‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 50 sur 397 · Entrelien .'., p · texte numérisé non relu

Entrelien .'., p

."). Réponse à un Provincial, c. f.LV. p. S2lî. — Œuvres diverses, La Haye, Cie des libraires. IT.".:, 1 v. fol., t. III.

80 ni-: l'ASCAi. a chathalhhiam)

saire avec l'Incarnation : on ne se fait pas satisfaction à soi-même, de là la pluralité de personnes en Dieu.

Ainsi, comme tous les théologiens qui tendent à voir en Dieu Tunique Cause efficace, Malebranche prête le liane plus largement à la criticjue de Bayle. Celui-ci reproche, en effet, au christianisme traditionnel de faire Dieu auteur du mal, puisqu'il a créé l'homme libre, donc susceptible de se ])erdre. Que sera-ce si l'on exténue la liberté de l'homme ? Mettre toute causalité en Dieu et présenter la chute comme un incident qui ne dérange pas, en somme, le plan de l'Univers, n'est-ce pas « aggraver le cas » du Tout-Puissant et, pour reprendre un mot familier (hi philosophe, « engraisser la victime » ?

Les

Voyons s'il sera plus heureux dans la deuxième partie de son preuves ouvrage, où nous trouvons « la vérité de la religion chrétienne sensibles prouvée par d'aiilres raisons ». Un libertin à qui Aristar(|ue rapl)orte les raisonnements de Théodore les juge trop abstraits. Aussi, dans les quatre derniers Entretiens, Théodore expose-t-il des preuves plus sensibles. Et ici éclate son man(|ue de sens historique et critique. L'on voit d'abord que Malebranche était de ceux (}ui font " plus de méditations que de lectures » (1), et qui raisonnent en dehors du temps et de l'espace.

Soit l'objection classique : Moïse ne dit pas un mot de la vie future, il ne propose aux Hébreux que des récompenses charnelles ; donc il n'est pas inspiré de Dieu. Un Crotius aura l'idée d'une révélation ])rogressive et se demandera si ces récompenses charnelles n'étaient pas les seules que les grossiers Israélites l)ussent ])rendi-e pour lin au moment où Moïse les leur promet, les adorateurs du veau d'or étant peu caj)ables de « porter n des jjromesses spirituelles. Malebranche répond a priori : « Ce qui « rend plus heureux et plus jjarfait doit être plus noble que ce •1 ([ui reçoit son boidieur et sa perfection » (2), or. les juifs ayant une àme, les jouissances du corps étaient une lin indigne d'eux. Moïse n'a jkis ])u les leur proposer. 11 faut donc chercher à l'Ancien Testament un sens autre que le littéral.

Ees preuves sensibles tirées de l'histoire sont donc nulles chez Malebranche. liestent celles tirées de la i)sychol()gie, de son expérience de chrétien. Nous avons dit que l'intellectualisme du ])hilosophe empêchait le ])ieux oratorien de tirer ouvertement de sa communion spirituelle avec Dieu ces arguments mystiques et subjectifs (pie les modernes ne craignent pas d'invoquer comme des faits. Ce])cndant sa vie morale, qui a nourri sa pensée, est

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