‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 58 sur 397 · V. — BOSSUKT · texte numérisé non relu

V. — BOSSUKT

L'histoire C'est aussi pour le Dauphin que son premier précepteur, universelle Hossukt, composa une Apologie du christianisme. Le grand défenseur de l'orthodoxie, qui guerroyait sans répit contre les ennemis du dedans, ne pouvait pas négliger l'ennemi du dehors. Il le connaissait bien, comme le prouvent quelques-uns de ses sermons, sans peut-être prévoir son triomphe. Avec le Discours sur rilistoire Universelle, l'apologiste du catholicisme élargit son action et se fait apologiste du christianisme. A vrai dire, il l'est dans toutes ses oeuvres. Il ne peut rien écrire sans exalter ce qui remplit sa pensée et son cœur. Qu'est la « Politique tirée de l'Ecriture sainte », sinon une apologie par l'utilité sociale de la religion, qui seule rend la vie en commun possible et les Etats subsistants (3) ? Son essai d'histoire universelle sera la démonstration de la divinité du christianisme par le tableau du développement de l'humanité. II faut considérer nettement le Discours comme un apologie, c'est ainsi que tous les apologistes ultérieurs l'ont envisagé : apologie fondée sur l'établissement, la jjropagation et le maintien de la religion chrétienne. D'autres montrent la Providence dans la Nature, Bossuet la découvre dans l'Histoire. Il retrouve le plan du monde non en s'élevant, comme Malebranche, sur les cimes métaphysicfucs, pour déduire des attributs de Dieu ses Volontés, la Création et l'Incarnation, mais en examinant les faits.

Or, la suite de ces faits ne peut i)as nous paraître un enchaine-

\'i\v. (i <Ic notre i-vc. Y. Loisy : « Les cDiiixjiles .s;/;io/)/((/i(Cs ». CcIToikIs, 1907- 08, 2 V. 4", t. I, 31.3-17.

1. '< Il a pu juf^er du succès <le srm livre i)iir le pioiupl débit ((u'il iii eu et par les diverses éditions qui en ont été laites [il parut une contrefaçon à Leipzig!, et bien plus encore parce <|ue un très grand nombre de gens doctes et pieux ont été excités par son exemple à la défense de la religion chrétienne, n'étant i)as croyable combien d'ouvrages ont paru sur cette matière incontinent après le sien. - J. sav., 1(')!)0, p. 1.').'), à propos de la 3'" édition.

2. Un des premiers fut Jean nompurl. dans ses Parallcla sacra et profana in Genesin. Anist., Ifi89, 4». V. Bibl. univ., t. XIV, p. 170.

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