fut un des 1 pasteurs que d'.\lember,t vit à Genève. On comprend fort bien que le mathématicien catholique, peu initié aux subtilités fit aux mille nuances de l'hérésie, ait acqusé en gros de socinianisnie des hommes <iui repoussaient la notion orthodoxe de la Trinité. V. Desnoirelerre.i V, 177. Masson \\C>f>] I. 282 sq.
I. I-issais (le Ulti^rttlitre cl de ;)io;v//r.. chap. de l'Kspril. 17:t(), 12, p. 4(M'). Hurler [21] t. Ill, Il trouve cxcellenles ses Pensées choisies sur l'incrédulité.
DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A l'eNCYCLOPÉDIE 355
l.< répression (1). Vasscmblée de 1750 dénonce au roi de mauvais livres ; le roi promet d'en arrêter le cours (2). Les évêques commencent à lancer des mandements. Nous avons vu ceux qui mettaient en garde contre la thèse de l'abbé de Prades. En 1753 Belsiuice tâche de prouver par des citations que chez les philosophes l'immoralité marche de pair avec l'impiété. Bien que ce soit un procès de tendance et qu'il trouve jusque chez Toussaint une incitation à la débauche, il reste que la réhabilitation générale de la « chair » et des passions, ainsi que la vie privée de la plupart des philosophes, ne recommandaient pas la sévérité dans les mœurs. Pour contester l'effet démoralisant du matérialisme théorique, il faudrait admettre avec Bayle que les idées sont sans force.
De 1730 à 1750 les missions se multiplient.
Pendant que les jésuites Lafitau, Pérussault, Segaud (3) et surtout de Neuville (4) attirent le public élégant de Paris par leur éloquence de plus en plus académique, les lazaristes prêchent en Brie et en Beauce, les eudistes en Normandie, en Bretagne et dans le Maine, les missionnaires du S. Esprit (5) en Poitou, Anjou et Aunis, les oratoriens, les capucins et particulièrement les jésuites, un peu partout. Le succès du P. Rridaine (6) qui donna de 1725
1. Jusque là le clergé ne demandait de mesures que contre les jansénistes et les protestants.
2. Précis par ordre alphabétique ou Table raisonnée des 'matières contenues dans la nouvelle collection des Procès verbaux des Assemblées générales et particulières du Clergé de France. Paris 1780 fol. t. VIII, 402. La Correspondance de Raynal taxe les prélats de tiédeur : « La discussion de toutes ces choses a été <' renvoyée à la Sorbonne qui s'en occupe sérieusement. Les livres qu'elle exa- « mine sont : l'Esprit des lois. l'Histoire naturelle, la Lettre sur les aveugles, « l'Histoire de l'âme, les Pensées philosophiques >> éd. Tourneux I, 475.
3. Lafitau (1685-1764), un des partisans les plus passionnés de la Bulle, évêquc de Sisteron. Chargé des afifaires de France à Rome, il avait intrigué pour faire donner à Dubois le chapeau de cardinal. — Sermons. Lyon 4 v. 12, 1747 et 1754. Migne. Orateurs sacrés t. 52. — > Pérussault, V. supra p. 346. — Segaud (1675-1748) ancien professeur d'humanités à Louis le Grand, reçut une pension de 1.200 livres du roi qui appréciait sa prédication (1745). Il était pieux et de mœurs austères. Ses Sermons furent publiés par le P. Rerruyer, Paris 1750-51, 6 v. 12. Migne t. 47. — Ces 3 orateurs se firent entendre à Versailles.
4. Freg de Xeuville (1693-1774) fut 13 ans professeur de philosophie et 30 ans prédicateur. Il .prêcha 6 carêmes à la cour. Quand son ordre f,ut chassé, il refusa d'abjurer son institut, erra 7 ans en France, jmis obtint de Louis XV, en considération de son mérite, l'autorisation d'habiter St-dcrmain-en-L^iye. // est regardé comme le meilleur prédicateur français du siècle. Son élo(iuence est trop fleurie pour le goût moderne. Nous retrouverons dans la période suivante ses sermons apologétiques. — i Sermons, Paris et Lyon 1777, 8 v. 12. Migne, t. ô7.
5. Fondés à la Rochelle par Guignion de Montfort (167.3-1716) qui avait beaucoup prêché lui-même en Poitou et à Nantes'. V. svir ces missions .1. Bernard [22], 197 sq.
0. Xé et mort dans le diocèse d'Uzès (1701-67), il fit ses études chez les ji'suilcs et 'consacra sa vie aux missions. II avait tous les dons de l'oi-afeur,
35() DE PASCAL A CHATKAIBRIAND
à 17G7, 250 missions, surtout dans le midi, se marquait par des conversions nombreuses. A en juger par les sermons qu'il a publics, il se préoccupait de réveiller les consciences beaucoup plus que de contester. C'est la meilleure défensive.
Kn avril ITôl, Barbier constate rallluénce des lîdèles dans les églises de Paris (1). En mai liiHjnal écrit : « L'histoire ne nous a « conservé le souvenir d'aucun jubilé qui ait fait à l'aris autant « d'impression que celui qu'on y gagne maintenant. On n'y parle, « on n'y i)ense, on n'y est occupé que de cet objet » (2). Pour chauller la piété populaire on répandait la « Copie d'une letlre » (3) de J.-G. : « Je vous dis par la bouche de Dieu mon « père et de ma chère Mère, et de tous les chérubins et séraphins « et par le chef de mon Eglise, St Pierre, que si vous ne vous « amendez et corrigez votre vie, je vous enverrai des lièvres « extraordinaires, tremblement de terre... et gelée sur les biens « de la terre, vos bestiaux périront ». « Ceux ou celles qui tience dront une copie de cette belle Lettre dans leur maison,... jamais « malin esprit, ni foudre, ni tempête ne leur toucheront, et toute « femme enceinte qui la portera accouchera heureusement ». Si vous n'apaisez ma colère, « je vous enverrai grande famine, peste, << dissenterie, guerre ou autres maux ».
11 y a bien du tintamarre là dedans. 11 est cependant ai)prouvé par 2 Docteurs de Sorbonnc.
En même temps le besoin se fait sentir de préserver la jeunesse, toujours ouverte aux nouveautés, et ceux qui vivent dans des états ])eu favorables à la vie spirituelle, les soldats, les marins., les nobles. On voit aj)paraitre et bientôt se multiplier les ouvrages de vulgarisation apologétique.
En 173Î) un recteur de collège, le P. La Giiille S. .1., écrit un Préservatif pour un jeune homme de qualité contre l'irréli(/ion et le lil)crtina(/e (4). Ce livre, adressé aux élèves d'une académie, iiiontre la jeunesse riche déjà contaminée sur les bancs de l'école. En 1717 un autre jésuite, le P. Yves de Valois, professeur d'hydrographie à La Pochelle. publie des Entretiens sur les vérités fon-
iiKiis, iniprovisanl vf)l<iiilin-s, il ii'rvilail pas la 1rivi;\lil(''. Il pir-chn 'A aniit'-PS (le Miilc à Piiris ( 17."«;i-.').")i. licnoil .Y/V \c récompensa j):ir le litre de ■■ missionnaire général ». — Semions. Avignon 1811, 7 v. 12.
1. " Si l'inlérienr n'est pas bien sincère, du moins les dehors de la religion sont remplis |)()iir donnei' l'exemple an peuple ■ . .loiirnal V, .'!!•, e. p. Udiislan [112], p. 293.