P. XII
2. Kennicolt, d'Oxford, public en 1770 et 1780 son Vettis Tcsiamenlum hehraiciim ciim variis leclioiiibiis. Ox.. 2 fol. Il contient les variantes des niss hébreux, ehaldaïques, samaritains. De Rossi, de Parme, collationna 1700 manuscrits et tlonna le résultat de son travail dans Vuriœ Icctioiies V. T., Parme 4 v. 1784-88.
3. Ernesti, professeur de théologie et de littérature ancienne à Leipzig, avait fait paraître en 1761 (3" éd. 1770) son Jnslilutin inlerprctis A'. T., où il récuse l'autorité de l'Eglise, le sentiment propre, l'imagination allégorisante, les systèmes philosophiques, et formule la règle appliquée iiar Simon : « l'na cadenuiuc ratio interprelandi coinmunis est omnibus libris ».
4. Seinler, professeur de théologie à Halle, est le père de la critique Ihéologique moderne. Dans son Traité sur le libre usaijc du canon, 4 v. 1771-75, il enseignait que la Hible n'est pas la norme de la foi mais le catalogue des livres oflicietiemenl désignés jjour être lus ihins l'Eglise. Son autorité est conventionnelle. Est inspiré tout ce qui édifie le lecteur. La Hihle contient \i\ vérité religieuse ; elle ne l'est pas elle-même. Il donna une édition critique des livres symboliques de l'Eglise luthérienne. V. Apparalus ad libros stjmbolicos ecclesiœ hitherunte. Halle 177.").
5. En 1781. Elles dataient de 1082. L'abbé de Villefroy, professeur d'hébreu au Collège royal, avait en 17.'il annoncé une société de savants hébraïsanls qui devaient réfuter la fausse exégèse^ mais nous ne voyons pas que ce projet ait été exécuté. (V. Gauchdl : Let. erit. t. 8. p. IX),
DU « SYSTÈME DE LA NATURï) » A LA RÉVOLUTION 469
Un vicaire général de Vienne en Daupliiné, Du Contant de la Molette, entreprend de rendre aux ecclésiastiques le goût de l'étude des langues.
Son Essai sur l'Ecriture sainte, ou tableau historique des avantages que l'on peut retirer des langues orientales pour la parfaite intelligence des livres saints (1) est un appel : cultiver la philologie et l'exégèse c'est s'armer contre l'hérésie et l'incrédulité. — Puis vient un programme, la Nouvelle méthode pour entrer dans le vrai sens de l'Ecriture sainte (2) ; — enfin des applications de la méthode à divers livres de l'A. T. (3). Mais du Contant ne croit pas à la formation graduelle des textes et par amalgame de sources. La position de tous les problèmes en est faussée.
Le même a priori annule l'effort très consciencieux de l'abbé du Voisin (4) qui repousse l'hypothèse d'Astruc (5) et fonde la vérité des faits évangéliques sur le raisonnement suivant : s'ils ont été acceptés, c'est qu'il y avait des églises, et s'il y avait des églises, elles étaient fondées sur la foi aux miracles, car jamais les peuples ne se seraient attachés à un crucifié (6),
Un fou, Guérin du Rocher, ancien jésuite, reprend la thèse de Huet en l'aggravant : les peuples anciens ont emprunté à la Bible non seulement leur mythologie mais leur histoire. Guérin voulait le démontrer en 10 ou 12 volumes, des Assyriens, des Babyloniens,