‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 68 sur 397 · Discours hist. et crit., éd. de 1749, t. I · texte numérisé non relu

Discours hist. et crit., éd. de 1749, t. I

2. « Lettres de M. l'abbé *** à M. l'abbé Houtteville au sujet du livre de la Religion chrétienne prouvée par les faits » (an.), Paris, 1722, 12, p. 38.

.3. « Lettres crititiiies ou Analyse et réfutation de divers écrits modernes contre la religion », Paris, 1758, 12, t. IX, Averli3s?mcnt, p. XVI.

équilibre. De là l'écho éveillé par son œuvre dans l'àme analogue de ses contemporains.

Et d'abord, en un siècle ami des nobles ordonnances, l'apologie d'Abbadie se présente comme un édifice à quatre étages exactement proportionné, ou encore comme un organisme logique dont les diverses parties sortent l'une de l'autre par un progrès continu. Son plan ne lui est pas personnel ; il s'offre naturellement aux esprits raisonneurs habitués à cheminer de proche en proche des principes généraux aux vérités particulières, mais Abbadie le suit plus rigoureusement. 11 sera classique après lui.

Les preuves de l'existence de Dieu, d'une religion ndlurelle, de la révélation judaïque et de la révélation chrétienne se superposent solidement, si, au cours de la construction, l'on admet comme de qualité égale tous les matériaux rassemblés.

Kn réservant la démonstration finale de la divinité de J.-C. (1), l'ouvrage tel qu'il parut en 1081 présente en deux parties une strophe et une antistrophe. « Dans la première (2) on descendra de cette proposition « Il y a un Dieu » jusqu'à celle-ci « Jésus fds (le Marie est le Messie promis. » Et dans la seconde (3) on montera de celle-ci : « Il y a aujourd'hui des chrétiens dans le monde » jusqu'à cette première proposition « Il y a un Dieu ».

Ce double mouvement comporte quatre i)hases dans chaque sens.

La L'existence de Dieu est cherchée dans la nature, dans la société,

révélation dans le cœur de l'homme. Après une protestation rajjide contre naturelle le pyrrhonisme universel et métaphysique, qui est extravagant j)uisqu'il y a des choses dont nous ne pouvons pas douter, comme l'existence de notre pensée, Abbadie montre « en recherchant les j)rincipes de nos erreurs que le sentiment cpii établit l'existence de Dieu n'est point un faux préjugé ». Cette idée viendrait-elle de l'éducation ? Mais l'éducation varie chez les divers peuples. Or, l'idée de Dieu « s'est conservée parmi tous ces changements de la société » (4). Les sauvages cjui ne l'ont pas, si tant est qu'il en existe, sont à mettre au rang des enfants sans réilexion. (^c n'est pas faire une objection décisive qu'invoquer le rôle puissant de l'éducation. « Qui doute (|ue la nature et l'éducation n'agissent de concert i)our obliger un pèi'e à aimer son enfant et l'enfant à respecter son père ? » (5). Est-ce une invention de la politique ?

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