Titre de la 3" Section
« Cette doctrine détruit tons les mystères tout à la fois, en ôlant absolument tout ce qu'il y a de difficile dans la religion. » (1). La croix n'est plus scandaleuse. Il est tout naturel qu'un serviteur de Dieu meure pour lui ; cela s'est vu cent fois. Le mystère de l'Incarnation « Dieu manifesté en chair » fait place y la formule de Socin : la chair est élevée par la grâce jusqu'à cire appelée Dieu. « Il y aurait plus de mystère dans le pied d'un ciron que dans toute la religion chrétienne. » La foi est anéantie (2). Jésus-Christ perd toute sa dif/nité s'il possède par métal)hore les noms que l'Ecriture lui donne. Sa conception miraculeuse, sa charge, sa résurrection, son exaltation souveraine ne suffisent pas à fonder le titre de Fils de Dieu. Moïse est plus sauveur que lui puisqu'il sauve les "Israélites directement, tandis que J.-C. les sauve par l'intermédiaire de ses disciples. Sa mort n'a aucune véritable utilité. Si la vie du Christ n'est pas aussi précieuse que la vie éternelle de tous les hommes, « le don qui nous est fait de la première ne peut pas nous répondre qu'on nous accordera la seconde « (3). Et Abbadic réfute les explications sociniennes de la mort du Galiléen, pour maintenir l'expiation par le sang qu'appuie le langage de l'Ecriture (4). L'Ecriture représente partout Jésus comme venant du ciel sa patrie ; elle affirme la préexistence de l'être loué à sa naissance par les armées célestes, commandant ensuite aux éléments et à la mort, montant au ciel. A quoi bon l'ascension dans l'hypothèse adverse ? Le Dieu de vérité nous aurait proposé une énigme absurde.
Si J.-C. n'est pas d'une même essence avec son père, il n'y a aucune harmonie entre les prophètes et les apôtres ni entre le "Vieux et le Nouveau Testament (5). Les prophètes qui ont parlé de lui ont mal prévu les choses, ou bien les apôtres qui lui ont appliqué les oracles ont été dupes ou dujjcurs. La prophétie d'après laquelle la nouvelle alliance sera marcjuée ])ar la ruine des idoles (6) est fausse,, si le christianisme ne fait que substituer l'idolâtrie du Christ à celle des dieux.
Si J.-C. n'est point Dieu, la religion est « un jeu de théâtre » et " n'a pas assez de caractères pour la distinguer de la ma-