LAGE DOR DE L APOLOGETIQUE CLASSIQUE
— Il est difficile de concilier la gloire promise aux juifs à la venue du Messie et leur rejet de l'alliance. — Mais ces promesses sont faites à l'Israël selon l'esprit, c'est-à-dire les bons juifs et les bons païens. Le rejet est pour l'Israël selon la chair, c'est-à-dire les juifs et les gentils rebelles. L'absurdité du sens littéral de passages tels que celui qui dit que la montagne de l'Eternel sera élevée au-dessus de toutes les montagnes de la terre (1) nous incline à adopter le sens figuré. L'événement nous y oblige. Pascal dit que Dieu a mêlé dans les prophéties ce qui regarde le règne spirituel du Messie et l'état temporel des juifs, pour que les hommes spirituels discernent le sens spirituel, tandis que les charnels ne s'attacheront qu'aux bénédictions temporelles.
Ainsi Dieu nous a conduits de la révélation naturelle à la révélation judaïque et de la révélation judaïque au seuil de la religion chrétienne.
révélation chrétienne
Nous allons maintenant, par un mouvement inverse, remonter L'Antistrodu fait : il y a des chrétiens dans le monde, au principe : il y a phe. — La un Dieu qui a voulu se faire connaître par la religion. Jésus-Christ éclaire à son tour la religion de Moïse et la révélation naturelle. Nous verrons d'abord l'écorce de la religion chrétienne, les preuves externes prises du témoignage que les premiers chrétiens lui ont rendu, puis la moelle du christianisme : son excellence, sa fin, son génie qui constituent autant de preuves internes. Et nous douterons de tout avec les incrédules, pour « ne recevoir les vérités qu'à mesure qu'elles nous paraîtront évidentes » (2). Pour cela partons de faits incontestables.
Sous le règne de Trajan, une lettre de Pline le jeune nous révèle l'existence de chrétiens qui prient dans des lieux écartés et s'engagent à ne pas commettre de crimes. Leur croyance repose sur des faits. Or, parmi les premiers chrétiens, des hommes intelligents et tout voisins des apôtres (Polycarpe a connu Jean) ont souffert la mort pour soutenir ces faits. Ils n'ont pas pu être trompés par les apôtres avec lesquels ils avaient conversé, car il leur était facile de savoir si les apôtres avaient le don des langues, le pouvoir de guérir, celui de communiquer ces dons. De plus leurs adversaires n'ont pas nié les miracles de J.-C. ; ils ont cherché à les expliquer. La religion nouvelle ne s'est pas établie comme les autres par la politique et l'autorité, mais contre elles ; et un Dieu crucifié était bien fait pour choquer les païens
Preuves externes