‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 63 sur 397 · Zach. 11, 8. Bossuel, paitic II, c · texte numérisé non relu

Zach. 11, 8. Bossuel, paitic II, c

.'"i. Rom. 11, 20.

C. 12 pi-fhouis auraiont converti l'univers. En fail, ils eonvorlircnt <lo petits

non, cette extension rapide est surnaturelle, particulièrement dans la seconde hypothèse. La jeune église où fleurissaient les saints résiste à 300 ans de persécution, et tôt après aux hérésies (1).

Bossuet, arrivé au cœur de sa démonstration, s'arrête avec complaisance aux deux épisodes dont l'opposition dramatique fait le centre de son tableau : la réjection des Juifs, l'adoption des Gentils.

De leur propre aveu, enregistré dans le Talmud, les juifs n'ont jamais été plus cruellement frappés que dans leur dernière désolation. Elle fut annoncée par les prodiges qui éclatèrent dans le Temple après la mort de Jésus, par un paysan qui cria sept ans dans les rues : « Malheur à Jérusalem ». La seconde chute du Temple prit comme la première les juifs au dépourvu : le feu fut mis malgré Titus. Les juifs s'entredéchiraient. En sept mois, il en périt 1.100.000. Jésus-C.hrist avait prédit tout cela peu avant sa passion, « afin qu'ils connussent, mieux la cause de tous leurs maux » (2). Dans une double prophétie, il avait annoncé des pestes, des famines, des guerres, — et, en effet, les guerres recommencent vers la fin du règne de Néron, quatre empereurs luttent pour lui succéder ; — de faux prophètes, et Josèphe dit que sous le règne de Néron il y eut un peu partout quantité d'imposteurs. Or, ceci n'était pas facile à prévoir, puisqu'on n'avait pas vu de prophètes depuis ôOO ans. Ce redoublement des efforts de l'enfer fut un signe de la colère de Dieu. Jésus donnait aux fidèles le moyen de se sauver quand ils verraient les armées entourer Jérusalem, et, en effet, le siège de Titus (an 72), qui ne permettait pas la fuite, fut précédé d'un siège moins étroit, <;elui de Cestius (68), j)endant lequel les chrétiens se retirèrent à Pelhi, dans les montagnes (3).

Depuis, les juifs sont plus abattus que leur temple. Ils n'ont plus de prophètes et les promesses sont éteintes. La prédiction de J.-C. : « Un autre viendra en son nom et vous le recevrez » se vérifie tous les jours. Les juifs sont toujours prêts à se laisser entraîner par de faux messies. Toute leur erreur vient de ce qu'ils

groupes (le petites gens. Il fallut des savants ensuite, des Origènc et des Augustin pour i)ersu:uler les lettrés. Ce qu'on peut dire, c'est que tous les grands niissif)nnaires (C.oloniljan, le moine Augustin, etc...) n'ont usé que des procédés des apôtres et non de la sagesse humaine. V. Ilarnack : La propagande et l'extension du chrlstiunlMU'- dans lis trois nremi'.'rs siècles. " Die Mission iiiul Ati.ihreituini îles C.hristfiiliuus in ilen crsicn .".' Julirhundcrlcn •■ , Leip/ig. 1900. 2 v. 8".

.{. C. il. Mal. 24, Marc 13, Luc 21.

l'âge d'or de l'apologétique classique 97

ont laissé passer le temps, nettement fixé par Jacob et Daniel. Les anciens juifs ne s'y étaient pas trompés. Lorsqu'ils virent « la tyrannie du premier Hérode et le changement de la république judaïque qui arriva de son temps )> (1), le sanhédrin dépouillé de son pouvoir de vie et de mort, ils ne doutèrent pas que le Messie ne fût proche. La Samaritaine traduit cette attente (2). Tacite et Suétone la montrent générale. Alors que personne n'avait cherché le Messie parmi les Macchabées parce que les temps n'étaient pas venus, maintenant on le voit partout : dans Jean- Baptiste, dans Hérode, dans Dosithée, dans Simon le magicien, dans Ménandre. Josèphe le treuve dans Yespasien.

Sous les Antonins, les juifs disent : il est venu, mais il se cache, attendant Elle qui doit le sacrer.

Depuis ils sont déconcertés. Ils ont fait un article de foi de cette parole du Talmud : « Tous les termes qui étaient marqués pour la venue du Messie sont passés. » Et ils ont décrété : « Maudits scient ceux qui supputeront le temps du Messie » (3). Sa venue, disent-ils, est retardée par leurs péchés. Mais il reste l'obstacle invincible des prophéties : le Messie doit venir avant la chute de Jérusalem (4). La succession des pontifes, perpétuelle depuis Aaron, a cessé à ce moment. De même la distinction des familles, nécessaire jusque-là, puisque Lévi devait fournir les lé^^tes, Aaron les pontifes et Juda le Christ.

Passons au deuxième signe : la conversion des Gentils. Bossuet fait un commentaire grandiose du début de la première épître aux Corinthiens. L'homme n'ayant point reconnu Dieu dans l'organisation du monde parfaitement intelligible à son esprit, « un autre ouvrage lui est présenté... où tout lui paraît folie : « c'est la croix de Jésus-Christ. Ce n'est point en raisonnant « qu'on entend ce mystère, c'est en captivant son intelligence « sous l'obéissance de la foi » (5). Car ce qui n'était pas entré dans l'homme par le raisonnement, — l'idolâtrie, l'amour de soi, '■ — ne devait pas être ôté par le raisonnement, mais par le dépouillement de la volonté. Que d'obstacles pourtant l'idolâtrie élève ! Les sens tiennent le cupide Félix, impatient quand il entend Paul parler de continence (6), l'intérêt les orfèvres éphésiens marchands d'idoles (7). L'ignorance croit le christianisme nuisi-

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